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13 juin 2007

FAUSSAIRE

Ce qu'il y a d'agréable avec les cinéastes médiocres, c'est quand ils débarquent sans prévenir, avec un bon film sous le bras. Réalisateur peu renversant, Lasse Hallström livre avec Faussaire une œuvre assez séduisante sur la manipulation et ses conséquences. Avec un rien de mauvais esprit, on pourrait affirmer qu'il n'est en rien responsable de la réussite du film : la mise en scène, purement illustrative, manque cruellement de personnalité. Mais, plutôt que d'aligner les mauvaises idées, mieux vaut ne pas en avoir du tout. Disparaissant totalement derrière son sujet, Hallström laisse le spectateur se concentrer sur l'essentiel, l'histoire passionnante d'un canular à la portée plus importante qu'il n'y paraît.
Outre les nombreux rebondissements, improbables mais avérés, qui ont jalonné l'écriture par Clifford Irving de cette fausse autobiographie de Howard Hughes, c'est par ses incessants jeux de miroir que Faussaire séduit. De façon assez élégante, le scénario dresse les portraits parallèles de deux hommes foncièrement différents, qui ne se rencontreront jamais mais finiront par ne faire plus qu'un. Mêmes obsessions, mêmes hallucinations. Sauf que là même où l'écrivain-faussaire finit par découvrir que l'imagination a ses limites, le milliardaire-victime démontre que la réalité l'emporte toujours.
Omniprésent d'un bout à l'autre du film (il est Irving, tandis que Hughes n'est jamais représenté que par des images d'archives), Richard Gere fait preuve d'une maturité inespérée. Reconnaissance éternelle à Lasse Hallström de l'avoir sorti de ses innombrables tics de comédie (yeux plissés pour le mystère, tête penchée vers le ciel pour la réflexion…) : seuls Coppola et Altman y étaient parvenus avant lui. Et même s'il manque d'un vrai point de vue de cinéaste, Faussaire est un divertissement très futé, complément idéal de la (vraie) bio de François Forestier et de l'Aviator de Scorsese pour une vue d'ensemble de l'insaisissable monsieur Hughes.
7/10
(également publié sur Écran Large)

7 janv. 2007

THE HOLIDAY

Ça commence comme un calvaire. Nancy Meyers propose les histoires croisées de deux jeunes femmes qui ne se connaissent pas mais partagent les même souffrances les hommes, tous des bâtards) et la même solitude. Hystérie, surjeu, larmes de crocodile, bavardages incessants : si la première heure de The holiday ressemble à des vacances, alors elles se déroulent certainement en enfer. Envie de foutre des claques à Cameron Diaz, envie de secouer cette pauvre Kate Winslet, envie de quitter la salle.
Que les chiennes de garde passent leur chemin, elles risqueraient de prendre la mouche : si The holiday finit par devenir un spectacle sympathique et plutôt mignon, c'est uniquement grâce aux hommes. Quand ceux-ci entrent en scène, ils apportent la fraîcheur dont on manquait cruellement depuis le début. Il y a d'abord Jude Law, play-boy attachant et effronté ; Eli Wallach, de plus en plus vieux mais toujours aussi savoureux ; et surtout le grand Jack Black, inattendu dans un film de ce genre, mais dont les mimiques et l'énergie apportent beaucoup au film. Grâce à ces trois-là, on peut enfin s'amuser un peu ; et même si The holiday n'a rien de follement original, si l'happy end est un peu forcée, la dernière impression laissée par le film est bien meilleure que l'état d'accablement dans lequel nous avait laissé le début.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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