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25 janv. 2009

LES NOCES REBELLES

Dieu qu'il est édifiant, le titre original des Noces rebelles. Revolutionary road désigne le quartier dans lequel s'installe le couple Wheeler, qui sombre peu à peu dans une routine bien éloignée de l'existence tout sauf ordinaire qu'il s'était promis de mener. Le film de Sam Mendes dépeint la frontière intangible qui se dresse entre la norme et la marge, condamnant des gens ambitieux à ne faire qu'exister alors qu'ils voulaient vivre.
Les thèmes sont passionnants, les intentions louables. Comme dans American beauty, Mendes égratigne l'american way of life, montrant qu'une vie idyllique ne se résume pas à un pavillon, du mobilier et des gosses. Seulement voilà : le scénariste Justin Haythe n'est pas Alan Ball, loin de là, et livre un script trop lourdement explicite pour réellement convaincre. Si Les noces rebelles évite quelques pièges didactiques comme celui de la voix off, il a tendance malgré tout à répéter chaque idée trois ou quatre fois, l'air de rien. Symbole de ce stabilotage en règle : les deux scènes dans lesquelles apparaît le toujours fabuleux Michael Shannon, dans le rôle si pratique du "fou qui apporte la vérité", et dont le seul intérêt sera finalement d'expliquer au spectateur tout ce qui avait été plus ou moins sous-entendu jusque là. D'où l'impression d'un film faussement implicite, qui veut jouer la carte de la finesse mais chausse régulièrement de bien gros sabots.
Bien aidé par deux acteurs juste grandioses (surtout elle), Mendes montre tout de même avec brio la lente dislocation d'un couple qui ne se sent pas à sa place, engoncé dans des conventions pas faites pour lui. Il y a là-dedans quelques partis pris assez judicieux, comme l'idée de faire des enfants du couple deux silhouettes fantomatiques, quasiment jamais sur le devant de la scène, comme s'ils n'avaient jamais leur mot à dire. Idée une nouvelle fois contrebalancée par des dialogues un peu empesés sur le thème de « pourquoi on fait des gosses », qui provoquent là encore une impression de redondance. Le problème des défauts du film, c'est qu'ils sont grossis à la loupe par la mise en scène d'un Mendes étonnamment scolaire. Que la photographie soit très classique n'est pas un problème ; ce qui perturbe et alourdit le film, c'est le côté ostentatoire du montage et des mouvements de caméra. Le surdécoupage des scènes (notamment au début) est si lisible que les intentions en deviennent transparentes, tout comme la modification progressive du filmage à mesure que le couple part à vau-l'eau. Image posée quand tout va bien, caméra portée quand ça se gâte : pour un film sur le rejet des conventions, c'est un comble.
Finalement, Les noces rebelles enfonce le clou encore davantage avec une succession de faux dénouements ne faisant qu'accentuer le caractère factice de sa quête de perversité à tout prix. Les dix dernières minutes sont de trop, chaque scène que l'on croit être la dernière laissant inexorablement place à la scène suivante, encore plus explicative, laissant toujours moins de place à l'imagination et à l'intelligence du spectateur. Pas revolutionary pour deux sous.
5/10

(autre critique sur Les critiques clunysiennes)

2 nov. 2008

MENSONGES D'ÉTAT

On a parfois du mal à comprendre comment une équipe d'artistes chevronnés peut manquer à ce point d'exigence et de discernement. Sans être totalement scandaleux, Mensonges d'état fera tout de même office d'incident de parcours dans les filmographies de messieurs Scott, Di Caprio et Crowe. Le genre de film que personne ne pensera à citer quand, dans dix ans, il jouera à "donne-moi le plus grand nombre de films de ou avec machin" - un jeu très amusant pour s'occuper dans le métro, par exemple. Scénarisé par William Monahan, le type derrière Kingdom of heaven et Les infiltrés, Mensonges d'état multipie les tares puisqu'il est à la fois platissime et bourré d'invraisemblances. Deux défauts insurmontables mais dont la simultanéité n'est pas forcément désagréable, puisqu'on peut facilement tuer l'ennui en comptabilisant les aberrations scénaristiques.
On ne peut blâmer Ridley Scott d'avoir voulu faire un film sur le terrorisme qui ne ressemble pas à du Paul Greengrass. Problème : en prenant le contrepied total, il livre une oeuvre grabataire dans laquelle les personnages sont les seuls à voyager. Ils filent de pays en pays, slaloment entre le Proche-Orient et les USA, mais font finalement du surplace. C'est qu'il ne se passe pas grand chose pendant ces 2h08 : quelques explosions filmées de façon très ordinaires, beaucoup de dialogues un peu creux sur la manipulation et la condition des terroristes, et c'est à peu près tout. Il faut dire qu'on n'a guère envie de suivre les personnages dans leur quête, puisque leur manque de crédibilité est total. Dans un film dit réaliste, on ne peut faire gober au spectateur le fait que deux types dont un jeunot soient capables de réguler à eux seuls l'ordre mondial. C'est pourtant ce qu'essaie de montrer Ridley Scott, qui montre un agent de la CIA (Di Caprio, moyen) tellement fortiche qu'il prend toutes les décisions importantes sans demander l'avis d'un quelconque supérieur, et monter de grandes opérations anti-terroristes avec pour tout partenaire un semi-nerd planqué derrière son écran. Dans un James Bond, pourquoi pas ; ici, c'est totalement improbable. Surtout quand le surhomme en question se montre soudain assez stupide pour fricoter avec une infirmière locale sans se méfier ou se jeter naïvement dans les griffes des pires salauds du coin.
Le personnage de Russell Crowe est moins calamiteux mais pas beaucoup mieux ficelé, et c'est certainement pour cette raison que Monahan en a fait un pince sans rire absolu, débitant deux vannes à la minute sans avoir l'air d'y toucher. Quelques-unes de ses répliques touchent juste. Mais est-ce bien là l'ambition d'un tel film ? Sans doute pas. Au final, il est bien difficile de saisir les motivations de ce Mensonges d'état sans doute conçu comme un grand film politique avec du spectacle et une vraie thèse. Si thèse il y a, elle est d'un simplisme assez atroce (en gros, la loi du talion a toujours existé et existera toujours, c'est la vie), et c'est peut-être même pire que ça. On préfère faire semblant de ne pas comprendre quand, en toute fin de film, Di Caprio balance l'air de rien une réplique faisant du Proche Orient un gigantesque capharnaüm impossible à nettoyer. Quoi qu'il en soit, Mensonges d'état est un film à oublier bien vite, qui mérite son semi-four au box-office américain.
3/10

