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24 août 2009

DEMAIN DÈS L'AUBE

Avec La tourneuse de pages, Denis Dercourt avait montré qu'il méritait sans doute mieux qu'une carrière jusque là confidentielle. Reste que l'écriture un peu téléphonée de ce duel psychologique ne provoquait au bout du compte qu'une réelle frustration. Il se produit exactement la même chose avec ce Demain dès l'aube au sujet ô combien alléchant, mais qui au final ne tient pas ses promesses. Alors certes, la direction d'acteurs est au cordeau, permettant notamment à Vincent Perez de trouver le meilleur rôle d'une carrière souvent décevante ; certes, la mise en scène est réfléchie mais pas poseuse, atteignant même des sommets d'efficacité lors des scènes de duel ; mais tout cela ne mène pas à grand chose par la faute d'un scénario trop lâche et assez inintéressant.
Il y avait pourtant quelque chose de grand à faire de cette plongée d'un type normal dans le monde du jeu de rôle, pardon, de la reconstitution historique, et de l'enfermer ensuite dans une spirale psychologique dont il semble difficile de sortir indemne. Seulement, le script ressemble à un premier jet, recensant de façon exhaustive les différentes étapes menant jusqu'au dénouement, mais oubliant totalement de se construire une crédibilité en faisant exister ses personnages et en motivant les raisons pour lesquelles les deux héros plongent tête baissée dans une activité aussi étrange que dangereuse. En résulte un film factice, schématique, prévisible, qui ne fait qu'effleurer son sujet au lieu de s'y engager.
On peut penser ce qu'on veut de cette activité consistant à reconstituer une époque historique marquante et à en reproduire costumes, attitudes, coutumes et batailles. le problème du film, c'est qu'il se contente de présenter ces rôlistes comme des types antipathiques se prenant au sérieux et aimant se provoquer en duel, et pas comme les véritables passionnés d'histoire qu'ils sont la plupart du temps. Lorsque l'arrière-plan est aussi peu crédible, il est alors difficile d'adhérer aux tentatives de Denis Dercourt, qu'il s'aventure dans le drame psychologique ou dans le pur thriller - à un moment, le mélange entre vraie vie et jeu de rôle ferait presque penser à The game. Et l'on repense avec un peu de honte aux Grands frères, comédie débile sortie au mois de février, et dont toute une partie se déroulait dans ce même milieu... de façon au moins aussi réaliste. Bref, Denis Dercourt continue à piétiner niveau écriture, et c'est d'autant plus regrettable que les sujets qu'il choisit sont toujours originaux et alléchants. La prochaine fois peut-être ?




Demain dès l'aube de Denis Dercourt. 1h34. Sortie : 12/08/2009.
Autre critique sur L. aime le cinéma.

30 août 2008

LE SILENCE DE LORNA

Plus on étudie leurs films, et plus le cinéma des Dardenne semble proche du film noir, là où ne semblait apparaître qu ce que l'on qualifie pompeusement de "social". Plus encore que leurs quatre films précédents, Le silence de Lorna se base sur une intrigue polardeuse à souhait, avec ses petits gangsters, ses combines foireuses et sa femme fatale. Une fois n'est pas coutume, celle-ci n'est ni blonde ni siliconée et n'a pas vraiment les moyens de se payer une crème de jour. Planète autour de laquelle gravitent des personnages en forme de satellites, Lorna est la vraie clé du film, tous les enjeux ne dépendant finalement que d'elle. Un statut dur à porter pour une jeune femme sans grande défense. C'est d'ailleurs là qu'est la réussite des frangins : montrer le désarroi et la perte de repères de Lorna, obligée de construire ses propres remparts et ses propres illusions pour se raccrocher à cette vie si grisâtre.
Le portrait est réussi, mais le reste ne suit pas. Pour la première fois, les Dardenne rencontrent des difficultés à extraire d'une histoire classique mais ramifiée la substantifique moelle qui fait le sel de leur oeuvre. Pour tout dire, on a parfois l'impression d'assister à un film policier pas très inspiré, avec ses rebondissements gros comme des maisons et ses déviations téléphonées. La mort, la drogue et la douleur ont beau être omniprésentes, Le silence de Lorna peine à être aussi poignant qu'il aurait dû l'être. Le suspense ne prend pas, alors que c'est l'une des spécialités de ces cinéastes qui, derrière l'apparente simplicité de la caméra à l'épaule, cachent un gigantesque talent de mise en scène. Heureusement que la direction d'acteurs est comme toujours impeccable, et qu'un Dardenne mineur reste un bon film...
6/10

