Affichage des articles dont le libellé est Cyrielle Claire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cyrielle Claire. Afficher tous les articles

11 avr. 2008

LES RANDONNEURS À SAINT-TROPEZ

C'est fou comme en six semaines tout s'est démodé à vitesse grand V, à commencer par Saint-Tropez. Il n'y en a plus que pour Bergues, les terres ch'timi constituant désormais le top de la hype pour aller passer ses vacances. Les randonneurs à Saint-Tropez contribue à ringardiser encore un peu plus ce temple de la jet-set, où officiait Eddie Barclay lorsqu'il était encore fringant (ou vivant, en tout cas). N'allez pas chercher plus loin : le film de Philippe Harel ne raconte rien, ou alors pas grand chose, juste les vacances de ces cinq personnes qu'on avait croisées dans le GR 20 il y a dix ans.
Cette absence d'intrigue est sans doute ce qui pouvait arriver de mieux au film. Malin comme un singe, Harel évite soigneusement les rebondissements et les excès façon Bronzés 3 (avec, entre autres, la psychopathe et sa griffe de je ne sais plus quoi) et livre une description un peu sommaire de ces vacances, qui tourneront plus ou moins bien pour chacun en fonction des rencontres effectuées. L'univers est propice à une série de scènes amusantes à défaut d'être hilarantes - mais rappelez-vous, dans le sympathique Les randonneurs, on ne s'esclaffait déjà pas vraiment.
L'atout numéro 1 des Randonneurs à Saint-Tropez, c'est ce casting absolument parfait. Les personnages font un peu figure d'archétypes, mais sont si bien troussés qu'il serait malpoli de s'en plaindre. Ces cinq-là se suffisent à eux-mêmes, et là où n'importe quel auteur de suite aurait ajouté une gonzesse par ci, un rigolo par là, Harel joue la carte du status quo et nous évite une indigestion de comiques pas drôles et/ou hystériques. D'où un spectacle assez divertissant, certes un peu moins punchy que le premier film, mais qui lave idéalement la tête en ces temps où l'overdose d'humour ch'ti pointe le bout de son nez. Vivement Les randonneurs à Las Vegas.
6/10

29 mars 2008

SANS ÉTAT D'ÂME

Premier indice indiquant le degré de finesse de Sans état d'âme. Le film va parler des requins que sont les juges, les journalistes, les flics ? Banco : quelques images de requins. Très grande classe. Ce n'est évidemment rien par rapport à la nullité absolue de ce qui suit : on est captivé environ 90 secondes par une intrigue sans doute prévue pour un épisode des Cordier juge et flic mais refusée par TF1 car risquant de faire baisser le niveau de la série. Ensuite, on peut s'amuser à pratiquer ce bon vieux jeu de "devine quelle sera la prochaine scène". Et ne gagner qu'une fois sur deux : à de nombreuses reprises, le scénario Sans état d'âme plonge si abruptement dans la bêtise qu'il devient difficile de le suivre.
Le premier film de Vincenzo Marano va toujours plus loin dans le cliché, le vulgaire, le pathétique, avec un jusqu'auboutisme franchement énervant. Le pire, c'est que les trois (!) scénaristes semblent être persuadés de bout en bout de la finesse totale de leur œuvre. Difficile de choisir la scène la plus explicitement indigente : ce dîner chez les grands bourgeois pour montrer que l'argent ne fait pas le bonheur ? le face-à-face Frémont-Lucas dans un vestiaire de salle de sport pour augmenter le taux de testostérone du film et faire dans la révélation tonitruante ? ou Hélène de Fougerolles observant sa nouvelle amie pute se taper un étalon italien avant de lui confesser son excitation ? Le choix est délicat.
Non, le grand gagnant, c'est décidément l'intégralité de ce Sans état d'âme qui voudrait tant mêler Lumet et Verhoeven mais échoue pitoyablement sans tous les registres. Même le triangle amoureux (la pute aime le juge qui se ferait bien la journaliste qui elle-même vibre pour la pute) est complètement foireux, la plastique de Candice Hugo ne parvenant même plus à rallumer la flamme d'un spectateur qui s'est tailladé les veines depuis longtemps. Directeur de la photo de formation, Marano ferait mieux de retourner à ses premières amours plutôt que de persévérer dans un métier clairement pas fait pour lui.
0/10
(également publié sur Écran Large)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz