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24 févr. 2009

EDEN À L'OUEST

Cinéaste surcoté (ses films sont souvent chiants comme la mort et/ou complètement manichéens), Costa-Gavras nous revient avec un Eden à l'ouest heureusement meilleur que son précédent long, l'infâme Couperet. « Tous les films sont politiques », aime à répéter Gavras ; bizarrement, on ressent l'exacte impression inverse devant ce film cruellement dépourvu de profondeur politique. S'il fonctionne par endroits, c'est uniquement par son aspect film à suspense que le film parvient à convaincre. Servi par la prestation de Riccardo Scamarcio, impeccable en bête traquée, Eden à l'ouest débute en effet par la description de l'arrivée impromptue du héros dans un club de vacances, échoué là après avoir sauté d'un navire clandestin. C'est par une série de ruses et de coups du sort qu'il parviendra à se tirer des griffes de la police et à quitter ce lieu faisant office d'eden pour les autres mais d'enfer pour lui.
S'ensuit un voyage vers Paris, où notre héros pense pouvoir trouver du taf auprès d'un vague magicien qui lui a laissé sa carte. Là, le film perd son côté thriller, et du même coup tout son intérêt. Car Paris selon Gavras a tout d'un gigantesque cliché bien réac, tout comme sa description de la misère sociale du pauvre Elias. Quant au dénouement, il est à la fois prévisible et raté, le dernier plan surchargé de sens confirmant l'absence de finesse d'un réalisateur bien balourd.
Dommage : dans la première partie, outre son utilisation du club comme prison involontaire du héros, Eden à l'ouest montre également comment un physique peut tout changer. Elias est beau, et son allure fait craquer ces dames, dont certaines n'hésitent pas à l'aider plus que de raison pour s'attirer ses charmes. C'est dégueulasse, mais c'est probablement comme ça que ça se passe ; en tout cas, dans ces instants-là, le film convainc. En revanche, il ne dit absolument rien sur les immigrés clandestins, n'offrant ni constat ni interrogation. Le propos politique du film se résume en fait au second plan de certaines scènes : on y voit très régulièrement des équipes de journalistes, venues chercher çà et là du matériau pour leurs journaux, mais ne faisant absolument pas attention au drame humain se jouant devant elles. Idée acceptable, mais traitée une nouvelle fois d'une façon si pataude qu'on a à nouveau envie de dire à ce cher Costa d'arrêter une fois pour toutes de jouer les cinéastes à message.
5/10

(autre critique sur Sur la route du cinéma)

17 janv. 2009

NUIT DE CHIEN

Ce chien-là est un peu foufou, extrêmement joueur, un peu dangereux aussi : il faut dire que son maître se nomme Werner Schroeter, fêlé de première, qui n'a jamais fait comme tout le monde. Sa dernière oeuvre est encore moins orthodoxe que les précédentes, et c'est en cela qu'elle a de l'intérêt. Juste en cela. Nuit de chien, c'est un opéra baroque aux accents dépressifs, un voyage de nulle part vers nulle part où l'excès est roi. Les dialogues sont gonflés à l'hélium, s'envolant parfois vers des sommets de n'importe quoi, d'autres fois vers une sorte de douce poésie un peu inquiétante. Les acteurs sont excessifs au possible, s'abandonnant totalement à une théâtralité souvent gênante mais qui renforce la bizarrerie totale de l'ensemble.
Nuit de chien s'annonce déjà comme l'un des favoris au tire de film le plus opaque de l'année. Il se base sur une crise politique et militaire dont on ne connaîtra jamais la nature, mais dont la structure nous est toutefois expliquée par quelques une des protagonistes, et notamment des chauffeurs de taxis hyper calés en géopolitique. Il montre aussi comment un homme peut prendre tous les risques pour aller retrouver celle qu'il aime mais annihile tout en montrant régulièrement son dédain pour ce faux acte d'héroïsme. De deux choses l'une : soit c'est philosophiquement très poussé et donc inaccessible pour nous mortels, soit c'est juste une oeuvre utilisant l'entropie comme matériau, se satisfaisant pleinement de la perplexité du spectateur. Spectateur dont l'intérêt croît et décroît régulièrement, balloté par un Schroeter qui mêle les tonalités avec un sens absolu du contraste.
Au final, ce qui sauve un peu le film, c'est sa photographie atypique mais concordant pleinement avec le fond. Quelques séquences un peu moches ne feront pas oublier la beauté des ciels de cette ville-là, la profondeur insoupçonnée de certains petits salons, la noirceur exquise des bureaux. L'image permet de se raccrocher sans cesse à un film plus glissant qu'un savon, plus insaisissable qu'une bille de mercure, dont on ignore toujours si c'est de l'art ou du cochon (© Thiéfaine), mais qui parvient à marquer durablement l'esprit. À la sortie, on a tout de même sacrément envie d'aller se laver l'esprit en se tapant un gros blockbuster sans cervelle.
4/10

