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30 oct. 2009

Flop 5 : Dany Boon

Cette semaine, Dany Boon a du sépia plein les doigts dans Micmacs à tire-larigot. Et comme il est sympa mais que sa filmo sent globalement la chaussette, le top 5 se mue exceptionnellement (?) en flop 5. Du pire au moins pire, mais toujours dans la médiocrité.




Flop 5 des films avec Dany Boon

01. Oui ! (1996)
Oui !, c'est la tentative d'Alexandre Jardin de faire du Jacques Audiard et du Patrice Leconte dans le même film. C'est une envie de truculence, d'éloge du sexe, d'ode épicurienne, d'amitié virile, de franche camaraderie, de pelotage en règle, de grivoiserie assumée, de béatitude salace. Oui, mais Oui !, c'est non. Parce que c'est rance, vulgaire, lourdingue. Un gros navet à l'ancienne, qui fait passer Jean-Marie Bigard pour Montesquieu.


02. Pédale dure (2004)
Surfant sur la vague d'un Pédale douce bénéficiant d'une vraie cote d'amour auprès du public, Gabriel Aghion signait dix ans plus tard un Pédale dure absolument aberrant. Prendre Bertrand Blier au scénario mais vouloir faire La cage aux folles provoque un mélange des genres qui au final n'accouche de rien, si ce n'est d'un sommet d'ennui bourré de scènes affligeantes et de stéréotypes sur l'homosexualité. En tête de ce carnage, Dany Boon nous la joue Zaza Napoli, sous le regard d'un Jacques Dutronc aussi attristé que nous.

03. La doublure (2006)
On oublie trop souvent que Francis Veber, référence de nombreux auteurs de comédies, a réalisé plus de mauvais films que de bons. Ses années 2000 sont particulièrement insoutenables ; le pire, c'est que La doublure n'est même pas le moins bon de cette période-là. Il est pourtant bien carabiné : basé sur un quiproquo bien vite éventé, c'est un film d'une ringardise absolue, qui s'égare dans des tergiversations franchouillardes et réduit à néant le personnage de François Pignon (un Gad Elmaleh fort transparent). Les jambes d'Alice Taglioni, que Dany Boon mate en bavant du début à la fin, ne suffisent pas à justifier ce calvaire



04. Bimboland (1998)
Pour sûr, Ariel Zeitoun a fait - lui aussi - pire. Mais ce Bimboland, bien qu'il l'assume, est tout de même d'une vulgarité sans égal, brassant façon téléfilm des arguments de mauvais magazines féminins. Surfant sur l'éclosion du mot 'bimbo', exploitant un casting totalement effrayant (Aure Atika ! Amanda Lear !), le film aurait même une fâcheuse tendance à se prendre pour une étude sociologique crédible. Il est permis d'en douter.



05. Joyeux Noël (2005)
La guerre, la messe, des ennemis, la neige, l'amitié, l'union, le partage, l'entraide, le pardon, l'humanité, la vie, un chat. Comme un catalogue de bons sentiments, Joyeux Noël s'étale encore et encore sur un sujet qui aurait demandé un certain doigté pour ne pas devenir cette grosse meringue indigeste. Plombé par un académisme général et une niaiserie permanente, un film salement conventionnel, comme Christian Carion sait en pondre.

23 févr. 2009

LE CODE A CHANGÉ

Pour ce qui est sans doute son moins mauvais film, Danièle Thompson opte une nouvelle fois pour une oeuvre collective, regroupant dix personnes autour d'un dîner (la onzième roue du carrosse étant reclue dans la chambre voisine). Encore un film choral ? Oui, certes, mais Danièle et Christopher, son co-auteur de fifils, ont opté pour une construction relativement élaborée qui donnent tout son attrait au Code a changé. Si ce fameux dîner constitue la charnière du film, on en verra non seulement les préparatifs, mais également, grâce à quelques flashforwards, la situation des personnages un an après. Un concept assez malin, propice à des sommets de perversité.
Sauf que les Thompson seront toujours les Thompson, et que Le code a changé pâtit comme leurs précédents films de la platitude des personnages croqués, du schématisme des situations et de la faiblesse d'une partie des dialogues. Si le film se fait moins agaçant que les autres, c'est parce qu'il bénéficie de l'abattage d'un certain nombre d'acteurs plutôt en forme, à commencer par l'épatant duo Patrick Chesnais - Pierre Arditi dans les trois meilleures scènes du film. Le reste, c'est principalement des répliques toutes faites (les "meilleures" sont dans la bande-annonce), des situations archi rebattues (amant dans le placard et polichinelle dans le tiroir), et une sorte de faux rythme un peu lénifiant.
Au final, Thompson & Thompson s'imposent de nouveau comme le pendant foireux du duo Jaoui-Bacri : le même côté donneur de leçons, mais la profondeur et le talent en moins. Coup de grâce : il y a dans l'ensemble un côté petit-bourgeois relativement insupportable, puisque le film voudrait nous faire pleurer sur le sort des médecins, des avocats et des entrepreneurs, qui appartiennent certes aux catégories les plus à plaindre par les temps qui courent. On oubliera ce message un peu puant pour ne retenir du film que les Chesnais, Arditi, Boon, Hands et Seigner qui l'empêchent d'être totalement antipathique.
3/10

