Affichage des articles dont le libellé est Greg Kinnear. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Greg Kinnear. Afficher tous les articles

1 juin 2009

UN ÉCLAIR DE GÉNIE

Qui a dit qu'il fallait de l'imagination pour faire un film ? Cela ne semble pas déranger Marc Abraham, qui met correctement en images un scénario pas inventif pour deux sous, mais tout à fait correct. On l'aura compris, Un éclair de génie est un film tout ce qu'il y a de plus... correct, exécuté de façon irréprochable mais ne déchaînant jamais les passions. Passée la curiosité du postulat (l'inventeur de l'essuie-glace intermittent se bat pour être reconnu comme tel), Un éclair de génie se révèle moins fulgurant que son titre, empilant avec un professionnalisme lénifiant les étapes attendues d'un tel récit.
Malgré l'utilisation régulière de l'ellipse, aucune étape du pénible parcours de Bob Kearns ne nous est épargnée : l'invention du procédé, les espoirs de prospérité, les premières désillusions, la dépression, la crise familiale, et le fameux procès final. On a l'impression d'avoir vu cela mille fois, dans une version plus vive et inventive. Ni la mise en scène ni la construction du récit ne parviennent à sublimer l'ensemble. Quitte à romancer l'ensemble, il aurait fallu approfondir la descente aux enfers de Kearns ou décortiquer l'obsession du profit des grandes firmes américaines. Las : on a tout juste droit au portrait mollasson d'un bon père de famille écrasé par la vilaine machine capitaliste, sans plus de réflexion.
Au final, le film d'Abraham ne vaut que pour son interprétation, en particulier celle de Greg Kinnear, dont la retenue crée un minimum d'émotion. Malgré une succession de coupes de cheveux improbables, censées marquer le poids des années qui passent, l'acteur offre à son personnage une dignité un rien convenue mais totalement à propos. C'est lorsque Kearns essaie de trouver l'appui ou le pardon de ses proches qu'il se fait le meilleur. Il est la raison d'être de ce film dont il aurait été pratique de dire qu'il fonctionne par intermittence, mais qui aurait plutôt tendance à ronronner comme un moteur de vieille guimbarde.




Un éclair de génie (Flash of genius) de Marc Abraham. 1h59. Sortie : 27/05/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

14 mars 2009

LA VILLE FANTÔME

Scénariste d'envergure mais réalisateur pas renversant, David Koepp s'essaie pour la première fois au genre fantastique avec ce Ghost town mineur mais charmant. Soit l'improbable rencontre d'un dentiste acariâtre, cliniquement mort pendant sept minutes et ayant acquis la faculté de voir les morts, et d'un cadre sup adultérin fraîchement fauché par un bus. Même s'il n'est pas le premier à le faire, Koepp a donc décidé de rire du fameux « I see dead people » prononcé par Haley Joes Osment dans Sixième sens. Mais s'il fallait trouver un véritable pendant dramatique à cette Ville fantôme, ce serait le sucré Ghost, dont le schéma est reproduit à l'identique. Il y a donc le mort (Greg Kinnear en Patrick Swayze, pas sûr que ça fasse rêver les nanas), la vivante incrédule (Tea Leoni remplace Demi Moore), et le passeur chargé d'assurer la liaison entre les deux et de régler les petits problèmes des fantômes (Ricky Gervais en Whoopi Goldberg, qui l'eut cru).
Écrit et réalisé avec un flegme, La ville fantôme a le charme des films anglais propres sur eux mais so charming, notamment grâce à une interprétation sans faille. En bon scénariste, Koepp n'oublie aucune étape, de « punaise, je suis mort » à « mazette, j'ai un don », dans une première partie riche en découvertes et en situations amusantes. Gervais y est hallucinant en dentiste coincée et ballonné. La suite est sans doute moins percutante, car plus attendue, menant vers une résolution un peu poussive, l'auteur n'arrivant visiblement pas à clore son récit.
Il n'empêche : Ghost town est un rafraichissant cocktail d'humour et de distinction, une version digest de Cyrano de Bergerac. De la pièce de Rostand, on reconnaît également la structure du triangle amoureux, l'un des deux mâles dictant à l'autre ce qu'il doit dire à la femme qu'ils convoitent. En sortant de la salle, on fera particulièrement attention de ne pas se prendre un bus en pleine tête, ça rend la vie trop compliquée.
6/10

(autre critique sur Une dernière séance ?)

