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12 sept. 2009

FrightFest 2009 : INFESTATION

Quelquefois, l'absence de budget entraîne une certaine indulgence vis-à-vis du film en question. Ce qui est, il faut bien le reconnaître, un peu injuste. En revanche, lorsqu'un film fait de son côté cheap un pur atout, sans en faire un moyen d'attendrir le spectateur mais en l'assumant pleinement quitte à en rajouter, cela peut devenir absolument jubilatoire. C'est exactement ce qui se produit avec cet Infestation, qui se présente comme un successeur d'Arachnophobie et Arac attack, mais va finalement bien plus loin dans la déconne et le style drive-in movie. Les premières minutes donnent le ton : alors qu'ils font mumuse au lieu de travailler, des employés de bureau plus que branleurs sont tout à coup envahis par des vilains bébêtes qui les enroulent dans des cocons dégueulasses et étouffants. Pourquoi ? Comment ? On n'en sait rien, et on s'en fiche : l'important, c'est que ces drôles de textures et ces bestioles répugnantes ont tendance à faire dégobiller les êtres humains.
Qu'on se rassure : Infestation ne restera pas longtemps dans une veine scato-vomi, trimbalant son humour ravageur dans d'autres registres toujours léger mais sans cesse différent. Interprété par le savoureux Chris Marquette (Fanboys), le héros est un branleur de première qui pense qu'une invasion d'insectes géants est le meilleur moyen d'emballer l'une des deux filles qui l'entourent. Son personnage ne s'arrête jamais, toujours enclin aux blagues potaches ou aux comportements médiocres. Et lorsque la lassitude pointe le bout du bout de son nez, le scénario fait entrer en scène le personnage de son père, absolument barré et totalement irrésistible.
Les dialogues souvent ciselés et les situations amusantes s'enchaînent avec une telle fluidité qu'on en oublierait presque qu'on était venu voir des monstres pleins de pattes et de poils ; Infestation n'est en fait pas si riche en scènes d'action, mais cela ne se ressent guère. Et comme les nuisibles sont en partie utilisés à des fins humoristiques, aucun déséquilibre ne se fait sentir. En revanche, lorsqu'il s'agit d'envoyer du lourd, Kyle Rankin s'en acquitte avec une énergie et un savoir-faire indéniables pour ne frustrer personne. Infestation donne en fait l'impression d'être un film faussement fauché, qui joue sur cette sensation pour créer la jubilation, mais aurait sans doute pu être plus carré et plus riche en moments de bravoure si son réalisateur l'avait souhaité. Mais tant mieux : plus singulier comme ça, le film est un moment de plaisir ininterrompu comme les grosses machineries américaines peinent de plus en plus à nous offrir.




Infestation de Kyle Rankin. 1h33.
Critique publiée sur Écran Large.

29 juil. 2007

INVISIBLE

À force de se prendre au sérieux et de se vendre comme le spécialiste du comic et du fantastique en tous genres, David S. Goyer a fini par devenir la risée d'Hollywood. D'abord à cause de son Blade trinity, conclusion affreuse d'une trilogie déjà dispensable ; et maintenant avec Invisible, teen movie vaguement fantastique aussi excitant qu'un verre d'Efferalgan. Avec un principe vu mille fois : le mort qui rôde pour aider à capturer son vilain meurtrier. Les fans de Patrick Swayze s'arracheront les cheveux et courront voir Ghost pour la millième fois, les autres revoir quelques séries Z de papa. À la sauce ado, l'intrigue d'Invisible ne prend décidément pas : le héros est un djeunz mal dans sa peau qui doit sans doute écouter Kyo lorsqu'il a envie de s'amuser. Pas très futé, il met des plombes avant de comprendre qu'il est un fantôme et que personne (ou presque) (notez le "ou presque") ne peut le voir ni l'entendre.
La seule bonne idée du film n'est même pas bien exploitée : celle d'utiliser le fameux sixième sens des animaux pour aiguiller les enquêteurs et faire avancer les choses. Un chien, un nuage de pigeons, et l'idée s'envole. Le reste d'Invisible ne sera que rock'n'teen pour suicidaires en baggy et rebondissements nullos qui auraient parfaitement trouvé leur place dans une série M6 (avec David Boreanaz dans le rôle-titre, par exemple). Scénariste souvent correct, David S. Goyer n'est décidément pas fait pour la mise en scène. Il ne semble malheureusement pas vouloir en rester là.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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