8 oct. 2008

CLIENTE

« La vie c’est pas du tiramisu ». Citation extraite de l’un des morceaux d’un rappeur dont on ne veut surtout pas retenir le nom, et qui a écrit (c’est comme ça que ça s’appelle) une partie de la bande originale du nouveau Balasko. Non, c’est vrai, la vie c’est pas du tiramisu, pas plus que Cliente n’est un bon film. Certes, le postulat était courageux, mais le développement a de quoi donner de l’urticaire de par sa tiédeur et sa fréquente grossièreté. On se demande bien ce qui, là-dedans, a longtemps effrayé les producteurs, qui refusèrent tout net de financer un tel projet, contraignant Balasko à en faire un bouquin (à succès) avant de pouvoir en faire un film. Le film a beau parler d’une femme qui se paye des hommes (et surtout un, en l’occurrence), il ne brise aucun tabou, n’apporte aucune information intéressante, n’offre aucune peinture de ce milieu méconnu. Le rapport gigolo - cliente n’est en fait utilisé que pour huiler les ressorts d’un mélodrame pleurnichard et souvent hystérique, qui ne fait pas de mal à une mouche mais peut rapidement exaspérer.
Dès la mise en place du sujet, on sent que ça cloche. N’assumant visiblement pas le sérieux des thèmes abordés, elle dispense çà et là des gags et répliques tagada tsouin-tsouin, qui décrédibilisent aussitôt l’ensemble. Exemple le plus édifiant, ce couple de pédés façon Cage aux folles, qui envisage de regarder Brokeback mountain. Qu’est-ce que ça fait là ? On n’en sait rien. Qu’est-ce que ça provoque ? Un désintérêt total. Mais parce qu’il reste une heure à tenir, on décide de s’accrocher tant bien que mal. Tout ça pour se taper une heure d’atermoiements d’Isabelle Carré, d’allers-retours d’Eric Caravaca (y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, mais à ce point…), et d’apparitions désespérantes des Balasko mère et fille, dans des seconds rôles ni faits ni à faire, aussi inutiles que schématiques.
Heureusement, il y a Nathalie Baye, la classe incarnée, qui s’acquitte plutôt bien du rôle le moins mal taillé du lot. Elle ne parviendra cependant pas à faire oublier la vacuité totale de ce pétard mouillé que sa fin moralisatrice au possible assure d’être diffusé en prime-time sur TF1 d’ici un an et demi. « La vie c’est pas du tiramisu » : on ne sait pas bien ce que ça veut dire, mais ça semble tout à coup plus poétique que le long téléfilm estampillé qualité France que l’on vient de subir pendant pas loin de deux heures.
3/10

9 juin 2008

AFFAIRE DE FAMILLE

On a beau essayer, encore et toujours, de défendre le cinéma français lorsqu'il produit des films tout à fait regardables, il faut bien constater qu'il est souvent très en retard par rapport à celui des américains ou des asiatiques. Affaire de famille en est une preuve criante : son scénario joliment tordu n'est jamais exploité au mieux, faute d'une mise en scène solide et d'une direction d'acteurs convaincante. Bigrement sympathique, le premier long de Claus Drexel n'a cependant pas le style nécessaire pour être comparé aux premiers John Dahl ou aux meilleurs Sidney Lumet.
Le script est pourtant assez ambitieux : Drexel a construit son film en chapitres, pour autant de points de vue différents sur une même affaire policière. Un procédé qui semble déjà vu mille fois, si ce n'est que ces points de vue font l'objet d'un savant décalage temporel. De ce fait, on ne revit une scène plusieurs fois que si c'est nécessaire, et chaque nouveau chapitre apporte réellement une pierre à l'édifice polardeux, loin des nombreux films qui dissimulent mal leur vacuité derrière un construction alléchante. Les rebondissements sont fréquents, assez crédibles, et plutôt inattendus dans l'ensemble (mis à part l'éternel coup du "oh les salauds, ils ont mis du papier journal dans le sac de billets"). Et jusqu'à l'épilogue, on tenter de démêler cet écheveau si bien troussé.
Sur le papier, donc, plein de promesses. Mais la mise en scène façon téléfilm ne vient malheureusement pas transcender ce scénario très ludique, que Drexel a choisi de traiter sur un mode presque léger. Pourquoi pas, mais ça ne justifie pas la paresse du cadre. Quant aux acteurs, ils nous la jouent un peu trop planplan, et notamment André "oeil qui frise" Dussollier, dont le jeu ne varie pas d'un iota. La satisfaction est à aller chercher du côté des jeunes, et notamment Hande Kodja, qui s'affirme de film en film. Elle seule semble avoir bien compris qu'un tel film a besoin de dynamisme et de style pour convaincre pleinement. À Drexel d'en retenir la leçon.
6/10
(également publié sur Écran Large)

