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31 mars 2009

LA PREMIÈRE ÉTOILE

Il est difficile de dire du mal de La première étoile, tant la principale qualité du film de Lucien Jean-Baptiste est sa sincérité et sa fraîcheur. Pour son passage derrière la caméra, l'acteur (vu dans 13 m² et dans la saison 1 de Caméra café) a choisi la carte de la tendresse en envoyant une famille noire de Créteil s'essayer aux joies du ski, et ce malgré une absence criante de moyens financiers. En résulte une gentille comédie bien propre sur elle, un hymne à la tolérance mené par des personnages attachants, un spectacle familial et convivial qui rappelle dans une certaine mesure l'ambiance de Bienvenue chez les ch'tis.
À une énorme nuance près : s'il a succédé au film de Dany Boon en tant que lauréat du festival de l'Alpe d'Huez, La première étoile offre autant de chaleur mais pas autant d'humour. Le comique de la situation (parachuter une famille fauchée et colorée dans un monde snob et à dominante blanche) n'est exploité que du bout des doigts, faisant regretter par exemple le dynamisme du savoureux Rasta Rockett (l'histoire de l'équipe de bobsleigh jamaïcaine aux J.O. de Calgary). Sans doute pour éviter le piège de la ghettoïsation de ses héros, Jean-Baptiste n'exploite pas suffisamment cette idée de contraste. Au final, ça peut donner l'impression d'avoir vu un simple film de vacances fort sympathique, sensation appuyée par le côté rudimentaire de la réalisation.
Reste que la dernière demi-heure est un sommet de bons sentiments fort agréables, agrémentés d'une morale pas trop appuyée et donc plutôt mignonne. Prônant la solidarité et l'union familiale, bénéficiant d'une galerie d'acteurs éminemment attachants (de Michel Jonasz au joliment nommé Jimmy Woha-Woha), c'est donc un spectacle 100% bon esprit, à aller voir avec sa progéniture pour lui donner le goût du cinéma populaire avant de lui proposer des divertissements tenant davantage au corps.
5/10

(autre critique sur Une dernière séance ?)

25 mars 2007

ENSEMBLE, C'EST TOUT

Six cents pages d'un roman-feuilleton sensible, sincère et un peu facile : c'est le programme d'Ensemble, c'est tout, succès populaire compréhensible d'Anna Gavalda. Au cinéma, c'est une autre affaire, les livres sympathiques faisant rarement des films de qualité. D'autant qu'Ensemble, c'est tout est porté à l'écran par Claude Berri, cinéaste pataud touché par la dépression au moment du tournage.
Aidé par François Dupeyron, Berri a réussi malgré tout à livrer un film acceptable : un peu terne et empesé, très Qualité France, mais finalement attachant. Le propos n'a rien d'original : à plusieurs, on est plus fort qu'à un. Et l'on sait très bien dès le début que ces personnages un peu paumés vont tous finir par trouver leur place. Pourtant, comme une sitcom à la française, le film se déguste avec un plaisir coupable. Audrey Tautou est supportable, Canet fait du bon Canet, et l'inconnu Laurent Stocker est excellent en noble bègue. Et puis il est toujours bon d'accepter pendant une heure et demie qu'il est possible de passer d'une solitude erratique à un bonheur total entouré de gens qu'on aime. L'espoir fait vivre...
6/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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