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1 juil. 2008

PAR SUITE D'UN ARRÊT DE TRAVAIL...

La gauche, la droite... Deux étiquettes faciles à apposer, mais pourtant légèrement plus complexes que les discussions façon café du commerce auxquelles elles donnent souvent lieu. Cette opposition binaire entre droite et gauche et au cœur même de Par suite d'un arrêt de travail..., qui exploite un thème en forme de marronnier (les grèves des transports) pour mettre dos à dos deux catégories de personnes : la France qui se lève tôt et trouve scandaleux d'être ainsi être « prise en otage » (expression-gimmick qui revient dès qu'un journal traite de ce sujet), et celle des jean-foutre qui soutiennent d'autant plus ce genre de mouvement qu'ils n'ont aucun projet d'avenir. On l'aura compris, le film de Frédéric Andréi (connu pour son rôle de postier dans Diva) ne donne pas dans l'analyse politique profonde, et c'est là son énorme limite.
Mieux vaut donc prendre Par suite d'un arrêt de travail... comme un simple road movie bucolique, qui mène ses deux personnages principaux de Paris à Rome, le temps pour eux de vivre quelques péripéties amusantes et/ou émouvantes et de disserter sur le sens de la vie. Un voyage plutôt sympathique, notamment quand le type « de droite » (Patrick Timsit, pas mauvais) se décoince subitement et décide de vivre un peu au lieu d’être pétrifié par l’enjeu du contrat qui l’attend en Italie. Un brusque revirement de personnalité qui montre qu’Andréi n’est pas plus psychologue que politologue. En revanche, il mène plutôt bien son buddy movie en chemise blanche, enchaînant les mésaventures et les engueulades avec un allant qui fait plaisir à voir. Il nous offre même une parenthèse un peu absurde à travers ce qui finit par ressembler à un running gag (comment peut-on on traverser une rivière large de huit mètres). Des velléités humoristiques plutôt bien senties et qui font oublier un fond plus que schématique.
Enfin, Par suite d’un arrêt de travail… est une jolie déclaration d’amour aux routes de campagne et autres chemins de traverse. Aussi efficace qu’elle est implicite, elle montre que l’on n’est pas obligé de chausser de gros sabots à la sauce Jean Becker pour montrer les bienfaits de la verdure et de l’air pur. De quoi démarrer l’été du bon pied, surtout que celui-ci ne devrait pas être parasité par les grèves.
5/10
(également publié sur Écran Large)

3 mars 2008

BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS

Comme disait Enrico Macias, les gens du Nord ont dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors. Attirant en masse les français de tous horizons, Bienvenue chez les ch'tis vient confirmer le ver devenu adage en rendant hommage aux habitants d'une région bien moins froide que ce que dit la légende. Que ceux qui n'ont pas encore vu le film, harassés par la marée chtimi qui s'empare du pays, ne prennent pas peur et aillent voir cette comédie très populaire et assez drôle, qui rehausse sacrément le niveau d'un genre qui fait des euros mais pas d'étincelles, d'Astérix à Disco. Dany Boon connaît évidemment son sujet sur le bout des doigts, et livre une déclaration enflammée à sa terre natale. Et ça marche.
Bienvenue chez les ch'tis est à l'image du peuple qu'il salue : simple, sincère, et drôle à défaut d'être toujours hilarant. Après une première vingtaine de minutes recensant de façon un peu systématique tous les clichés déversés par les sudistes (c'est-à-dire ceux qui habitent en dessous d'Amiens), le film trouve sa pleine énergie lorsque le héros (Kad, à l'aise) débarque dans ch'Nord pour ce qu'il pense être un chemin de croix de deux ans, lui qui va si rapidement s'attacher et manger de la carbonade, boire plein de bière et appeler tout le monde biloute. Pas ou peu d'intrigue ? Pas grave : le scénario empile plutôt adroitement les situations de façon à ce que Bienvenue chez les ch'tis ne ressemble jamais à un simple enchaînement de sketches. Le film a même tendance à se bonifier bobine après bobine, notamment à l'occasion de deux séquences en passe de devenir cultes : une tournée à vélo pour distribuer le courrier, et une mise en oeuvre de tous les stéréotypes sur le Nord-Pas-de-Calais, où les autochtones s'amusent à jouer avec leur propre image.
Et tant pis si le rythme n'est pas toujours parfait ou si quelques acteurs peinent à se faire passer pour des chtis : Bienvenue chez les ch'tis remplit bien son rôle de comédie familiale, méritant amplement l'immense vague d'adhésion et de sympathie qui s'est créée en une dizaine de jours. Dany Boon est désormais attendu de pied ferme partout en France, mais son troisième film pourra-t-il être aussi fédérateur que celui-ci ? Pas sûr. Pourtant, s'il parveitn à trouver des sujets accrocheurs et à poursuivre avec la même envie et la même sincérité, il pourrait bien finir sur les traces d'auteurs populaires comme Gérard Oury. À suivre...
7/10

27 oct. 2006

POLTERGAY

C'est sans doute le pitch le plus effrayant de l'année : dans sa nouvelle maison, un type voit apparaître des fantômes gays tout droit venus de la fin des seventies. Ça sent le nanar ultime, entre Gabriel Aghion et Max Pécas. Et en effet, au début, Poltergay n'est ni OK, ni bath, ni in. Humour pire que potache, principalement à base de bites dessinées un peu partout. Homophobie latente (on rit des gens parce qu'ils sont gays). Cabotinage incessant, le pire n'étant pas dû aux interprètes des fantômes disco, mais bel et bien à Clovis Cornillac, dont on commence à connaître par coeur toutes les mimiques.
Une demi-heure semble suffire pour se faire une idée de ce Poltergay : sinistre, craignos, vulgaire. Et puis, même s'il n'atteint jamais des sommets de drôlerie, le film trouve son rythme et marque enfin des points dans le registre "divertissement sympathique". Une fois son personnage habitué à ces visions improbables, Cornillac se calme et c'est nettement plus supportable. Pas de quoi applaudir à tout rompre, mais pas de quoi crier au scandale.
Et puis il y a Michel Duchaussoy, dont l'arrivée tardive dans l'intrigue donne un puch supplémentaire à tout le film. Son personnage, un exorciste plus sérieux qu'une pierre tombale totalement accro aux McFlurry, Chicken McNuggets, et autres délicieuses merdes de chez Ronald McDonald, est un régal. Du grand n'importe quoi, sans queue (hum) ni tête, à l'image d'un film qui trouvera plus facilement sa place à 20h50 sur TF1 que sur PinkTV.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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