15 juin 2008

BONS BAISERS DE BRUGES

Qu'on me trouve le mec qui a eu l'idée de faire inscirre "La Belgique : ses moules, ses frites et ses tueurs à gages" sur l'affiche de Bons baisers de Bruges. Et pendant qu'on y est, tiens, qu'on me trouve également le mec qui a trouvé ce titre français complètement plat. Qu'on m'amène du bois pour le bûcher, je m'occupe du reste. L'affiche du premier long de Peter McDonagh (qui a tout de même à son actif un Oscar du court-métrage), et surtout ses inscriptions, sont terriblement trompeuses. Car le film n'entend ni faire dans la belgitude la plus plate (façon "c'est l'histoire d'un belge...") ni faire de la promotion pour une ville qui n'en a de toute façon pas besoin. C'est vrai, quoi, Bruges, c'est très joli pour peu qu'on y vienne en touriste, de préférence l'hiver et avec son amoureuse (ou son amoureux, comme vous voulez).
En revanche, quand on est un jeune tueur à gages et qu'on n'a aucune idée de la raison pour laquelle on a été envoyé là, Bruges commence rapidement à ressembler à l'enfer. C'est le point de départ du film de McDonagh, qui brode ensuite une sorte de longue promenade génialement décousue, succession de petites vacheries et de grands dialogues, de situations improbables mais pas tant que ça, de rires en coin et d'idées noires. Porté par un incroyable duo d'acteurs (Colin Farrell, meileur de film en film, et le toujours génial Brendan Gleeson), le film entrelace les genres avec une dextérité exaltante. Même les temps morts sont à croquer. La première heure de Bons baisers de Bruges est un plaisir de tous les instants, surtout si on aime les nains racistes, les obèses un peu cons, les balles à blanc et Clémence Poésy.
Le film perd ensuite légèrement de son charme avec l'arrivée de Ralph Fiennes, pourtant irréprochable en commanditaire soupe au lait. Un coup de mou temporaire, puisque tout repart ensuite sur les chapeaux de roue, même si l'intrigue prend définitivement le pas sur cette ambiance si particulière. Bien qu'étant en partie une comédie, Bons baisers de Bruges se terminera tout de même avec un peu de sang versé, un drame qui se noue, des regrets éternels. Bref, tout ce qu'il faut pour qu'un voyage touristique sorte des sentiers battus et empêche l'ennui et la morosité. Il faudra surveiller de McDonagh de très près, un réalisateur aussi talentueux ayant forcément beaucoup de suite dans les idées.
8/10
(sortie le 25 juin)

11 mars 2008

L'HEURE D'ÉTÉ

Ne se fier ni à l'affiche, ni au titre, ni même au premier quart d'heure du film : L'heure d'été n'est pas une énième comédie douce-amère sur une famille décomposée se retrouvant dans une maison de campagne pour faire le point. Sous des apparences gravement trompeuses, le nouveau Assayas (son premier en France depuis Les destinées sentimentales) révèle un tempérament et une atmosphère unique. Étiré dans le temps, proposant des petits moments de vie moins anecdotiques qu'ils n'en ont l'air, effectuant des transitions par le biais de fondus au noir très sobres, le film est une réflexion sur l'art, son utilité éventuelle, son rôle certain, sa place dans l'existence de chacun. Et un constat désabusé sur l'éclatement de l'unité familiale et la délocalisation des coeurs. Seul un auteur de cette trempe pouvait y parvenir.
Il faut donc passer outre un début de film un brin conventionnel, qui établit de façon légèrement voyante les liens unissant les différents membres de cette famille. C'est ensuite, une fois survenue la disparition de la doyenne, que L'heure d'été trouve son équilibre. Assayas filme cette maison si encombrée de trésors comme il dépeint les trois membres de la fratrie, qui peinent à se débarrasser de ce passé trop lourd pour eux. Mille petits détails entretiennent l'émotion palpable et empreinte de dignité qui pèse sur le film. La visite d'experts en art, émerveillés par les innombrables objets d'art accumulés par la défunte comme autant de souvenirs d'une vie des plus riches, est une petite merveille. Tout comme le week-end festif donné par les ados dans cette maison dépossédée de son esprit. Au prix d'une remarquable économie de mots, Assayas orchestre un poème nostalgique et un peu grave qui enjoint chacun d'entre nous à réfléchir sur sa propre condition ainsi que sur le regard qu'il porte sur les autres. Un grand film minimaliste, comme le cinéma français nous en offre trop peu. N'y voir qu'un contrepied pris par le réalisateur pour filer à des lieues du côté un peu hype de ses derniers (et excellents) films serait une insulte. En revanche, il convient de constater qu'il est aussi doué dans tous les registres, aussi opposés soient-ils. Cela mérite une admiration sans bornes.
8/10