16 nov. 2007

LA CHAMBRE DES MORTS

S'il n'est pas tout à fait convaincant, le premier film d'Alfred Lot recèle bien des promesses. À la manière de Ne le dis à personne (mais de façon bien différente), La chambre des morts est un polar qui sort de l'habituelle tiédeur franchouillarde sans pour autant copier point par point les modèles américains. Sans aller jusqu'à dire que l'on n'a jamais vu, ça, on se régale cependant de l'indépendance d'esprit du film de Lot.
Pour une fois qu'un polar français n'est pas adapté de Jean-Christophe Grangé, on souffle un peu. C'est d'ailleurs ce qui rend La chambre des morts si attirante au départ : une intrigue noire mais simple, qui ne prétend pas aller débusquer des sociétés secrètes dans des forêts mongoles. L'angoisse n'en est que plus intense : il n'y a rien de plus tétanisant que le meurtre d'une petite fille (à condition de le prendre au premier degré, évidemment). Mélanie Laurent est impeccable en très jeune fliquette impliquée ; que son physique agréable ne fasse oublier à personne qu'elle est une excellente actrice.
Le gros défaut de La chambre des morts réside en fait dans sa nature la plus profonde : il s'agit plutôt d'un drame noir que d'un réel whodunit. Au bout d'une heure de film, le spectateur connaît une grande partie des rouages de l'intrigue, et le mystère disparaît. La suite ne consistera plus (ou presque) qu'à aller débusquer le (la) (les) coupable(s), et c'est tout de suite moins intéressant. Heureusement, la qualité générale de l'inteprétation et l'implication permanente du réalisateur dans son film font que La chambre des morts reste un divertissement de bonne qualité doublé d'un réservoir de talents.
6/10

13 avr. 2007

J'ATTENDS QUELQU'UN

Dans une petite ville, cinq personnages se croisent, se cherchent, se testent. Tout cela sous l'oeil bienveillant d'un jeune meteur en scène bourré de talent. Jérôme Bonnell, donc c'est déjà le troisième film, possède un vrai oeil de metteur en scène, et la finesse de sa description nous fait oublier que le sujet n'a rien de neuf.
On peut voir J'attends quelqu'un comme une comédie teintée de désespoir, ou au contraire comme un film plombant mais parsemé de brèves touches de drôlerie. C'est en tout cas un film rond en bouche, agréable à suivre, beau et triste comme une vie ordinaire. Bonnell sait mettre le doigt sur les petits détails qui font (ou défont) un couple, le pourquoi d'une solitude, le comment d'un ratage. Mais il le fait avec une telle légèreté que la gaieté chasse le cafard dès qu'il s'est installé. Avant que le cafard ne reprenne le dessus (mais pas pour longtemps).
C'est typiquement le genre de film que les détracteurs du cinéma français dit classique vont s'empresser de dénigrer (ou d'éviter). Pourtant, J'attends quelqu'un vaut bien plus que la moyenne. l'originalité qui lui fait défaut est compensée par un style délicat et un casting cinq étoiles, de m'sieur Darroussin (impayable de bonhommie) à la délicieuse Florence Loiret-Caille. Même Emmanuelle Devos est très bien. La preuve que Jérôme Bonnell n'est pas n'importe qui...
8/10

31 janv. 2007

LES AMBITIEUX

Il y a dix ans, Catherine Corsini sortait La nouvelle Ève, sympathique comédie romantico-vacharde qui mettait en valeur le talent de Karin Viard à jouer des connasses. Dix ans après, en manque visible d'inspiration (ses derniers films sont particulièrement mauvais), Corsini revient avec le même genre de film et le même gzenre de rôle à offrir à mademoiselle Viard : dans Les ambitieux, elle sera une éditrice imbuvable et redoutable (c'est l'affiche qui le dit) confrontée à un jeune auteur qui cherche à être publié.
Il apparaît clairement que Corsini n'a plus rien à raconter lorsque l'on réalise que Les ambitieux change de registre tous les quarts d'heure. D'abord comédie grinçante, puis fable sur l'arrivisqme, puis thriller littéraire, et ainsi de suite jusqu'à une fin parfaitement insipide en forme de comédie romantique. Forcément, dans un film sans ligne directrice, les acteurs semblent un peu perdus. C'est le cas d'Éric Caravaca, qui voudrait bien trouver le ton mais qui n'y arrive pas ; cela vaut aussi pour Karin Viard, qui n'arrive même pas à se rendre détestable.
Les ambitieux est surtout à déconseiller aux détracteurs du cinéma "d'auteur" français, qui retrouveront ici tous les tics qu'ils détestent. L'image est extrêmement laide, le ton parisianiste à souhait, et la volonté de faire intello est visible à chaque plan. Le film est à mille lieues de son titre : pas ambitieux pour deux sous, plat, mou, creux. Pas dit que le duo Viard-Corsini remette le couvert de sitôt.
3/10