10 janv. 2009

DE L'AUTRE CÔTÉ DU LIT

Quand l'actrice préférée des Français (qui tourne peu et pas vraiment à bon escient) rencontre l'idole des foules (qui présente désormais ses ch'tis à travers le monde tout en supervisant l'adaptation américaine de son film), ça donne une comédie en forme de tiroir-caisse consensuel. Pas méchant pour deux sous, De l'autre côté du lit est un peu l'équivalent filmique du genre idéal. Bien poli, propret, courtois mais avec un ou deux clins d'oeil coquins, plein de bonnes intentions ultra prévisibles, avec un humour ne franchissant jamais la ligne jaune. Donc aussi fréquentable qu'emmerdant.
Si Pascale Pouzadoux a bien tenté çà et là de rendre son film moins lisse que prévu, ses efforts sont plus visibles qu'efficaces. Ça sent très souvent la fausse subversion, comme lorsqu'au travers de scènes inutiles mais sympathiques elle essaie de choquer avec l'histoire d'amour naissant entre un homme et une femme plus âgée d'une dizaine d'années (Antoine Duléry et Anny Duperey, très à l'aise). Comparé à l'excellent Ma vie n'est pas une comédie romantique, où l'un des personnages secondaires se tapait une ado de 15 ans, on comprend que ça ne va franchement pas loin. Quant au jeu de massacre promis à l'occasion de cet échange des rôles entre la maman dévouée et le self made man, il n'a jamais vraiment lieu, et ses meilleurs instants rappellent un peu trop le couple Scavo de Desperate housewives (qui tenta un temps le même défi) ou le duo Taglioni-Quivrin dans Notre univers impitoyable, imparfait mais bien plus couillu.
Alors évidemment, il y a la môme Marceau, qui n'a toujours rien d'une grande actrice mais devient de plus en plus belle et fraîche avec l'âge. C'est à son personnage que le scénario permet le plus de se lâcher, et elle semble effectivement s'éclater à casser un peu une image très papier glacé. Enfermé dans un personnage moins extraverti, Dany Boon fait ce qu'il peut, et plutôt bien, comme il l'avait fait par exemple dans Le déménagement. Sans eux, le film ne serait vraiment pas grand chose, multipliant les scènes un peu plates et les rebondissements téléphonés (ah, les Polaroïd qu'on laisse négligemment trainer...) pour nous livrer au final une morale bien consensuelle du genre « travail - famille - patrie ». Aussitôt vu, aussitôt oublié, ce sera un grand succès en prime time sur TF1.
4/10

(autre critique sur Sur la route du cinéma)

3 mars 2008

BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS

Comme disait Enrico Macias, les gens du Nord ont dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors. Attirant en masse les français de tous horizons, Bienvenue chez les ch'tis vient confirmer le ver devenu adage en rendant hommage aux habitants d'une région bien moins froide que ce que dit la légende. Que ceux qui n'ont pas encore vu le film, harassés par la marée chtimi qui s'empare du pays, ne prennent pas peur et aillent voir cette comédie très populaire et assez drôle, qui rehausse sacrément le niveau d'un genre qui fait des euros mais pas d'étincelles, d'Astérix à Disco. Dany Boon connaît évidemment son sujet sur le bout des doigts, et livre une déclaration enflammée à sa terre natale. Et ça marche.
Bienvenue chez les ch'tis est à l'image du peuple qu'il salue : simple, sincère, et drôle à défaut d'être toujours hilarant. Après une première vingtaine de minutes recensant de façon un peu systématique tous les clichés déversés par les sudistes (c'est-à-dire ceux qui habitent en dessous d'Amiens), le film trouve sa pleine énergie lorsque le héros (Kad, à l'aise) débarque dans ch'Nord pour ce qu'il pense être un chemin de croix de deux ans, lui qui va si rapidement s'attacher et manger de la carbonade, boire plein de bière et appeler tout le monde biloute. Pas ou peu d'intrigue ? Pas grave : le scénario empile plutôt adroitement les situations de façon à ce que Bienvenue chez les ch'tis ne ressemble jamais à un simple enchaînement de sketches. Le film a même tendance à se bonifier bobine après bobine, notamment à l'occasion de deux séquences en passe de devenir cultes : une tournée à vélo pour distribuer le courrier, et une mise en oeuvre de tous les stéréotypes sur le Nord-Pas-de-Calais, où les autochtones s'amusent à jouer avec leur propre image.
Et tant pis si le rythme n'est pas toujours parfait ou si quelques acteurs peinent à se faire passer pour des chtis : Bienvenue chez les ch'tis remplit bien son rôle de comédie familiale, méritant amplement l'immense vague d'adhésion et de sympathie qui s'est créée en une dizaine de jours. Dany Boon est désormais attendu de pied ferme partout en France, mais son troisième film pourra-t-il être aussi fédérateur que celui-ci ? Pas sûr. Pourtant, s'il parveitn à trouver des sujets accrocheurs et à poursuivre avec la même envie et la même sincérité, il pourrait bien finir sur les traces d'auteurs populaires comme Gérard Oury. À suivre...
7/10

