Mais Toy boy va bien plus loin que ce petit jeu de manipulation érotique et franchement fun : prenant peu à peu un tour plus dramatique, il fonctionne alors sur le principe de l'arroseur arrosé, de la façon la plus retorse qui soit. Et ce pauvre Ashton, toujours torse nu histoire de satisfaire la moitié de l'assemblée, de se retrouver pris au piège d'un jeu de la séduction finalement assez complexe. Le tout est arrosé d'un cynisme pour le moins délicieux, et ne se dépare jamais d'un humour explorant toutes les gammes. Facile à suivre mais beaucoup moins bêta qu'il n'y paraît, Toy boy fonctionne vraiment de fort belle manière, confirmant le talent singulier d'un Mackenzie déjà responsable de Young Adam et My name is Hallam Foe.
Arrive un moment où l'on réalise que Toy boy, malgré quelques plans amusant çà et là, n'est pas tant une comédie que cela. La dernière demi-heure va clairement dans une direction opposée, le beau gosse fringant du début ayant bien du mal à retrouver sa fougue d'antan pour tout un tas de raisons. Le message a le mérite d'être clair : parmi les bellâtres et bombasses pensant que le jeu de la séduction suffira à leur assurer un avenir, beaucoup vont au devant de grandes désillusions, et ce indépendamment de leurs probables qualités. Utilisant le culte de l'image pour rendre son film sexy tout en le démontant consciencieusement, Mackenzie réussit un film plein et presque sans défauts, auquel on pourra tout juste reprocher quelques séquences un peu téléphonées en fin de course. Mais, à l'image de son fabuleux plan final mettant aux prises un crapaud et une souris, Toy boy est un film qui prend des risques et les assume jusqu'au bout.
Toy boy (Spread) de David Mackenzie. 1h35. Sortie : 08/07/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Sur la route du cinéma.