25 févr. 2008

COUPABLE

Ça commence comme un mauvais film d'auteur. L'introduction de Coupable alterne témoignages d'un couple au bord du divorce, face caméra, et images d'une mer calme illustrant (?) des propos énoncés par Michel Onfray, qui ondule de Platon à Lacan. Pour un peu, le film de Laetitia Masson ne s'en remettrait pas. Il aurait pourtant été dommage de passer à côté de ce faux polar absolument bizarroïde, qui désarçonne autant qu'il séduit. Coupable est une expérience rare, qui sera certainement rejetée en bloc par une grande partie de ceux qui s'y seront risqués. Regretteront-ils pour autant de s'être abandonnés pendant une centaine de minutes à cette ritournelle polymorphe ?
Après un Pourquoi (pas) le Brésil ? un peu en marge du reste de sa filmographie, Masson renoue avec deux types de personnages qu'elle affectionne particulièrement : la femme énigmatique, tellement en demande d'amour qu'elle finirait presque par s'offrir au premier venu, et l'enquêteur mâle et solitaire, épris de sa proie au point de perdre pied dans sa vraie vie, happé par celle qu'il poursuit. La nouveauté, c'est que chacun de ces deux archétypes est incarné par deux personnages, et donc par deux interprètes : Anne Consigny et Hélène Fillières d'une part, Jérémie Rénier et Denis Podalydès de l'autre. Mis à part pour ce dernier, impérial, il est difficile d'établir clairement la qualité de leur prestation, tant le ton de Coupable est incomparable, comme volontairement à côté de la plaque.
Masson filme en DV une réflexion sur le désir, le besoin de l'assouvir, le besoin de s'en créer. Par moments, le propos et la mise en scène s'embrouillent et nous emmènent sur des pistes un peu vides de sens. Mais cette folie palpable est également l'essence d'un film qui passe sans rougir de scènes de vaudeville très réussies mais parfois hors de propos à des séquences plus dramatiques et torturées. Le titre peut être trompeur (mais colle finalement très bien au film) : Coupable n'a rien d'un film policier, le meurtre qui accapare les personnages n'agissant que comme un révélateur de leurs désirs. S'il n'a donc rien pour plaire aux fans de Mary Higgins Clark, le film de Laetitia Masson est en revanche à conseiller aux amoureux de la marginalité.
6/10
(également publié sur Écran Large)

