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27 avr. 2008

27 ROBES

Pour commencer en parfait gentleman, il y avait de quoi se réjouir à l'idée de passer plus de deux heures en compagnie de Katherine Heigl, cette sacrée gonzesse. Et sacrée actrice, surtout : de loin la meilleure de la série Grey's anatomy, malgré un personnage pas toujours facile à suivre. Après un En cloque des plus sympathiques, la revoici sur grand écran, à l'occasion d'un 27 robes fleurant bon (ou pas) la comédie romantique bien guimauve mais avec du chien.
Bien guimauve, oui. Avec du chien, malheureusement, non. 27 robes, c'est d'abord un imbroglio sentimental peu original et étiré sur deux heures comme s'il s'agissait d'une tragédie grecque. Il faut vraiment être extrêmement sentimental, ou une fille, pour parvenir à se prendre au jeu. L'ensemble manque copieusement de second degré et d'humour. Pour le spectateur mâle, c'est quasiment un documentaire sur l'obsession de certaines demoiselles pour le mariage et les robes blanches, même s'il a suffi d'un seul épisode à Friends pour expliquer cette fascination mieux qu'ici. L'ensemble est loin d'être désagréable, notamment à l'énergie de l'actrice principale, mais c'est typiquement le genre de film qui s'oublie illico une fois vu. D'autant que James Marsden ressemble plus à une andouille qu'à un jeune premier (il n'est pas spécialement mauvais, mais sa tronche de bellâtre ne colle pas avec son rôle à la Hugh Grant), et qu'Edward Burns est incroyablement ennuyeux en homme parfait. 27 robes est définitivement le film du girl power, puisque le seul personnage secondaire vraiment accrocheur est celui interprété par Malin Akerman, déjà explosive il y a peu chez les Farrelly.
Quittant la salle en baillant, le mâle que je suis se rendit compte qu'il était le seul spectateur de la séance à porter un chromosome Y. Il fallait sans doute être idiot pour ne pas comprendre que 27 robes est un film fait par des filles et pour des filles. Et que tous les auteurs de comédies romantiques ne s'appellent pas Richard Curtis.
4/10
(également publié sur Écran Large)

7 janv. 2007

THE HOLIDAY

Ça commence comme un calvaire. Nancy Meyers propose les histoires croisées de deux jeunes femmes qui ne se connaissent pas mais partagent les même souffrances les hommes, tous des bâtards) et la même solitude. Hystérie, surjeu, larmes de crocodile, bavardages incessants : si la première heure de The holiday ressemble à des vacances, alors elles se déroulent certainement en enfer. Envie de foutre des claques à Cameron Diaz, envie de secouer cette pauvre Kate Winslet, envie de quitter la salle.
Que les chiennes de garde passent leur chemin, elles risqueraient de prendre la mouche : si The holiday finit par devenir un spectacle sympathique et plutôt mignon, c'est uniquement grâce aux hommes. Quand ceux-ci entrent en scène, ils apportent la fraîcheur dont on manquait cruellement depuis le début. Il y a d'abord Jude Law, play-boy attachant et effronté ; Eli Wallach, de plus en plus vieux mais toujours aussi savoureux ; et surtout le grand Jack Black, inattendu dans un film de ce genre, mais dont les mimiques et l'énergie apportent beaucoup au film. Grâce à ces trois-là, on peut enfin s'amuser un peu ; et même si The holiday n'a rien de follement original, si l'happy end est un peu forcée, la dernière impression laissée par le film est bien meilleure que l'état d'accablement dans lequel nous avait laissé le début.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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