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26 avr. 2009

DRAGONBALL EVOLUTION

Doté d'un budget de 45 millions d'euros, Dragonball evolution (évolution ?) en a rapporté moins de 10 aux États-Unis, et peine à atteindre les 200.000 entrées en France. Cela méritait donc de se pencher sur ce problème épineux : mais pourquoi diable le film de James Wong est-il un tel bide ? L'oeuvre d'Akira Toriyama s'est toujours vendue comme des petits pains, la génération club Dorothée est en âge d'aller au cinéma sans ses parents, le réalisateur a montré son savoir-faire technique sur Destination finale 1 & 3... Mais, grands dieux, pourquoi tant d'indifférence ?
La réponse est on ne peut plus claire. Dragonball evolution est un film absolument nul, un ratage complet, un machin bâclé comme on pensait n'en voir qu'en France (à ce propos, avez-vous vu Humains ?). Et une hérésie totale si l'on en croit les fans de cette épopée mangaesque. Seulement voilà : le film de James Wong est tellement dépourvu d'âme qu'il est même difficile de s'en amuser, de se taper sur les cuisses en savourant son potentiel nanardesque. Dragonball evolution, c'est la platitude même, l'ennui permanent, la fadeur incarnée, même pas assez ridicule pour devenir un bon gros plaisir coupable. Il fallait le faire.
D'une durée de 70 minutes générique exclu, l'ensemble ressemble à un long chemin de croix au cours duquel rien ne retient l'attention plus de deux secondes (si ce n'est le décolleté de Jamie "Chi Chi" Chung, bientôt chez Zack Snyder). Les effets spéciaux sont consternants mais pas tout à fait assez ratés pour devenir délectables. Les scènes de combat sont filmées avec les pieds, mais si courtes qu'il est difficile d'entrer dans l'ambiance et de s'en amuser. Les acteurs sont translucides, à commencer par un Justin Chatwin pitoyable et un James Marsters ni effrayant ni grand guignolesque en Piccolo (qui ressemble au djinn de Wishmaster). Seul Chow Yun-fat fait le spectacle, et quel spectacle : il noue la joue façon de Funès et parviendrait presque à nous sortir de notre torpeur.
Voilà donc le problème : contrairement à d'autres navets du même type, Dragonball evolution ne figurera jamais dans la liste de ces nanars absolus qu'il convient de louer entre amis pour se taper une bonne crise de rire. Il risque plutôt de créer une franche déprime, voire un assoupissement collectif. C'est dire la faillite de James Wong, qui nous ferait presque regretter un type comme Uwe Boll, dont le traitement nettement plus outrancier et foireux aurait constitué l'assurance d'un bon moment.
1/10
(également publié sur Écran Large)

(autre critique sur Une dernière séance ?)

29 juil. 2007

INVISIBLE

À force de se prendre au sérieux et de se vendre comme le spécialiste du comic et du fantastique en tous genres, David S. Goyer a fini par devenir la risée d'Hollywood. D'abord à cause de son Blade trinity, conclusion affreuse d'une trilogie déjà dispensable ; et maintenant avec Invisible, teen movie vaguement fantastique aussi excitant qu'un verre d'Efferalgan. Avec un principe vu mille fois : le mort qui rôde pour aider à capturer son vilain meurtrier. Les fans de Patrick Swayze s'arracheront les cheveux et courront voir Ghost pour la millième fois, les autres revoir quelques séries Z de papa. À la sauce ado, l'intrigue d'Invisible ne prend décidément pas : le héros est un djeunz mal dans sa peau qui doit sans doute écouter Kyo lorsqu'il a envie de s'amuser. Pas très futé, il met des plombes avant de comprendre qu'il est un fantôme et que personne (ou presque) (notez le "ou presque") ne peut le voir ni l'entendre.
La seule bonne idée du film n'est même pas bien exploitée : celle d'utiliser le fameux sixième sens des animaux pour aiguiller les enquêteurs et faire avancer les choses. Un chien, un nuage de pigeons, et l'idée s'envole. Le reste d'Invisible ne sera que rock'n'teen pour suicidaires en baggy et rebondissements nullos qui auraient parfaitement trouvé leur place dans une série M6 (avec David Boreanaz dans le rôle-titre, par exemple). Scénariste souvent correct, David S. Goyer n'est décidément pas fait pour la mise en scène. Il ne semble malheureusement pas vouloir en rester là.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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