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25 déc. 2008

L'OEIL DU MAL

Pour leur deuxième film ensemble après le sympathique Paranoïak, D.J. Caruso et Shia LaBeouf poursuivent dans une voie qui semble plaire au public : le divertissement hi-tech, parfaitement improbable mais bien troussé. Polar paranoïaque (tiens tiens) mais destiné à tous les publics, L'oeil du mal brille par l'absurdité totale de son scénario, qui enfile les incohérences comme des perles avec ce qui ressemble à du premier degré mais n'en est certainement pas. Il faut d'ailleurs voir le film avec un peu de détachement, sous peine de le trouver juste débile, pas crédible du tout, et donc inintéressant au possible.
Non, L'oeil du mal, c'est d'abord un gros plaisir coupable, qui nous montre un nouveau Big Brother contrôler à la nano seconde près la vie de n'importe quel quidam. Le traitement fait qu'on n'y croit pas une seconde, mais c'est justement là qu'est tout le jus du film : n'importe quoi peut se produire à n'importe quel moment, surtout ce qui n'est pas possible. C'est d'autant plus réussi que Shia LaBeouf s'acquitte de son rôle avec un sérieux de plomb. De deux choses l'une : soit le "nouveau prodige d'Hollywood" (mouais) croit vraiment à ce qu'il joue (et alors c'est grave), soit c'est le roi du deuxième degré (et alors c'est génial).
Bref, ne pas s'attendre à un nouveau Trois jours du condor ou à quelque réflexion sur la vidéo surveillance et les libertés individuelles : L'oeil du mal, c'est le spectacle idéal d'après Noël, permettant de bien digérer et de savourer paisiblement les derniers jours de l'année avant d'attaquer 2009 avec des films tenant un peu plus au corps.
6/10

25 mai 2008

RISE

Sa sortie en catimini à la fin du mois de mai n'a rien d'un hasard : gros bide aux USA, Rise est de plus un film particulièrement difficile à vendre. Le deuxième film de Sebastian Gutierrez (Judas kiss) est une sorte de mixture audacieuse mais indigeste, navigant entre le films de vampires (du Vampires de Carpenter à Underworld) et le vigilante movie à tendance rigolarde (dans un style pas si éloigné de celui de Payback). La première demi-heure met l'eau à la bouche : on nous promet une vengeance aux petits oignons, avec des crocs qui font mal, des petites tortures bien vicieuses et des vampirettes de choc (la très hot Lucy Liu en tête). Rise commence comme un film de genre(s) assumé et un peu vicelard, et c'est assez agréable.
Malheureusement, la suite oublie tout second degré, toute distance, pour mieux (?) se consacrer à son histoire sérieuse comme la pierre. Vengeance il y aura, violence également ; mais Rise perd progressivement son intérêt à mesure que le personnage de Michael 'Vic McKey' Chiklis (dans la peau, devinez quoi, d'un flic prêt à franchir la ligne jaune) prend de l'ampleur. Son duel avec Lucy Liu ne prend jamais vraiment, et les multiples sous-intrigues et personnages de second plan renforcent une désagréable impression d'éparpillement.
Malgré une mise en scène plutôt bien chiadée et un vrai désir (du moins au début) de dépoussiérer le mythe du vampire, Gutierrez livre finalement un pur produit de consommation, aussitôt vu aussitôt oublié, qui confirme que l'on avait sans doute tort d'en faire un futur entertainer de grande qualité. Reste une Lucy Liu assez épatante, mais qui devra encore patienter avant de trouver un rôle à sa mesure dans un vrai bon film.
5/10

6 août 2007

LES 4 FANTASTIQUES ET LE SURFER D'ARGENT

Une vague rumeur laissait penser que Les 4 fantastiques et le surfer d'argent (quel franglais tout pourri) était meilleur que Les 4 fantastiques tout court. Ça n'aurait en effet pas été bien difficile de faire mieux que ce film anecdotique, plus potache qu'autre chose. Mais voilà : au jeu du "on prend les mêmes et on recommence", c'est surtout la routine qui l'emporte. Les 4 fantastiques et le surfer d'argent est exactement aussi médiocre que le précédent, à tel point que cette constance est sans doute ce qu'il y a de plus éblouissant dans le film.
Tim Story revient avec une pleine cargaison de vannes et de situations foireuses, les gags potentiellement rigolos étant souvent désamorcés par la mièvrerie des interprètes (il faut absolument que Chris Evans arrête ce genre de rôle pour se consacrer à du plus solide, comme il l'avait si bien fait dans Sunshine ; il faut également que Jessica Alba et Ioan Gruffud arrêtent le cinéma). La mise en scène absolument transparente met idéalement en valeur des effets spéciaux tout juste corrects. L'audacieuse tentative de livrer un grand méchant en images de synthèse était gonflée, mais le surfe(u)r d'argent est aussi effrayant qu'une part de pizza. Quant à Julian McMahon, qui revient dans le rôle de Von Doom (Galactus en VF), il tend à confirmer qu'il n'a sa place que dans Nip/Tuck (attendez de le voir dans Prémonitions, vous allez rire). Pour le spectateur blasé, la courte durée du film (moins d'une heure trente) est une bénédiction, mais il faut bien reconnaître que cela nuit également au développement potentiel de l'embryon d'intrigue qui obstrue son milieu : à peine les problèmes exposés, ils sont résolus, et ni la tension (un bien grand mot) ni les méchants n'ont le temps de s'épanouir.
Reste à espérer que Tim Story arrête les frais et n'envisage pas un troisième volet ; les "numéro 3" étant souvent les plus mauvais, on n'ose même pas imaginer quel pourrait être le résultat.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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