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23 avr. 2009

COCO AVANT CHANEL

S'écartant de son univers habituel (chabrolien et sensuel), Anne Fontaine est aux commandes de ce film... de commande, qui s'intéresse à l'époque où Coco Chanel s'appelait encore Gabrielle, orpheline multipliant les petits boulots tout en rêvant du grand monde. Coco n'aime pas spécialement les hommes, et le crie haut et fort : « ce que je préfère dans l'amour, c'est faire l'amour ; dommage qu'il faille un homme pour ça ». Visiblement Coco ignore l'existence d'autres variantes, mais c'est une autre histoire. Coco Chanel raconte donc comment cette future figure phare du monde de la mode s'est forgé ce caractère bien trempé et s'est mis en tête de révolutionner le quotidien de la femme en lui offrant liberté, oxygène, ampleur.
Problème : en un quart d'heure, tout est joué. On a parfaitement compris que les hommes sont des pourris doublés d'obsédés et que seul le travail importe ; que cette pauvre petite fille n'accepte d'être hébergée et lutinée par un riche compiégnois que pour en tirer un bénéfice social ; qu'elle ne va pas tarder à rencontrer l'amûûûûr, le vrai, celui qui fait fondre les coeurs les plus rocailleux. Cela se produira en effet un peu plus tard avec l'apparition d'un Alessandro Nivola à côté de ses baskets, si concentré sur son français assez impeccable qu'il en oublie un peu de jouer (c'est pourtant un acteur très intéressant). Fontaine étire alors qu près de deux heures une sorte de triangle amoureux joué d'avance, où le personnage de Benoît Poelvoorde (excellent) est le dindon de la farce, mais où les deux autres ne sont pas certains non plus de trouver leur compte.
Il y avait là tant de thèmes à exploiter, un manifeste féministe en puissance, une symphonie de tissus et de textures ne demandant qu'à être filmés, un drame passionnel au classicisme délicieusement suranné... Pourtant, comme tétanisée par le poids de la commande (et pressée par les producteurs afin de sortir le film avant celui de Jan Kounen, consacré à Coco pendant Chanel), Anne Fontaine n'en fait rien, cédant aux sirènes d'un biopic lisse, peu engageant, au filmage sans ampleur et au scénario sans idée. On en vient à se moquer de cette histoire et à rêver du film de Kounen, avec Anna Mouglalis et Mads Mikkelsen en Igor Stravinsky, qui sera irrémédiablement moins plat et plus profond que ce film ressemblant à une mise en images (et pas mise en scène) d'une double page de Point de vue - Images du monde. Vivement le retour d'Anne Fontaine à un style plus tortueux.
3/10

(autre critique sur In the mood for the cinema)

25 mars 2007

ENSEMBLE, C'EST TOUT

Six cents pages d'un roman-feuilleton sensible, sincère et un peu facile : c'est le programme d'Ensemble, c'est tout, succès populaire compréhensible d'Anna Gavalda. Au cinéma, c'est une autre affaire, les livres sympathiques faisant rarement des films de qualité. D'autant qu'Ensemble, c'est tout est porté à l'écran par Claude Berri, cinéaste pataud touché par la dépression au moment du tournage.
Aidé par François Dupeyron, Berri a réussi malgré tout à livrer un film acceptable : un peu terne et empesé, très Qualité France, mais finalement attachant. Le propos n'a rien d'original : à plusieurs, on est plus fort qu'à un. Et l'on sait très bien dès le début que ces personnages un peu paumés vont tous finir par trouver leur place. Pourtant, comme une sitcom à la française, le film se déguste avec un plaisir coupable. Audrey Tautou est supportable, Canet fait du bon Canet, et l'inconnu Laurent Stocker est excellent en noble bègue. Et puis il est toujours bon d'accepter pendant une heure et demie qu'il est possible de passer d'une solitude erratique à un bonheur total entouré de gens qu'on aime. L'espoir fait vivre...
6/10

14 déc. 2006

HORS DE PRIX

Souvent acclamé par la critique et gentiment salué par le public, Pierre Salvadori est en général l'auteur de comédies plutôt sympathiques mais vraiment très molles. Des films écrits au millimètre, tant et si bien que les comédiens n'ont plus guère de place pour faire leur job et injecter de la folie à l'ensemble.
Hors de prix n'échappe pas vraiment à la règle établie : écrit avec une grande application, le film enchaîne les quiproquos et autres gags avec un sérieux de croque-mort. Chaque enjeu est pesé et pesé encore, et les scènes se succèdent avec une logique telle qu'il n'est pas bien difficile de prévoir leur déroulement. Pas vraiment de fantaisie, aucune hilarité provoquée.
Pourtant, pour la première fois chez l'auteur, les acteurs semblent se lâcher vraiment. Dans son meilleur rôle au cinéma (ce n'était pas dur), Gad Elmaleh campe un formidable monsieur Tout-le-monde qui tente un temps de vivre au-dessus de ses moyens (le quiproquo qui sert de pitch a la bonne idée de ne pas durer tout le film). Avec sa gueule d'ahuri dépressif, il fait sérieusement penser à Buster Keaton (toutes proportions gardées). Face à lui, Audrey Tautou explose en vamp. Un regard de tueuse et un festival de robes de soirées lui donnent une vraie crédibilité en femme fatale. Ce n'était pas gagné.
Outre son rythme un peu faiblard (et son montage lénifiant), Hors de prix a un autre tort, celui d'arriver après le génial Quatre étoiles, où déjà Christian Vincent explorait le monde des grands hôtels, du rapport à l'argent, des losers manipulateurs qui vivent aux crochets des riches. Le duo Isabelle Carré - José Garcia fonctionnait au moins aussi bien que Tautou - Elmaleh, les personnages étaient inattendus et incontrôlables, et la drôlerie omniprésente. Salvadori sait ce qu'il lui reste à faire : dénouer sa cravate et se détendre un peu avant d'écrire son prochain scénario.
6/10

