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16 mars 2009

UNBORN

David S. Goyer a toujours été un gros frimeur, prétendant donner à tout le monde des leçons de culture comics et de cinéma qui charcle. Certes, il a aidé à écrire The dark knight ; mais Goyer, c'est avant tout un réalisateur médiocre, qui multiplie les projets excitants (pour qui ne le connaît pas) mais ne livre au final qu'une morne série B (ou Z) par an. Bien qu'assez alléchant, Unborn n'échappe pas à la règle : ce cocktail exorcisme / gémelleité / fantômes du nazisme est d'une extrême fadeur, rappelant par sa mollesse l'ennuyeux Invisible.
Côté mise en scène, Goyer aurait tendance à progresser : Unborn ressemble davantage à un film que les précédents, qui auraient parfaitement trouvé leur place un samedi sur M6. Il y a des plans intéressants, un début d'ambiance dans les dix premières minutes, et presque un style. Celui-ci n'est malheureusement au service de rien du tout, cette bête (oui, c'est le mot) histoire de possession se terminant aussi vite qu'elle avait commencé, après soixante-quinze minutes parfois ridicules mais toujours ennuyeuses. Que vient faire Gary Oldman en spécialiste du surnaturel ? On l'ignore. Que vient-on faire dans cette salle ? On ne le sait pas plus. Sursauter une fois ou deux à cause d'effets horrifiques efficaces mais faciles. Rien de plus.
Le seul point fort de tout cela, c'est l'actrice principale, malheureusement affublée du patronyme d'Odette Yustman. On dirait une Megan Fox débarrassée de toute forme de vulgarité mais avec pas mal de talent. Elle est une scream queen assez convaincante et plutôt jolie, ce que Goyer ne manque pas de nous rappeler régulièrement à coups de plans bien placés (rien que l'affiche...). Rien que pour elle, on a envie de s'accrocher pendant cette grosse heure un peu grossière, confirmant que son réalisateur n'est qu'un gros tacheron qui se la pète.
3/10

29 juil. 2007

INVISIBLE

À force de se prendre au sérieux et de se vendre comme le spécialiste du comic et du fantastique en tous genres, David S. Goyer a fini par devenir la risée d'Hollywood. D'abord à cause de son Blade trinity, conclusion affreuse d'une trilogie déjà dispensable ; et maintenant avec Invisible, teen movie vaguement fantastique aussi excitant qu'un verre d'Efferalgan. Avec un principe vu mille fois : le mort qui rôde pour aider à capturer son vilain meurtrier. Les fans de Patrick Swayze s'arracheront les cheveux et courront voir Ghost pour la millième fois, les autres revoir quelques séries Z de papa. À la sauce ado, l'intrigue d'Invisible ne prend décidément pas : le héros est un djeunz mal dans sa peau qui doit sans doute écouter Kyo lorsqu'il a envie de s'amuser. Pas très futé, il met des plombes avant de comprendre qu'il est un fantôme et que personne (ou presque) (notez le "ou presque") ne peut le voir ni l'entendre.
La seule bonne idée du film n'est même pas bien exploitée : celle d'utiliser le fameux sixième sens des animaux pour aiguiller les enquêteurs et faire avancer les choses. Un chien, un nuage de pigeons, et l'idée s'envole. Le reste d'Invisible ne sera que rock'n'teen pour suicidaires en baggy et rebondissements nullos qui auraient parfaitement trouvé leur place dans une série M6 (avec David Boreanaz dans le rôle-titre, par exemple). Scénariste souvent correct, David S. Goyer n'est décidément pas fait pour la mise en scène. Il ne semble malheureusement pas vouloir en rester là.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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