23 nov. 2006

FAST FOOD NATION

Le directeur du marketing d'une célèbre chaîne de fast-foods découvre qu'il y a de la matière fécale dans les steaks de ses hamburgers. Des réfugiés mexicains sont contraints de travailler dans les entrepôts qui traitent la fameuse viande. Une jeune employée éprouve une certaine honte à travailler dans ce genre d'usine à bouffe... Trois histoires entrecroisées qui tendent à faire de Fast food nation le Traffic du burger, le Thank you for smoking de la grande frite. Seulement voilà : le film de Richard Linklater n'est ni aussi documenté que le premier, ni aussi drôle que le second.
À vrai dire, si on peut être gentiment intéressé par l'histoire du businessman qui enquête pour comprendre comment de la merde atterrit dans les sandwiches des clients, le reste a encore moins d'intérêt que le jouet pourri et à moitié cassé qu'il y a dans ton Happy Meal. Pour compenser la platitude du propos, Linklater multiplie les guest-stars (Ethan Hawke, Patricia Arquette...) sans qu'aucune ait vraiment quelque scène de qualité à défendre (sauf peut-être Bruce Willis, délicieusement cynique). La construction laisse à désirer, la mise en scène repousse les frontières de la laideur (c'est peut-être volontaire, histoire de ressembler à un documentaire), et les acteurs sont mous (il faut dire que Greg Kinnear et Catalina Sandero Moreno n'ont jamais été des flèches).
Le comble, c'est que Fast food nation donnerait presque envie de quitter la salle pour aller se taper un Royal Bacon chez Ronald. Mieux vaut alors voir ou revoir le sympathique (même si pas objectif du tout) Super size me de Morgan Spurlock, vrai docu acide et barré sur les vices de l'industrie du burger.
3/10

6 oct. 2006

LITTLE MISS SUNSHINE

Une critique dithyrambique, un bouche-à-oreille conquérant : c'est avec une envie dévorante que l'on découvre ce Little miss sunshine, dernier succès en date de la comédie indépendante américaine. C'est sans doute parce que l'effet de surprise est un peu passé que le début du film déçoit : si les personnages-archétypes sont attirants, le duo de réalisateurs peine à donner du rythme et de la conviction au film. Plus tristoune qu'autre chose, Little miss sunshine n'offre pas vraiment de quoi se taper sur les cuisses.
Et puis le combi Volkswagen connaît des ratés, et puis le voyage se poursuit, et peu à peu, la sauce commence à monter. Parmi une ribambelle de comédiens délicieux, c'est Steve Carell qui tire largement son épingle du jeu, épatant en spécialiste de Proust suicidaire et désabusé. Une fois que les personnages ont enfin assumé le fait de n'être qu'une bande de gros nullards et cessent de se lamenter sur leur sort, on a enfin envie de les aimer, et c'est formidable. Les gags sont discrets mais délectables, bien mis en valeur par une mise en scène posée et un montage qui prend son temps. Et lorsque l'on arrive enfin au concours de Little Miss Sunshine (malgré l'embrayage pourri et ce klaxon à pisser de rire), il reste une demi-heure d'anthologie, où les zygomatiques se lâchent et où l'émotion est palpable sans être outrancière. On quitte les personnages avec tristesse, en regrettant surtout que la folie furieuse des trente dernières minutes ne se soit pas emparée du film bien plus tôt : Little miss sunshine aurait alors mérité à 100% son titre officieux de bijou indé de l'année.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz