
Au fur et à mesure, le côté rigolard du film laisse place à une tonalité plus sombre, où le malaise s'insinue partout. Il n'y a pourtant rien de spécialement inquiétant dans l'intrigue du film : Nue propriété met simplement en scène la relation étrange entre une mère et ses deux fils trop vieux pour habiter avec elle, qui s'opposent à son désir de vendre la maison pour aller voir ailleurs. Pourtant, il y a quelque chose de pourri au royaume de Belgique. Et par petites touches, comme si de rien n'était, Lafosse enfonce ses personnages dans un marasme de micro-haines et d'énormes rancoeur. On sent une véritable maîtrise sur tous les plans, tant au niveau de la mise en scène (ambitieuse et modeste, parfaitement adaptée su sujet) que des partis pris d'écriture. Fonctionnant beaucoup sur les non-dits, Nue propriété dérange d'autant plus lorsque le spectateur en vient à se demander s'il n'y aurait pas un peu d'amour incestueux entre ces trois-là. Mais Joachim Lafosse se refuse à en dire plus, laissant chacun se faire son propre film.
La toute dernière partie, qui arrive de façon inattendue, pourrait sembler de trop, rompant un peu la belle ligne conduite d'un film sobre et racé. Mais non : sachant exactement où il va, le réalisateur se contente d'offrir une conclusion finalement logique à une histoire comme celle-ci. Aussi beau que son titre, Nue propriété séduit de part en part, et révèle un metteur en scène à suivre de très près.
8/10
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