21 nov. 2006

MON COLONEL

On s'est tellement plaint du fait que la France refusait les films parlant de son passé récent et tourmenté qu'on aurait plutôt envie de dire du bien de ceux qui s'y risquent enfin. Seulement voilà : Mon colonel est un gros machin bien mastoc, un film bien français dépourvu de nuances et d'âme. C'est un peu gênant.
Construit sous la forme d'une enquête policière, le film effectue de nombreux allers-retours entre les années 90 et un passé plus lointain, à l'époque de la guerre d'Algérie. D'où un parti pris assez lourd et plutôt moche : le présent en couleur, le passé en noir et blanc. Plof. Côté scénario, la finesse n'est pas non plus au rendez-vous : cela fait bien longtemps que Costa-Gavras et Jean-Claude Grumberg ne sont plus des fines lames du cinéma politique. Le manichéisme prédomine, la construction sent le renfermé, le didactisme des situations fait peine à voir. Et malgré un casting foisonnant (Robinson Stévenin, Cécile de France, Bruno Solo, Guillaume Gallienne, Charles Aznavour et bien d'autres), Laurent Herbiet ne parvient jamais à faire décoller un film vraiment trop vieillot et téléphoné.
Heureusement il y a Olivier Gourmet, acteur de grand talent, qui interprète le seul personnage un peu ambigu du film (le colonel du titre). Un militaire inflexible prêt à tout pour son pays, y compris à commanditer des exactions et des tortures. L'homme est sec comme un coup de trique et impresionnant comme pas deux, et pourtant on sent poindre dans ses yeux le doute et la honte. Châtier pour la France ou avoir la conscience tranquille, il faut choisir, et lui a choisi. C'est tout le sel d'un film sans grande aspérité qui donne envie de revoir un vrai grand film sur la guerre d'Algérie, l'inconestable La trahison de Philippe Faucon.
3/10

10 sept. 2006

LA RAISON DU PLUS FAIBLE

Si Lucas Belvaux voulait faire de sa Raison du plus faible un coup de poing dans la gueule de la société, force est de constater que son pain dans la tronche fait tout juste l'effet d'une chiquenaude sur le coin du nez. Mais une chiquenaude, ça peut faire mal quand même. Très mal. C'est à peu près ça, le dernier Belvaux : une attaque justifiée mais un peu molle de notre-société-comme-elle-va-mal, et de nos-prolétaires-comme-ils-en-chient. Si tout cela est très sensé, s'il n'y a aucune raison de réfuter le discours de Belvaux sur le chômage, le désoeuvrement et le désespoir qui s'en suit, si l'idée de mêler à sa réflexion une bonne lampée de polar nerveux, le résultat n'est pas repoussant, juste un peu mitigé.
Dans sa trilogie passée, Belvaux avait ancré l'intrigue à Grenoble, ville lumière à flanc de montagne, pour mieux étouffer ses personnages et les acculer à une réalité souvent glacée (mais parfois légère). Ici, il a choisi de poser sa caméra du côté de le Belgique, avec ses usines, ses voies ferrées, ses entrepôts. Couleur dominante : le gris. Belvaux utilise tout cette grisaille comme un personnage supplémentaire, celui qui viendrait asséner le coup de bambou derrière la nuque des autres. C'est réussi mais pas franchement original, malgré son coup de patte talentueux.
L'aspect polardeux apparaît d'abord comme un McGuffin destiné à faire parler chacun de sa condition, à cracher sans concession tout ce qu'il a sur le coeur. On en serait bien resté là, mais apparemment pas rassasié par sa précédente Cavale, Lucas Belvaux a tenu coûte que coûte à remettre le couvert. Du coup, la fin, avec son lot de coups de feu et de fuites en avant, masque la jolie (mais molle) construction sociologique du film. Et le titre ne veut par conséquent plus dire grand chose.
S'appuyant sur des comédiens efficaces (les moins connus étant les meilleurs), Belvaux a un peu tendance à trop se donner le beau rôle. Lui qu'on pensait si modeste, si humble, semble tenir à tout prix à faire la course en tête, à être le héros en solitaire d'un film qui aurait dû rester collectif. À cet égard, la fin, bien que magistralement filmée, est plutôt ratée car complètement irrespectueuse. Le plan-séquence aérien qui clôt le film, lourd de sens sans pourtant en faire trop, arrive trop tard : La raison du plus faible manque son impact en ne sortant jamais vraiment de son carcan socialo-franchouille. Ou plutôt belgeouille. Ô rage, ô désespoir.
6/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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