1 févr. 2007

BLOOD DIAMOND

Aucun doute, Blood diamond est un film d'Edward Zwick. Comme toujours, le réalisateur américain mêle au divertissement une réflexion politique et une dénonciation de pratiques scandaleuses mais avérées. On obtient ici un mélange très homogène, au traitement moyennement original (récemment, dans le genre, des films comme The constant gardener étaient plus fins et personnels), mais à l'incontestable potentiel de divertissement.
Comme d'habitude chez Zwick, ce n'est pas le beau gosse dont le nom trône en haut de l'affiche qui importe le plus, mais plutôt les seconds rôles, issus d'ethnies ou de castes méprisées et spoliées. Après Sami Bouajila et Ken Watanabe, c'est à Djimon Hounsou de remplir cette fonction. Le personnage-clé du film, c'est lui, pas un autre. Habitué à des rôles plus bourrins, Hounsou montre enfin qu'il a un vrai talent d'acteur, confirmant les lointaines promesses d'Amistad. Face à lui, Jennifer Connelly est presque trop belle pour être crédible. Quand à Leo di Caprio, dans une prestation interchangeable (ce genre de rôle que Pitt, Cruise et quelques autres auraient pu tenir avec autant de talent), il manque encore un peu de maturité pour être vraiment crédible dans un rôle de vrai mâle.
Mais Edward Zwick, c'est aussi des films trop longs et scolaires avec ce qu'il faut de bons sentiments : ici, il faut accepter que le chasseur de diams sans scrupules devienne soudainement un grand altruiste au coeur pur. Dans ce genre de moment, que l'action se déroule en Sierra Leone ou ailleurs, on réalise surtout que l'on n'a jamais vraiment quitté Hollywood.
7/10

29 nov. 2006

LES INFILTRÉS

En s'attelant à un scénario adapté d'un film déjà existant (le pas dégueu Infernal affairs, d'Alan Mak et Andy Lau), Martin Scorsese faisait preuve d'un manque d'ambition apparent. C'est du moins ce que l'on pensait ; mais imaginer le réalisateur le plus sourcillu du monde se la couler douce en réalisant des films paresseux revenait à s'enfoncer le doigt dans l'oeil. Armé d'un casting foisonnant (DiCaprio, Damon, Nicholson, Sheen père, Baldwin, Wahlberg...), et criant sur les toits qu'il n'a pas vu Infernal affairs et qu'il s'en tamponne le coquillard, le grand Marty déboule avec The departed (ah non, pardon, Les infiltrés, titre français de dernière minute), polar urbain et nerveux qui offre une vision nouvelle à une histoire déjà traitée.
Devinette. Quelle est la différence majeure entre Infernal affairs et Les infiltrés? Réponse : une heure. Là où Mak & Lau livraient un thriller nerveux, sans temps mort ni fioritures, Scorsese prend tout son temps pour faire vivre ses personnages et donner à la ville de Boston une vraie dimension. Cette fois, pas d'italo-américains, mais des Irlandais d'origine, au sang tout aussi chaud et aux jurons plus imagés. Ça jure dans tous les sens (surtout Nicholson, délicieusement cabotin) et c'est un régal.
La durée conséquente du film (2h30) est également due au fait que le scénario se refuse à laisser la moindre zone d'ombre quant au passé des personnages principaux ; et à vrai dire, on aurait davantage apprécié un poil plus de mystère. Aucun grain de sable dans les rouages, aucun défaut dans la machinerie : filmeur né, Scorsese déroule tranquillement une intrigue aux petits oignons, avec ce qu'il faut de perversion, de jeux de miroirs et de (légères) surprises. Pas grand chose à dire là-dessus : simplement, Les infiltrés manque un peu d'âme, de matière, de chaleur dans les rapports humains (pour le coup, et c'est dur à dire, Scorsese devrait jeter un oeil sur le récent travail de Michael Mann). Le film aurait pu être plus tendu, nerveux, haletant : au lieu de quoi on a droit à un chassé-croisé certes bien troussé mais pas plus prenant que la moyenne. Scorsese à peu près hors de cause, on en vient à rejeter la responsabilité sur les épaules de ses interprètes. Et en effet, si leurs gueules de gamins correspondent plutôt bien à ce qu'on attend de leurs personnages (de jeunes loups infiltrés chez l'ennemi et lancés un peu trop vite dans le grand bain), on sent un manque évident de maturité chez eux. Si c'était prévisible pour DiCaprio, on attendait mieux de Matt Damon, qui ne retrouve à aucun moment le charisme qu'il avait en Jason Bourne. Et si les seconds rôles sont assez impeccables, des rôles à vocation presque uniquement comique (comme celui de Mark Wahlberg) ne peuvent que nuire à ce genre de film. À l'image d'un dernier plan laconique qui ne cadre pas du tout avec ce qui précède.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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