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25 déc. 2008

L'OEIL DU MAL

Pour leur deuxième film ensemble après le sympathique Paranoïak, D.J. Caruso et Shia LaBeouf poursuivent dans une voie qui semble plaire au public : le divertissement hi-tech, parfaitement improbable mais bien troussé. Polar paranoïaque (tiens tiens) mais destiné à tous les publics, L'oeil du mal brille par l'absurdité totale de son scénario, qui enfile les incohérences comme des perles avec ce qui ressemble à du premier degré mais n'en est certainement pas. Il faut d'ailleurs voir le film avec un peu de détachement, sous peine de le trouver juste débile, pas crédible du tout, et donc inintéressant au possible.
Non, L'oeil du mal, c'est d'abord un gros plaisir coupable, qui nous montre un nouveau Big Brother contrôler à la nano seconde près la vie de n'importe quel quidam. Le traitement fait qu'on n'y croit pas une seconde, mais c'est justement là qu'est tout le jus du film : n'importe quoi peut se produire à n'importe quel moment, surtout ce qui n'est pas possible. C'est d'autant plus réussi que Shia LaBeouf s'acquitte de son rôle avec un sérieux de plomb. De deux choses l'une : soit le "nouveau prodige d'Hollywood" (mouais) croit vraiment à ce qu'il joue (et alors c'est grave), soit c'est le roi du deuxième degré (et alors c'est génial).
Bref, ne pas s'attendre à un nouveau Trois jours du condor ou à quelque réflexion sur la vidéo surveillance et les libertés individuelles : L'oeil du mal, c'est le spectacle idéal d'après Noël, permettant de bien digérer et de savourer paisiblement les derniers jours de l'année avant d'attaquer 2009 avec des films tenant un peu plus au corps.
6/10

7 sept. 2008

MANIPULATION

Le titre original du premier film de Marcel Langenegger est Deception. Et c'est une drôle de déception de voir deux acteurs appréciables (Ewan McGregor et Hugh Jackman) s'enliser dans ce genre de petit thriller aussi idiot que déjà vu. Avec son personnage principal en forme de pantin, Manipulation tente de marcher sur les traces des meilleurs films de David Mamet et de John Dahl. Mais qui dit pantin dit ficelles, et celles-ci sont si mal dissimulés que le film ne prête qu'à rire alors qu'il cherchait à nous mystifier.
Tout est dans la bande-annonce : le gentil comptable mollement incarné par McGregor est d'abord séduit par ce salaud de Jackman, avant de succomber au charme (mouais) de Michelle Williams et de se retrouver malgré lui dans une affaire de chantage et de malversations financières. Et après ? Rien. Il faut une heure au réalisateur pour mettre tout cela en place, et une fois cette laborieuse exposition effectuée, on se dirige tout droit vers la conclusion. Celle-ci propose évidemment un léger retournement de situation, aussi attendu que capillotracté, ne faisant qu'accroître la consternation générale. Impossible de dire qui du scénario ou de la mise en scène est le plus téléphoné ; tout concourt en tout cas à faire de Manipulation un ratage abyssal, comme un tour de bonneteau exécuté par un apprenti prestidigitateur ne parvenant pas à dissimuler les cartes qu'il retient dans sa manche. Autant dire que c'est un film plus que dispensable.
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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