Top 5 des films avec Benoît Poelvoorde
01. Les portes de la gloire (2001)
Rares sont les acteurs capables d'incarner la médiocrité avec autant de naturel. Le rôle de Régis Demanet, fan absolu du Pont de la rivière Kwaï et petit chef pète-sec d'une bande de VRP en imper, affublé qui plus est d'un appendice sexuel à faire rougir Rocco, est une somme. Hilarant dans la moindre de ses réactions, jubilatoire dans chacun de ses travers, Demanet est aussi terriblement inquiétant lorsqu'il a les idées noires. Complexe et brillante, une comédie populaire très très très haut de gamme.
02. C'est arrivé près de chez vous (1992)
C'est là que tout a commencé, par ce faux doc sur un tueur impitoyable et bavard, adepte des poèmes sur les oiseaux, des cocktails improbables et des journées moules-frites. Intarissable sur son métier, imbuvable en tant qu'être humain, ce Ben-là est un personnage mémorable, dont l'humour noir glace le sang à chaque seconde. Délicieux et angoissant à la fois.
03. Selon Charlie (2006)
Le grand film malade de Nicole Garcia a permis de montrer que non seulement Poelvoorde avait toutes les capacités pour être un grand acteur dramatique, mais aussi qu'il sait se fondre dans la masse et ne pas tirer toute la couverture à lui lorsque c'est nécessaire. Au milieu d'une belle brochette d'acteurs plus rodés que lui, il est absolument touchant de toute cette galerie d'hommes, car sans doute le plus gauche.
04. Le vélo de Ghislain Lambert (2001)
Lorsqu'il est en forme, Philippe Harel livre des divertissements solides faisant preuve d'une inspiration inespérée. Le vélo de Ghislain Lambert est sa plus grande réussite, puisqu'il parvient à faire naître une vraie nostalgie... même chez ceux qui n'ont pas connu l'époque qu'il décrit. C'est aussi un cri d'amour, malgré le dopage et les magouilles, à un sport étonnamment populaire en France et aux alentours : le cyclisme, ses chutes, ses anecdotes, son anonymat. Réconfortant et addictif.
05. Cowboy (2007)
Daniel Piron, héros du Cowboy de Benoît Mariage, est le lien idéal entre les deux thématiques de la filmographie poelvoordienne : médiocrité et nostalgie. Mais, sans doute influencé par la dépression naissante de son interprète, celui-ci semble plus grave, plus désespéré, et finalement plus mûr que les précédents. Les gags et les répliques ont beau être toujours aussi percutants (ah, le bouillon cube), il se dégage de ce film une vraie poésie ainsi qu'une tristesse palpable, avec la mer du Nord pour dernier terrain vague.