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17 juil. 2009

Top 5 : Kate Winslet

Cette semaine, Kate Winslet a l'accent allemand dans The reader.



Top 5 des films avec Kate Winslet

01. Hamlet (1997)
Des adaptations de Shakespeare, il y en a eu un sacré paquet ; mais celle-ci, sous la houlette du spécialiste qu'est Kenneth Branagh, est à n'en pas douter l'une des meilleures. La version longue, quatre heures de bonheur, rend grâce à la plus grande oeuvre de Shakespeare, son lyrisme chaleureux créant une délectation et une jubilation de tous les instants. En Ophélie, Kate Winslet est parfaite.



02. Jude (1996)
À l'époque, Michael Winterbottom était encore un jeune cinéaste inexpérimenté. Ce qui ne l'empêcha pas de magnifier le roman de Thomas Hardy, transcendant sa dimension tragique dans un drame bouleversant de part en part, qui n'évite aucune image difficile pour rendre compte du calvaire de son héros, somptueusement incarné par Christopher Eccleston. C'est aussi l'une des premières preuves de l'inestimable talent de Kate Winslet..


03. Eternal sunshine of the spotless mind (2000)
Comme il l'a prouvé avec son Synecdoche, New York, Charlie Kaufman n'est pas qu'un petit malin. Mais c'est tout de même ce qu'on retient principalement du film de Michel Gondry, récit d'une passion magnifique sans cesse parasité par des gimmicks et autres digressions. Étonnamment, le cocktail prend bien, en particulier grâce au tandem Winslet - Carrey.


04. Holy smoke (1999)
Après le pâlot Portrait de femme, Jane Campion renoue avec l'intensité de ses premiers films et met en scène l'enfermement mental d'une jeune femme paumée ayant le malheur de croiser une sorte de gourou. Peut-être le rôle le plus intense de Winslet, qui est allée extrêmement loin pour donner corps et crédibilité à son héroïne. Pari réussi, même si le film est perfectible.


05. Titanic (1997)
Malgré la voix de Céline Dion et son étiquette de film pour filles, Titanic est avant tout un divertissement virtuose, une fresque de trois heures qui refuse de n'être qu'un film catastrophe. Ainsi, le premier tiers est aussi passionnant et intense que les suivants, même si des visions répétées permettent d'en pointer les quelques défauts de rythme. Il n'empêche, c'est fleur bleue à mort, totalement prenant, souvent très crispant. James Cameron est tout de même très fort.

16 juil. 2009

THE READER

L'adaptation du best seller de Bernhard Schlink aurait pu donner un gros soufflé hollywoodien avec tambours et trompettes, simple véhicule pour acteurs en mal d'Oscar. Et si Kate Winslet a bel et bien remporté la fameuse statuette pour ce film, c'est purement et simplement parce que sa prestation sobre et belle devait être couronnée. Pour son troisième film, le britannique Stephen Daldry a confirmé le talent que laissait entrevoir The hours, à savoir celui de se placer à bonne distance des personnages. Ni trop près pour ne prendre personne à la gorge, ni trop loin pour ne pas brider toute émotion. C'est par sa sobriété que The reader brille avant tout, alors que de tels thèmes - Auschwitz et détournement de mineur - auraient pu mener tout droit à la catastrophe.
Pendant deux heures pleines, au fil d'une narration ample et remarquablement fluide, Stephen Daldry nous conte cette histoire pas si complexe bien qu'ouvrant la voie à pas mal de débats post-projection. Il traite avec délicatesse le personnage central interprété par Kate Winslet, qui se tape un ado alors qu'elle a 35 balais, est apparemment responsable de la mort de centaines de juives dans l'incendie d'une église, mais n'est pourtant pas vouée - ou pas tout de suite - aux flammes de l'enfer. C'est la sinuosité de l'âme humaine qu'interroge le film, celle qui fait qu'un acte monstrueux ne peut pas tout à fait occulter le reste d'une personnalité. Le traitement est sans fausse note, sans excès, d'une remarquable intelligence, le tout se faisant au prix d'une remarquable économie de mots.
Alors pourquoi The reader n'est-il pas le pur chef d'oeuvre qu'il aurait pu (dû ?) être ? Sans doute parce que Daldry passe tellement de temps à éviter les nombreux écueils possibles qu'il en oublie le plus souvent de faire vivre son film, n'échappant pas toujours à un académisme qui guette avidement du début à la fin. Si son flegme permanent est assez appréciable, c'est avant tout parce que ça aurait pu être pire ; ça aurait aussi pu être beaucoup plus emballant si un metteur en scène à la personnalité plus affirmée avait pris les choses en main. Bien que se déroulant sur un certain nombre d'époques, avec retours en arrière, ellipses et tout le toutim, le film peine à masquer sa relative prévisibilité. Ce qui n'enlève rien ni à la beauté absolue de certaines séquences - de lecture, notamment - ni à l'interprétation irréprochable. Voilà, c'est ça : The reader est un beau film, et une oeuvre irréprochable. Quelque fois, c'est synonyme d'ennuyeux.




