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5 juil. 2009

TOY BOY

Il y a encore quelques années, Ashton Kutcher n'était que le jeune échalas de That's 70's show qui se tapait Demi Moore sur un malentendu. Toy boy remet les pendules à l'heure : Kutcher est non seulement un très bon acteur lorsqu'il trouve rôle à sa mesure, mais c'est qui plus est une véritable bombe sexuelle, à la fois charmeur et terriblement affûté. Soit l'interprète idéal de ce profiteur de talent qui joue sans le dire les gigolos pour mieux profiter du compte en banque de riches femmes esseulées. Très cul et très ludique, Toy boy montre au départ quelles sont les techniques déployées par Nikki pour s'attirer les faveurs des rentières sans passer pour une pute de passage. Sachant que la cible choisie par le réalisateur David Mackenzie est une Anne Heche au top de sa forme, la première partie du film se fait extrêmement aphrodisiaque et donne envie de se jeter sur son éventuel(le) voisin(e) de siège, ou à défaut sur un accoudoir. Le rafraîchissement idéal pour l'été.
Mais Toy boy va bien plus loin que ce petit jeu de manipulation érotique et franchement fun : prenant peu à peu un tour plus dramatique, il fonctionne alors sur le principe de l'arroseur arrosé, de la façon la plus retorse qui soit. Et ce pauvre Ashton, toujours torse nu histoire de satisfaire la moitié de l'assemblée, de se retrouver pris au piège d'un jeu de la séduction finalement assez complexe. Le tout est arrosé d'un cynisme pour le moins délicieux, et ne se dépare jamais d'un humour explorant toutes les gammes. Facile à suivre mais beaucoup moins bêta qu'il n'y paraît, Toy boy fonctionne vraiment de fort belle manière, confirmant le talent singulier d'un Mackenzie déjà responsable de Young Adam et My name is Hallam Foe.
Arrive un moment où l'on réalise que Toy boy, malgré quelques plans amusant çà et là, n'est pas tant une comédie que cela. La dernière demi-heure va clairement dans une direction opposée, le beau gosse fringant du début ayant bien du mal à retrouver sa fougue d'antan pour tout un tas de raisons. Le message a le mérite d'être clair : parmi les bellâtres et bombasses pensant que le jeu de la séduction suffira à leur assurer un avenir, beaucoup vont au devant de grandes désillusions, et ce indépendamment de leurs probables qualités. Utilisant le culte de l'image pour rendre son film sexy tout en le démontant consciencieusement, Mackenzie réussit un film plein et presque sans défauts, auquel on pourra tout juste reprocher quelques séquences un peu téléphonées en fin de course. Mais, à l'image de son fabuleux plan final mettant aux prises un crapaud et une souris, Toy boy est un film qui prend des risques et les assume jusqu'au bout.




Toy boy (Spread) de David Mackenzie. 1h35. Sortie : 08/07/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Sur la route du cinéma.

29 juil. 2007

INVISIBLE

À force de se prendre au sérieux et de se vendre comme le spécialiste du comic et du fantastique en tous genres, David S. Goyer a fini par devenir la risée d'Hollywood. D'abord à cause de son Blade trinity, conclusion affreuse d'une trilogie déjà dispensable ; et maintenant avec Invisible, teen movie vaguement fantastique aussi excitant qu'un verre d'Efferalgan. Avec un principe vu mille fois : le mort qui rôde pour aider à capturer son vilain meurtrier. Les fans de Patrick Swayze s'arracheront les cheveux et courront voir Ghost pour la millième fois, les autres revoir quelques séries Z de papa. À la sauce ado, l'intrigue d'Invisible ne prend décidément pas : le héros est un djeunz mal dans sa peau qui doit sans doute écouter Kyo lorsqu'il a envie de s'amuser. Pas très futé, il met des plombes avant de comprendre qu'il est un fantôme et que personne (ou presque) (notez le "ou presque") ne peut le voir ni l'entendre.
La seule bonne idée du film n'est même pas bien exploitée : celle d'utiliser le fameux sixième sens des animaux pour aiguiller les enquêteurs et faire avancer les choses. Un chien, un nuage de pigeons, et l'idée s'envole. Le reste d'Invisible ne sera que rock'n'teen pour suicidaires en baggy et rebondissements nullos qui auraient parfaitement trouvé leur place dans une série M6 (avec David Boreanaz dans le rôle-titre, par exemple). Scénariste souvent correct, David S. Goyer n'est décidément pas fait pour la mise en scène. Il ne semble malheureusement pas vouloir en rester là.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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