21 mars 2007

NUE PROPRIÉTÉ

La Belgique a de beaux jours devant elle : depuis quelques années, le plat pays a vu éclore quelques jeunes réalisateurs fort prometteurs. C'est le cas de Joachim Lafosse, dont Nue propriété est le deuxième long métrage (le premier, acclamé dans les festivals, est malheureusement inédit chez nous). Un film irrémédiablement séduisant qui parvient à faire du neuf avec du vieux. Ça commence par des rires : quinquagénaire pimpante, Pascale vit dans la maison familiale avec ses deux fils pas loin d'être trentenaires, et entre eux règne une complicité assez désopilante. Dès le début, le talent de Lafosse nous saute au visage : enfin un metteur en scène qui sait diriger Isabelle Huppert. On ne l'avait pas vue aussi convaincante depuis (au moins) La cérémonie. Face à elle, une excellente idée de casting : engager des frères pour jouer des frères. La complicité de Jérémie et Yannick Rénier fait plaisir à voir ; qu'ils improvisent ou non, ces deux-là se connaissent par coeur et se renvonet la balle avec aisance. Il fallait de toute façon de très bons comédiens pour relever le défi de Lafosse, qui utilise beaucoup (et à très bon escient) les longs plans fixes pour rendre le dialogue plus naturel.
Au fur et à mesure, le côté rigolard du film laisse place à une tonalité plus sombre, où le malaise s'insinue partout. Il n'y a pourtant rien de spécialement inquiétant dans l'intrigue du film : Nue propriété met simplement en scène la relation étrange entre une mère et ses deux fils trop vieux pour habiter avec elle, qui s'opposent à son désir de vendre la maison pour aller voir ailleurs. Pourtant, il y a quelque chose de pourri au royaume de Belgique. Et par petites touches, comme si de rien n'était, Lafosse enfonce ses personnages dans un marasme de micro-haines et d'énormes rancoeur. On sent une véritable maîtrise sur tous les plans, tant au niveau de la mise en scène (ambitieuse et modeste, parfaitement adaptée su sujet) que des partis pris d'écriture. Fonctionnant beaucoup sur les non-dits, Nue propriété dérange d'autant plus lorsque le spectateur en vient à se demander s'il n'y aurait pas un peu d'amour incestueux entre ces trois-là. Mais Joachim Lafosse se refuse à en dire plus, laissant chacun se faire son propre film.
La toute dernière partie, qui arrive de façon inattendue, pourrait sembler de trop, rompant un peu la belle ligne conduite d'un film sobre et racé. Mais non : sachant exactement où il va, le réalisateur se contente d'offrir une conclusion finalement logique à une histoire comme celle-ci. Aussi beau que son titre, Nue propriété séduit de part en part, et révèle un metteur en scène à suivre de très près.
8/10

20 sept. 2006

PRÉSIDENT

Bienvenue dans les coulisses du pouvoir. Le président de Lionel Delplanque est un homme pas foncièrement pas mauvais, un type déterminé à offrir un monde meilleur à ses chers compatriotes, mais aussi un être humain contraint de commanditer des actions pas très nettes pour sauver sa carrière et conserver le pouvoir. Président démontre tout cela par A + B : la vie de chef d'état n'est pas un long fleuve tranquille.
Deux films en un : d'une part une comédie du pouvoir, de l'autre un imbroglio politico-judiciaire qui ne laisse personne indemne. C'est clairement ce second aspect qui est le moins réussi : l'enchaînement des scènes est tout sauf naturel et les nombreuses ellipses semblent avoir été choisies de manière à masquer les invraisemblances et les détails pas clairs d'une intrigue fausement compliquée. Comme Delplanque ne semble pas avoir de grand message à délivrer, cette partie du film est rapidement vaine et lassante pour les spectateurs pas dupes. En revanche, le côté comédie du film est assez réussi : le cynisme de certains personnages (en particulier celui de Claude Rich, impeccable) ferait presque penser à du bon Chabrol. De ce point de vue, c'est assez délectable.
Président n'est pas le grand film politique que la France attend depuis des années, le film choc et dénonciateur comme les cinéastes américains savent les faire. Plutôt que de se concentrer sur les dirigeants en place (le premier ministre apparaît environ dix secondes), Delplanque préfère s'intéresser à l'entourage familial de ce président sans nom et sans étiquette maquée. C'est bien dommage, d'autant que les personnages féminins sont assez faibles. Quant à Jérémie Rénier, il finit par ennuyer son monde à force de camper toujours les mêmes personnages, des idéalistes candides qui découvrent comment la vie c'est trop dur. Mais la véritable star du film est évidemment Albert Dupontel, dont la prestation bicéphale (adorable mais glaçant) est une franche réussite, tout juste désamorcée par le fait que dans la vraie vie, Albert se contrefout de la politique (et on se demande donc ce qu'il fout là).
Après l'ignoble Promenons-nous dans les bois, Lionel Delplanque poursuit donc son objectif, celui de dépoussiérer (voire carrément de créer) des genres bizarrement absents dans le cinéma français. D'autant que côté mise en scène, le monsieur assure plutôt bien. Après une tentative complètement ratée de livrer un slasher à la française, puis un essai moyennement réussi de décortiquer les rouages du pouvoir, gageons que son prochain projet (un western? un film fantastique? une comédie musicale?) sera encore plus maîtrisé, donc plus convaincant.
5/10

12 sept. 2006

FAIR PLAY

C'est fou comme les réalisateurs français sont doués pour foutre en l'air de brillantes idées de films. Bienvenue à Lionel Bailliu dans ce club pas très fermé : Fair play est un ratage à la hauteur de son formidable potentiel de départ. Sur la base de son court-métrage Squash, l'objectif de Bailliu était de pointer du doigt les rapports pervers entre les membres d'une même entreprise à travers leurs rencontres successives dans le domaine sportif.
Le film de Bailliu est en fait une succession de cinq courts métrages de durées diverses : une course improvisée en aviron, une partie de squash ultra-tendue, un parcours santé qui vire au chantage, une partie de golf menaçante et un rafting sauvage possiblement fatal. Si les intentions sont à chaque fois excellentes, la mécanique perverse de chacun des segments tourne très rapidement à vide, plombée par un côte brouillon franchement agaçant.
Rien n'est satisfaisant dans cet ersatz de film. La réalisation sale et souvent mal fichue, le montage visiblement exécuté par des novices. Pire, si chaque acteur semble être arrivé sur le tournage avec une mine d'idées pour s'approprier son personnage, c'est au choix excessif ou raté. L'exemple le plus criant est celui de Benoît Magimel, qui semble se régaler dans le rôle du beauf arriviste bedonnant et habillé n'importe comment, mais dont la prestation n'est jamais crédible. En fait, seul Éric Savin se sort d'affaire dans le rôle du boss intraitable. Des dialogues mal dégrossis (on flirte parfois avec la trivialité la plus totale) et des situations prévisibles et systématiques achèvent de faire de Fair play un jeu de massacre bien médiocre.
Pour finir de se convaincre de la vacuité de l'entreprise, il n'y a qu'à réfléchir au message délivré par le film, et en particulier par la partie rafting. Lorsque celle-ci tourne mal suite aux intempéries (entre autres), la morale délivrée par Bailliu est la suivante : dans ce genre de situation, le pire ennemi de l'homme n'est autre que lui-même. On aurait vu ça en mille millairds de fois mieux dans The descent que ça ne m'étonnerait pas.
2/10

22 juin 2006

DIKKENEK

Dikkenek, c'est extrêmement n'importe quoi, comme dirait JC, l'un des branquignols qui servent de héros au film. Un moment, on craint de se trouver devant une simple juxtaposition de saynettes dont l'unique credo est la belgitude. En fait, ces short cuts sont savamment reliées entre elles, et si l'argument tient sur un timbre-poste, il y a suffisamment de bouffées délirantes pour emporter l'adhésion.
Dikkenek commence sur les chapeaux de roues, avec notamment la visite d'une classe de primaire au désormais célèbre Musée des Accidentés de la Route, savant mélange d'épaves et de mauvais goût. Hilarante et franchement dégueulasse, cette séquence donne le ton d'un film qui ne recule devant rien pour faire rire.
Alors évidemment, qui dit "intrigue" éclatée dit film hétérogène. Entre les morceaux de choix se dressent quelques grands moments de solitude, qui semblent être provoqués par quelques comédiens pas à leur place (notamment Jérémie rénier et Florence Foresti). Alors on attend quelques minutes, impatient à l'idée de retrouver JC et Claudy (Jean-Luc Couchard et François Damiens), les deux belges de service dont l'accent à couper au couteau et les expressions foireuses font le sel du film. Dikkenek prouve à tout le monde que la Belgique, ce n'est pas seulement Benoît Poelvoorde. Cheveux sales, front gras, perversions en tous genres : ces deux anti-héros là ont de l'avenir. On rempilerait volontiers pour un deuxième volet. D'autant que côté charme, Dikkenek contient une pépite nommée Mélanie Laurent, petite bombe prête à tout pour s'amuser. Même à faire des photos de charme avec un poney. Vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus. Dikkenek défrise sévère. Et donne gravement la frite (humour).
6/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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