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22 mars 2009

COCO

Bonne nouvelle : Gad Elmaleh a fait savoir qu'après Chouchou et Coco il ne souhaitait pas continuer à transformer ses sketches en longs-métrages. C'est tant mieux, car son passage à la réalisation est une vraie calamité. Drôle pendant environ trois minutes, Coco s'embourbe ensuite dans une succession de faux bons mots, de gags répétitifs et d'occasions manquées. Très vite, on s'identifie au personnage du fils, qui semble totalement abattu, exténué par les exaspérantes facéties de son père.
Coco donne une nouvelle fois la mesure du fossé qui sépare les humoristes français de leurs homologues américains. Car Coco ressemble à un héros de Will Ferrell, tant par son mauvais goût prononcé que par l'antipathie qu'il suscite. Seulement, chez Ferrell, la surenchère est imaginative, et le personnage tellement idiot et grotesque qu'il en devient attachant. Ici, on a juste envie de gifler le héros, insupporté par sa voix pourrie et ses réparties formatées. Ce qui pouvait fonctionner sur un sketch de dix minutes semble complètement aberrant sur grand écran. Rien ne vient entraver la marche de Coco : ni une tentative d'intrigue susceptible de casser la routine, ni les personnages secondaires.
Car Coco est désespérément seul en scène, Elmaleh tirant toute la couverture à lui. Les quelques personnages qui gravitent autour de lui sont fantomatiques, et c'est bien dommage. Daniel Cohen ou Manu Payet auraient pu apporter tellement plus, tout comme la fabuleuse Pascale Arbillot, dont on ignorait qu'elle était aussi belle. Autant Chouchou donnait la part belle à Alain Chabat et Roschdy Zem, autant celui-ci semble tout entier tourné vers son réalisateur-scénariste-acteur, qui semble aussi mégalomane que son personnage. Et l'on se dit que l'équilibre trouvé par Dany Boon avec Bienvenue chez les ch'tis n'est pas donné à tout le monde.
2/10

(autre critique sur Sur la route du cinéma)

14 déc. 2006

HORS DE PRIX

Souvent acclamé par la critique et gentiment salué par le public, Pierre Salvadori est en général l'auteur de comédies plutôt sympathiques mais vraiment très molles. Des films écrits au millimètre, tant et si bien que les comédiens n'ont plus guère de place pour faire leur job et injecter de la folie à l'ensemble.
Hors de prix n'échappe pas vraiment à la règle établie : écrit avec une grande application, le film enchaîne les quiproquos et autres gags avec un sérieux de croque-mort. Chaque enjeu est pesé et pesé encore, et les scènes se succèdent avec une logique telle qu'il n'est pas bien difficile de prévoir leur déroulement. Pas vraiment de fantaisie, aucune hilarité provoquée.
Pourtant, pour la première fois chez l'auteur, les acteurs semblent se lâcher vraiment. Dans son meilleur rôle au cinéma (ce n'était pas dur), Gad Elmaleh campe un formidable monsieur Tout-le-monde qui tente un temps de vivre au-dessus de ses moyens (le quiproquo qui sert de pitch a la bonne idée de ne pas durer tout le film). Avec sa gueule d'ahuri dépressif, il fait sérieusement penser à Buster Keaton (toutes proportions gardées). Face à lui, Audrey Tautou explose en vamp. Un regard de tueuse et un festival de robes de soirées lui donnent une vraie crédibilité en femme fatale. Ce n'était pas gagné.
Outre son rythme un peu faiblard (et son montage lénifiant), Hors de prix a un autre tort, celui d'arriver après le génial Quatre étoiles, où déjà Christian Vincent explorait le monde des grands hôtels, du rapport à l'argent, des losers manipulateurs qui vivent aux crochets des riches. Le duo Isabelle Carré - José Garcia fonctionnait au moins aussi bien que Tautou - Elmaleh, les personnages étaient inattendus et incontrôlables, et la drôlerie omniprésente. Salvadori sait ce qu'il lui reste à faire : dénouer sa cravate et se détendre un peu avant d'écrire son prochain scénario.
6/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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