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23 févr. 2009

PUSH

Annoncé comme un nouveau Jumper, réalisé par le tacheron Paul McGuigan, massacré à sa sortie par le distributeur... Autant dire que Push partait avec plus d'un désavantage. Mais si le film n'a rien de bien révolutionnaire, il vaut pourtant bien mieux que cela, d'abord grâce à un scénario inventif et plutôt habile. La mise en place a de quoi surprendre : après un court flashback en ouverture, on entre de plein fouet dans l'action, confronté à différents types de surdoués (watchers, sniffers, etc.) sans rien connaître ni de leur passé, ni de la mythologie de leur "espèce". C'est un peu comme commencer à regarder Heroes en plein milieu de la première saison : il y a plein de personnages, plein de références, on ne comprend pas tout, et il y a de quoi se perdre.
Sauf que dans Push, égarer le spectateur est un sacerdoce, et le film parvient à faire naître un certain mystère de ses personnages, dont on ignore suffisamment de choses pour qu'ils conservent une vraie aura jusqu'au bout. D'autant que les dons des héros, principalement mentaux, n'imposent pas un grand nombre d'effets spéciaux, ce qui change assez agréablement des habitudes pyrotechniques de ce genre de film. On s'arrête là pour les compliments : car McGuigan reste un affreux yes man à la mise en scène malpropre et impersonnelle et à la direction d'acteurs approximative. Il faut dire que son casting de seconde zone (Camilla Belle, Djimon Hounsou, Dakota Fanning) n'avait pas vraiment de quoi faire des merveilles... Quoi qu'il en soit, Push reste un divertissement pas idiot, en tout cas moins que la moyenne des pop corn movies qui envahissent nos écrans à longueur d'année.
5/10

30 nov. 2008

-Home delivery- [episode 1 : ascenseurs, farfadets et gros bourrins]

Près d'un an après la cessation d'activité d'Avoir raison à la maison, voici -Home delivery-, bilan plus ou moins régulier des dernières sorties DVD. Soit un bref passage en revue des films n'ayant pas eu les honneurs des salles, ou qui m'avaient échappé...

Merveilleux au rabais
Le semi-échec de Spiderwick en salles s'explique par son scénario inabouti et ses scènes d'action trop effrayantes pour les mioches. Ça charcle sans répit, et les membres tranchés et passage à trépas sont légion. Sinon, c'est un film bien sous tous rapports, avec son petit héros propre sur lui (l'inévitable Freddie Highmore, dans un double rôle) et sa morale républicaine (isolationnisme, auto-défense et massacre des étrangers). Pas détestable du tout, mais franchement inoffensif. Heureusement, il y a Mary Louise Parker, lovely MILF qui finit par se rallier à ses mioches pour bouter l'envahisseur hors de chez elle.
4/10
Les chroniques de Spiderwick de Mark Waters. Sortie en salles : 16 avril 2008. Sortie en DVD & Blu-ray : 12 novembre 2008. Paramount home entertainment.



Bas étage
Trois personnes, un ascenseur, 24 heures d'enfermement... et un serial killer, promis sur la jaquette. Au final, Blackout est un film vide de sens, une heure d'expectative (flashbacks inutiles et fragments de suspense) pour vingt minutes de résolution d'une énigme que le réalisateur avait soigneusement oublié de poser. Sans enjeu ni intensité, cette série B bien maigrichonne mérite de rester tout au fond des bacs des vidéo-clubs. Préférez revoir L'ascenseur de Dick Maas, très daté mais fichtrement amusant.
2/10
Blackout de Rigoberto Castañeda. Direct to video. Sortie en DVD & Blu-ray : 9 décembre 2008. Seven 7.



Con comme un biceps

Never back down est évidemment le genre de film dont on peut dire tout et son contraire. Intelligent comme un teen movie mâtiné de Dolph Lundgren, c'est un gros machin bien bourrin avec une ribambelle de dialogues clichés et de combats qui assurent l'essentiel. On peut choisir de prendre ça au millième degré afin de passer un bon moment. Cela n'empêche pas de constater les défauts de ce très long-métrage de presque deux heures. À la rigueur, mieux vaut (re)voir un bon vieux Van Damme. À la rigueur.
2/10
Never back down de Jeff Wadlow. Sortie en salles : 16 avril 2008. Sortie en DVD & Blu-ray : 12 novembre 2008. Warner home video.

1 févr. 2007

BLOOD DIAMOND

Aucun doute, Blood diamond est un film d'Edward Zwick. Comme toujours, le réalisateur américain mêle au divertissement une réflexion politique et une dénonciation de pratiques scandaleuses mais avérées. On obtient ici un mélange très homogène, au traitement moyennement original (récemment, dans le genre, des films comme The constant gardener étaient plus fins et personnels), mais à l'incontestable potentiel de divertissement.
Comme d'habitude chez Zwick, ce n'est pas le beau gosse dont le nom trône en haut de l'affiche qui importe le plus, mais plutôt les seconds rôles, issus d'ethnies ou de castes méprisées et spoliées. Après Sami Bouajila et Ken Watanabe, c'est à Djimon Hounsou de remplir cette fonction. Le personnage-clé du film, c'est lui, pas un autre. Habitué à des rôles plus bourrins, Hounsou montre enfin qu'il a un vrai talent d'acteur, confirmant les lointaines promesses d'Amistad. Face à lui, Jennifer Connelly est presque trop belle pour être crédible. Quand à Leo di Caprio, dans une prestation interchangeable (ce genre de rôle que Pitt, Cruise et quelques autres auraient pu tenir avec autant de talent), il manque encore un peu de maturité pour être vraiment crédible dans un rôle de vrai mâle.
Mais Edward Zwick, c'est aussi des films trop longs et scolaires avec ce qu'il faut de bons sentiments : ici, il faut accepter que le chasseur de diams sans scrupules devienne soudainement un grand altruiste au coeur pur. Dans ce genre de moment, que l'action se déroule en Sierra Leone ou ailleurs, on réalise surtout que l'on n'a jamais vraiment quitté Hollywood.
7/10

20 déc. 2006

ERAGON

Noël, c'est du monde dans les magasins, des aiguilles de sapin un peu partout et des gosses qui piaillent. Mais depuis quelques années, une tradition supplémentaire est venue s'ajouter à la liste : chaque Noël sort un gros machin d'heroic-fantasy sans âme ni saveur. Cette année, le machin en question s'appelle Eragon (c'est presque comme dragon sauf que non, voyez le genre), et il est assez gratiné.
Il suffit en fait de deux plans pour avoir envie de fuir à toutes jambes. Le premier est une longue déambulation dans le ciel en caméra subjective. D'un coup, hop, on baisse les yeux et on s'aperçoit que l'on est sur un dragon. Enfin, c'est l'intention qu'avait le réalisateur : en fait, le dragon en question est clairement un vague tube de cuivre repeint et décoré. C'est cheap.
Le deuxième plan nous montre John Malkovich. Visiblement éclairé par la lumière d'un frigo mal fermé, Malko nous offre un rictus pathétique nous faisant comprendre que les acteurs ne seront pas meilleurs que les effets spéciaux. Et ça ne fait que se confirmer tout au long du film, avec une palme à Robert Carlyle, vraiment nul, et à Gary Lewis, qui ne dit presque rien mais qui semble se croire dans une parodie du Seigneur des anneaux. Et ne parlons même pas de l'endive qui endosse le rôle-titre.
L'histoire? Boarf. Un jeune type de 17 ans découvre un jour un oeuf ressemblant à un gros Tic Tac (mais bleu). En sort un dragon (bleu lui aussi), dont il devient le maître et le partenaire pour faire la nique à un gros vilain nomme Galbatorix (mouhahaha). Bref, c'est sans intérêt aucun. Et c'est en voyant ce genre de pompe à fric (avec des suites potentielles, en plus) que l'on se convainc si besoin à quel point messieurs JRR Tolkien et Peter Jackson sont des gens très doués : leur trilogie était complexe mais compréhensible, habitée mais pas ridicule, âpre et magnifiquement filmée. Eragon en est le strict négatif et finit par ressembler à une mauvaise parodie. Mieux vaut garder ses sous pour faire un plus gros cadeau à sa mémé.
1/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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