Flop 5 des films avec Dany Boon
Oui !, c'est la tentative d'Alexandre Jardin de faire du Jacques Audiard et du Patrice Leconte dans le même film. C'est une envie de truculence, d'éloge du sexe, d'ode épicurienne, d'amitié virile, de franche camaraderie, de pelotage en règle, de grivoiserie assumée, de béatitude salace. Oui, mais Oui !, c'est non. Parce que c'est rance, vulgaire, lourdingue. Un gros navet à l'ancienne, qui fait passer Jean-Marie Bigard pour Montesquieu.
Surfant sur la vague d'un Pédale douce bénéficiant d'une vraie cote d'amour auprès du public, Gabriel Aghion signait dix ans plus tard un Pédale dure absolument aberrant. Prendre Bertrand Blier au scénario mais vouloir faire La cage aux folles provoque un mélange des genres qui au final n'accouche de rien, si ce n'est d'un sommet d'ennui bourré de scènes affligeantes et de stéréotypes sur l'homosexualité. En tête de ce carnage, Dany Boon nous la joue Zaza Napoli, sous le regard d'un Jacques Dutronc aussi attristé que nous.
On oublie trop souvent que Francis Veber, référence de nombreux auteurs de comédies, a réalisé plus de mauvais films que de bons. Ses années 2000 sont particulièrement insoutenables ; le pire, c'est que La doublure n'est même pas le moins bon de cette période-là. Il est pourtant bien carabiné : basé sur un quiproquo bien vite éventé, c'est un film d'une ringardise absolue, qui s'égare dans des tergiversations franchouillardes et réduit à néant le personnage de François Pignon (un Gad Elmaleh fort transparent). Les jambes d'Alice Taglioni, que Dany Boon mate en bavant du début à la fin, ne suffisent pas à justifier ce calvaire
Pour sûr, Ariel Zeitoun a fait - lui aussi - pire. Mais ce Bimboland, bien qu'il l'assume, est tout de même d'une vulgarité sans égal, brassant façon téléfilm des arguments de mauvais magazines féminins. Surfant sur l'éclosion du mot 'bimbo', exploitant un casting totalement effrayant (Aure Atika ! Amanda Lear !), le film aurait même une fâcheuse tendance à se prendre pour une étude sociologique crédible. Il est permis d'en douter.
La guerre, la messe, des ennemis, la neige, l'amitié, l'union, le partage, l'entraide, le pardon, l'humanité, la vie, un chat. Comme un catalogue de bons sentiments, Joyeux Noël s'étale encore et encore sur un sujet qui aurait demandé un certain doigté pour ne pas devenir cette grosse meringue indigeste. Plombé par un académisme général et une niaiserie permanente, un film salement conventionnel, comme Christian Carion sait en pondre.