22 mai 2006

DA VINCI CODE

Tirer sur les ambulances n'est vraiment pas une chose louable. Conspué par le grand public depuis sa sortie, Da Vinci Code est un effet un très (mais alors très, très, très) mauvais film.
Adapté du successful roman de Dan Brown (pas lu) (d'ailleurs, c'est drôle, quand on demande aux gens, personne ne l'a lu, à se demander s'il n'y a pas un type qui a acheté tous les exemplaires pour préserver l'humanité), Da Vinci Code était attendu comme le Messie par tous les fanas du bouquin (mais si, mais si, il y en a sans doute qui avouent l'avoir lu et aimé). Et le résultat est loin d'être anecdotique. Car la nullité de Da Vinci Code dépasse l'entendement humain. Presque trop facile à critiquer.
Il y a d'abord la "réalisation" de Ron Howard, honnête tacheron des années 90 qui décida un jour de devenir un cinéaste respectable (et qui n'aurait évidemment pas dû). On a rarement vu un tel hachis parmentier d'images incohérentes, pas montées, granuleuses pour faire du mystère, pas éclairées pour faire dans le français (dans tous les mauvais films américains se déroulant en France, il fait nuit quelle que soit l'heure de la journée). Soulignant comme d'habitude chaque élément au Stabilo (desfois qu'on n'ait pas bien compris), Howard signe sa pire réalisation, ce qui n'est pas peu dire. Son chef op, un certain Salvatore Totino, peut s'estimer heureux d'avoir trouvé du travail sur une production de cette envergure : c'est sans doute la dernière fois.
Il y a ensuite l'adaptation d'Akiva Goldsman. Alors de deux choses l'une : soit le roman de Brown est un incommensurable ramassis de n'importe quoi, une compilation d'énigmes éculées et de stéréotypes sur pattes, soit Goldsman, misérable écrivaillon aux antécédents édifiants, s'est encore surpassé. On ne croit à rien plus d'une seconde, les révélations surprenantes font rire des salles entières, et même les acteurs semblent se demander ce qu'ils font là. C'est le problème avec ce genre de bouquin abracadabrantesque, avec des retournements de situation tous les quarts d'heure et une bonne grosse thèse poisseuse pour faire intelligent : si ça peut éventuellement passer dans un gros pavé de 700 pages, à l'écran on ne voit que le ridicule et la surenchère débile des situations. Rappelons-nous sans rire des adaptations des romanes de Jean-Christophe Grangé. Sans rire, j'ai dit.
Alors forcément, face à un tel ramassis de n'importe quoi, on n'a même pas envie de blâmer les acteurs, pour qui ça n'a pas dû être rigolo tous les jours. Audrey Tautou est parfaitement concentrée sur son anglais, ça lui évite d'avoir à jouer. Tom Hanks s'est laissé pousser les cheveux, c'est sa caution Actor's Studio. Jean Reno est plus drôle que dans La panthère rose. Paul Bettany est très marrant aussi. Heureusement, Monsieur Ian McKellen est là, et nous offre les seuls moments à peu près potables du film (soit environ huit minutes sur cent-cinquante). Le 1/10, c'est pour lui. Et comme on se divertit comme on peut, on se délectera des prestations éclatantes de la fine fleur des comédiens français, de David Saracino à Etienne Chicot, avec une mention spéciale à Denis Podalydès et son sandwich (on ne fait pas un film sur la France sans un petit coup de "les Français sont des feignants").
La thèse (anti-)religieuse du film, elle, n'inspire même pas les quolibets. On est trop occupé à rire pour cela. Et même si elle est mal amenée et archi-téléphonée, il n'est pas interdit d'y trouver un fond d'intérêt. Ce serait quand même fendard que Jésus ait couché, non? Il y a bien des prêtres abstinents qui s'en mordraient les doigts...
On ne tire pas sur une ambulance. Mais quand elle coûte 125 millions de dollars, c'est quand même un devoir que de dénoncer le gigantesque puits de rien qu'est ce Da Vinci Code.
1/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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