The reader de Stephen Daldry. 2h03. Sortie : 15/07/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

25 janv. 2009

LES NOCES REBELLES

Dieu qu'il est édifiant, le titre original des Noces rebelles. Revolutionary road désigne le quartier dans lequel s'installe le couple Wheeler, qui sombre peu à peu dans une routine bien éloignée de l'existence tout sauf ordinaire qu'il s'était promis de mener. Le film de Sam Mendes dépeint la frontière intangible qui se dresse entre la norme et la marge, condamnant des gens ambitieux à ne faire qu'exister alors qu'ils voulaient vivre.
Les thèmes sont passionnants, les intentions louables. Comme dans American beauty, Mendes égratigne l'american way of life, montrant qu'une vie idyllique ne se résume pas à un pavillon, du mobilier et des gosses. Seulement voilà : le scénariste Justin Haythe n'est pas Alan Ball, loin de là, et livre un script trop lourdement explicite pour réellement convaincre. Si Les noces rebelles évite quelques pièges didactiques comme celui de la voix off, il a tendance malgré tout à répéter chaque idée trois ou quatre fois, l'air de rien. Symbole de ce stabilotage en règle : les deux scènes dans lesquelles apparaît le toujours fabuleux Michael Shannon, dans le rôle si pratique du "fou qui apporte la vérité", et dont le seul intérêt sera finalement d'expliquer au spectateur tout ce qui avait été plus ou moins sous-entendu jusque là. D'où l'impression d'un film faussement implicite, qui veut jouer la carte de la finesse mais chausse régulièrement de bien gros sabots.
Bien aidé par deux acteurs juste grandioses (surtout elle), Mendes montre tout de même avec brio la lente dislocation d'un couple qui ne se sent pas à sa place, engoncé dans des conventions pas faites pour lui. Il y a là-dedans quelques partis pris assez judicieux, comme l'idée de faire des enfants du couple deux silhouettes fantomatiques, quasiment jamais sur le devant de la scène, comme s'ils n'avaient jamais leur mot à dire. Idée une nouvelle fois contrebalancée par des dialogues un peu empesés sur le thème de « pourquoi on fait des gosses », qui provoquent là encore une impression de redondance. Le problème des défauts du film, c'est qu'ils sont grossis à la loupe par la mise en scène d'un Mendes étonnamment scolaire. Que la photographie soit très classique n'est pas un problème ; ce qui perturbe et alourdit le film, c'est le côté ostentatoire du montage et des mouvements de caméra. Le surdécoupage des scènes (notamment au début) est si lisible que les intentions en deviennent transparentes, tout comme la modification progressive du filmage à mesure que le couple part à vau-l'eau. Image posée quand tout va bien, caméra portée quand ça se gâte : pour un film sur le rejet des conventions, c'est un comble.
Finalement, Les noces rebelles enfonce le clou encore davantage avec une succession de faux dénouements ne faisant qu'accentuer le caractère factice de sa quête de perversité à tout prix. Les dix dernières minutes sont de trop, chaque scène que l'on croit être la dernière laissant inexorablement place à la scène suivante, encore plus explicative, laissant toujours moins de place à l'imagination et à l'intelligence du spectateur. Pas revolutionary pour deux sous.
5/10

(autre critique sur Les critiques clunysiennes)

7 janv. 2007

THE HOLIDAY

Ça commence comme un calvaire. Nancy Meyers propose les histoires croisées de deux jeunes femmes qui ne se connaissent pas mais partagent les même souffrances les hommes, tous des bâtards) et la même solitude. Hystérie, surjeu, larmes de crocodile, bavardages incessants : si la première heure de The holiday ressemble à des vacances, alors elles se déroulent certainement en enfer. Envie de foutre des claques à Cameron Diaz, envie de secouer cette pauvre Kate Winslet, envie de quitter la salle.
Que les chiennes de garde passent leur chemin, elles risqueraient de prendre la mouche : si The holiday finit par devenir un spectacle sympathique et plutôt mignon, c'est uniquement grâce aux hommes. Quand ceux-ci entrent en scène, ils apportent la fraîcheur dont on manquait cruellement depuis le début. Il y a d'abord Jude Law, play-boy attachant et effronté ; Eli Wallach, de plus en plus vieux mais toujours aussi savoureux ; et surtout le grand Jack Black, inattendu dans un film de ce genre, mais dont les mimiques et l'énergie apportent beaucoup au film. Grâce à ces trois-là, on peut enfin s'amuser un peu ; et même si The holiday n'a rien de follement original, si l'happy end est un peu forcée, la dernière impression laissée par le film est bien meilleure que l'état d'accablement dans lequel nous avait laissé le début.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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