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17 juil. 2007

2 DAYS IN PARIS

Il y a du Woody Allen chez Julie Delpy : cette façon de transformer n'importe quelle promenade en excursion terrifiante, tous les maux du monde en monologues paranoïaques, cette profonde envie de jouer le rabat-joie de service, même au milieu des situations les plus parfaites et/ou romantiques. Festival de piques, d'obsessions et de décalages, 2 days in Paris est la révélation d'une cinéaste qui sort enfin le nez de son propre nombril pour enfin partir prendre l'air ailleurs. Emmenant son fiancé visiter son Paris natal, une new-yorkaise d'adoption se prend de plein fouet le choc des cultures, des désillusions, des années qui passent. Avec un oeil sans cesse différent sur chaque micro-évènement, aussi anodin soit-il, Julie Delpy convie le spectateur à un festival de drôlerie, conviant le futile et le grave, le réel et l'abstrait. Le duo qu'elle forme avec Adam Goldberg (souvent sous-exploité dans des seconds rôles trop étroits pour lui) est construit de façon idéale, permettant d'enchaîner les vannes les plus primaires (sur le couple, la France, etc.) et les discussions plus sérieuses et empesées.
Delpy est d'ailleurs moins à l'aise lorsqu'elle tente de donner à son film un ton plus noir et désespéré ; si la première demi-heure est un hilarant festival, la demi-teinte de la suite est tout de même moins convaincante. Il n'empêche : c'est un vrai délice que de voir une jeune trentenaire tout faire pour éviter que sa comédie parisienne ne devienne un bête film romantique. Cet anti-romantisme poussé à l'extrême donne un charme bien particulier au film, qui s'enfonce parfois dans des digressions de mauvais aloi, des gimmicks dispensables (les séquences avec les chauffeurs de taxi) et des gags un peu gras (les ballons). Il n'empêche : sans avoir l'air d'y toucher, 2 days in Paris, qui n'est clairement qu'un début dans la carrière de réalisatrice de mademoiselle Delpy, fait résonner tous les espoirs du monde.
6/10

22 déc. 2006

MON MEILLEUR AMI

À l'occasion de ses retrouvailles avec la bande du Splendid pour réaliser Les bronzés 3 - amis pour la vie (le chef d'oeuvre incontestable de l'année), Patrice Leconte a dû se poser plus d'une question sur l'amitié, la vraie, la plus pure qui soit, lui qui était alors entouré d'une majorité de cabots prêts à simuler une amitié profonde pour palper un maximum de pognon. Voilà qui a dû influer sur son envie de faire Mon meilleur ami, comédie sans aucune (mais alors aucune) prétention.
À la base du film de Leconte, un nouveau duo masculin constitué d'un petit nouveau (Dany Boon, plutôt convaincant) et d'un habitué (Daniel Auteuil, trois films avec Patrice en sept ans). Les deux hommes évoluent avec aisance au gré d'une intrigue pas transcendante, dont les rebondissements sont à la fois prévisibles ET invraisemblables. Le pitch en lui même est improbable (un type a dix jours pour se trouver un meilleur ami, ce qui ne veut rien dire), mais la sympathie dégagée par le casting ainsi qu'une réflexion pas idiote sur la définition de l'amitié provoquent l'indulgence du spectateur, comme lorsqu'il se trouve face à un ami ni vraiment drôle ni très intéressant mais qu'il sourit quand même pour lui faire plaisir. Mais qu'on se rassure : nivau comédie, Leconte est bien plus proche d'un Pierre Salvadori que du Veber de La doublure.
Patrice Leconte a annoncé il y a peu qu'il arrêterait le cinéma dans trois films. S'il est impossible de s'en réjouir (le bougre a signé quelques bijoux malheureusement moins connus que son récent gros navet), on est tout à fait en droit de penser que c'est une sage décision. De films mineurs en films mineurs, Leconte est tranquillement en train de s'embourber dans un cinéma qualité France auquel manque la singularité de ses meilleurs films (Le mari de la coiffeuse et La fille sur le pont). Souhaitons que dans ses prochains (et ultimes) longs métrages, il renoue avec un cinéma plus consistant et émouvant, celui qu'il manie avec le plus de brio.
5/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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