22 déc. 2006

MON MEILLEUR AMI

À l'occasion de ses retrouvailles avec la bande du Splendid pour réaliser Les bronzés 3 - amis pour la vie (le chef d'oeuvre incontestable de l'année), Patrice Leconte a dû se poser plus d'une question sur l'amitié, la vraie, la plus pure qui soit, lui qui était alors entouré d'une majorité de cabots prêts à simuler une amitié profonde pour palper un maximum de pognon. Voilà qui a dû influer sur son envie de faire Mon meilleur ami, comédie sans aucune (mais alors aucune) prétention.
À la base du film de Leconte, un nouveau duo masculin constitué d'un petit nouveau (Dany Boon, plutôt convaincant) et d'un habitué (Daniel Auteuil, trois films avec Patrice en sept ans). Les deux hommes évoluent avec aisance au gré d'une intrigue pas transcendante, dont les rebondissements sont à la fois prévisibles ET invraisemblables. Le pitch en lui même est improbable (un type a dix jours pour se trouver un meilleur ami, ce qui ne veut rien dire), mais la sympathie dégagée par le casting ainsi qu'une réflexion pas idiote sur la définition de l'amitié provoquent l'indulgence du spectateur, comme lorsqu'il se trouve face à un ami ni vraiment drôle ni très intéressant mais qu'il sourit quand même pour lui faire plaisir. Mais qu'on se rassure : nivau comédie, Leconte est bien plus proche d'un Pierre Salvadori que du Veber de La doublure.
Patrice Leconte a annoncé il y a peu qu'il arrêterait le cinéma dans trois films. S'il est impossible de s'en réjouir (le bougre a signé quelques bijoux malheureusement moins connus que son récent gros navet), on est tout à fait en droit de penser que c'est une sage décision. De films mineurs en films mineurs, Leconte est tranquillement en train de s'embourber dans un cinéma qualité France auquel manque la singularité de ses meilleurs films (Le mari de la coiffeuse et La fille sur le pont). Souhaitons que dans ses prochains (et ultimes) longs métrages, il renoue avec un cinéma plus consistant et émouvant, celui qu'il manie avec le plus de brio.
5/10

8 juin 2006

LA MAISON DU BONHEUR

Que chacun se rassure : si La maison du bonheur est d'abord le titre d'une chanson de Francis Lalanne ("Ce serait la maison du bonheur / Même à fort loyer, j' suis preneur / Il n'y aurait que toi contre moi / Et l'amour contre notre amour..." c'est beau), le film du même nom est beaucoup plus supportable. Pour son premier long métrage, Dany Boon recycle les vieux fonds de casserole, en adaptant sa pièce à succès ("La vie de chantier") à la sauce Oury/Veber/Zidi.
Niveau mise en scène, c'est atroce : couleurs passées, cadrages approximatifs, gros plans disgracieux, c'est presque un catalogue de tout ce qu'il faut faire pour obtenir un film moche. Il est cependant permis de douter que les spectateurs qui iront voir ce film attendent une grande leçon de cinéma (ce qui n'excuse rien, certes).
Dany Boon a préféré se concentrer sur son scénario, pour en faire quelque chose d'à peu près crédible et d'à peu près drôle, dans la veine rigolo-dépressive de ses one man shows. Pour faire dans l'hypocrisie, on dira que d'autres humoristes passés derrière la caméra s'en sont sortis beaucoup moins bien que lui (mais forcément, quand on passe après Bigard...). Car La maison du bonheur, bien qu'assez sympathique, n'est pas franchement hilarant et exhale même un doux parfum de ringardise.
Difficile à haïr mais encore bien plus dur à adorer, La maison du bonheur conviendra à ceux qui ont aimé Camping et La doublure (aujourd'hui, je me sens hypocrite, je vous dis).
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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