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25 mai 2008

RISE

Sa sortie en catimini à la fin du mois de mai n'a rien d'un hasard : gros bide aux USA, Rise est de plus un film particulièrement difficile à vendre. Le deuxième film de Sebastian Gutierrez (Judas kiss) est une sorte de mixture audacieuse mais indigeste, navigant entre le films de vampires (du Vampires de Carpenter à Underworld) et le vigilante movie à tendance rigolarde (dans un style pas si éloigné de celui de Payback). La première demi-heure met l'eau à la bouche : on nous promet une vengeance aux petits oignons, avec des crocs qui font mal, des petites tortures bien vicieuses et des vampirettes de choc (la très hot Lucy Liu en tête). Rise commence comme un film de genre(s) assumé et un peu vicelard, et c'est assez agréable.
Malheureusement, la suite oublie tout second degré, toute distance, pour mieux (?) se consacrer à son histoire sérieuse comme la pierre. Vengeance il y aura, violence également ; mais Rise perd progressivement son intérêt à mesure que le personnage de Michael 'Vic McKey' Chiklis (dans la peau, devinez quoi, d'un flic prêt à franchir la ligne jaune) prend de l'ampleur. Son duel avec Lucy Liu ne prend jamais vraiment, et les multiples sous-intrigues et personnages de second plan renforcent une désagréable impression d'éparpillement.
Malgré une mise en scène plutôt bien chiadée et un vrai désir (du moins au début) de dépoussiérer le mythe du vampire, Gutierrez livre finalement un pur produit de consommation, aussitôt vu aussitôt oublié, qui confirme que l'on avait sans doute tort d'en faire un futur entertainer de grande qualité. Reste une Lucy Liu assez épatante, mais qui devra encore patienter avant de trouver un rôle à sa mesure dans un vrai bon film.
5/10

15 mai 2008

CLEANER

Ça commence plutôt bien. Après l'atrocissime Pacte du sang, Renny Harlin semble avoir retrouvé la raison, et s'amuse à nous raconter le quotidien d'un serial cleaner. La mise en scène est appliquée, le sujet amusant, et l'exposition de l'affaire policière intrigante. Vingt-cinq petites minutes somme toute assez divertissantes, qui vont hélas donner suite à une heure d'ennui mortel et de totales conventions. On voulait voir un film sur un nettoyeur de scènes de crimes, et voilà qu'on nous sert un polar façon TF1 avec flics ripoux et secrets naphtalinés. Le réveil de Renny n'est pas pour aujourd'hui.
Le pire, c'est que le Renny d'avant, dont la carrière a atteint son apogée avec l'hilarant Mindhunters , était le roi du plaisir coupable et du second degré plus ou moins involontaire (plutôt moins, d'ailleurs). Mais voilà que depuis deux films, il se fait juste ennuyeux, lénifiant, comme trop vieux pour un cinéma de genre trop exigeant pour lui. Point d'éclats de rire dans Cleaner, rien d'assez excessif pour séduire, et même pas tout à fait assez de sang. C'est bien de la jouer "film sage", mais quand même. À la base, les influences du film semblaient être les excellentes séries Six feet under (avec, outre le thème de la mort qui rode, quelques personnages secondaires très très ressemblants) et Dexter (avec son héros qui se fiche du sang comme de sa première culotte). Cleaner n'a malheureusement ni le style, ni la profondeur, ni le léger voile de subversion de ces deux séries. Pour passer à ce point à côté d'un sujet en or, il fallait soit être complètement dépourvu de talent, soit l'avoir fait exprès. Et Harlin n'a plus tout à fait le bénéfice du doute.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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