Affichage des articles dont le libellé est Clark Gregg. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Clark Gregg. Afficher tous les articles

29 sept. 2009

500 JOURS ENSEMBLE

La très sérieuse voix off prévient d'entrée : c'est l'histoire d'un garçon qui rencontre une fille, pas une histoire d'amour. il n'y a donc pas tromperie sur la marchandise : 500 jours ensemble n'est même pas une comédie romantique, mais plutôt une oeuvre indépendante et juvénile sur les différentes conceptions de l'amour, du couple et des différences hommes-femmes. Attention : les scénaristes ont beau s'être fait les dents sur La panthère rose 2, l'ensemble est d'une finesse remarquable et d'une originalité permanente, loin de la beauferie crasse d'une Abominable vérité. Sur 500 jours (sans blague ?), le film explore les dessous de la relation instable et indéfinissable qui unit Summer et Thomas. Pour mieux comprendre, mais aussi pour ménager le suspense et créer des décalages forcément comiques, le script n'hésite pas à remonter dans le temps avant de brutalement se projeter dans l'avenir, le tout de manière extrêmement fluide puisqu'un joli petit compteur à 3 chiffres (allant de 1 à 500) ne cesse de préciser où nous en sommes. Un procédé charmant, qui passe étonnamment bien et se révèle assez peu répétitif.
S'il fallait trouver un défaut à cette véritable curiosité, il faudrait sans nul doute aller chercher du côté de son manque d'unité. À force d'aller et venir dans le temps, 500 jours ensemble ressemble de temps à autres à un film à sketches, où la plupart des saynettes sont réussies mais où manque un semblant de liant. Une réserve à balayer d'un revers de la main, tant la mise en scène inventive s'échine à rassembler les morceaux sans faire apparaître les traces de colle. Vignettes, digressions, apartés et changements de formats : rien ne fait peur à Marc Webb, qui tente un tas de choses et ne se casse jamais la figure. Au pire, un effet peut fonctionner moyennement et se faire très vite oublier ; au mieux, il provoque une véritable émotion, qu'il s'agisse d'un rire franc ou d'un soupir incontrôlable.
Le couple de 500 jours ensemble a clairement du plomb dans l'aile dès le début, puisqu'il croit à l'Amour, le vrai, tandis qu'elle n'y accorde absolument aucune importance et n'envisage même pas l'éventualité d'entretenir une relation sérieuse. Dans 100 comédies romantiques sur 100, les protagonistes finiraient par tomber sur la même longueur d'onde et par se rouler des galoches après une heure trente de chassé-croisé : ce film-ci est beaucoup plus malin que ça, n'oubliant jamais que ses personnages sont des êtres humains avec un libre-arbitre et une personnalité bien trempée. Pas des pantins qu'on corrompt avec un bouquet de fleurs et une armée de violonistes. Le résultat, saisissant, a de quoi déconcerter le spectateur le plus fleur bleue, qui finira ravi d'avoir été secoué. Et d'avoir passé un trop court moment en compagnie de Zooey Deschanel, qui semble ne jamais rien devoir faire comme tout le monde, et surtout d'un Joseph Gordon Levitt qui surprend de film en film, trouvant ici une maturité supplémentaire ainsi qu'un sens comique insoupçonnable. On a juste envie de les remercier pour ce grand petit film en forme de coup de pied dans la fourmilière.




500 jours ensemble ((500) days of summer) de Marc Webb. 1h36. Sortie : 30/09/2009.
Autre critique sur Une dernière séance ?

28 janv. 2009

CHOKE

Fight club a beau être un grand film (on ne rit pas), le meilleur roman de Chuck Palahniuk s'appelle Choke, exploration de l'existence désabusée d'un accro au sexe qui gagne sa vie en étant acteur dans un village vivant et fait des économies en s'étouffant volontairement dans les restaurants. Tout ça pour l'amour d'une mère indigne, pourrie par un Alzheimer galopant. Et il y a en effet tout ça dans le film de Clark Gregg. Sauf qu'à l'écran Choke ressemble à un gros vide pour beaufs, une enfilade de séances de baise, de filles à poil et de blagues lourdingues, le tout sous l'oeil d'un réalisateur sans point de vue.
Si Fight club pouvait paraître trop stylisé, surchargé par les mille et une intentions de David Fincher, Choke est son exact opposé, laid à faire peur, comme un film indé mais en encore plus fauché. L'image est crasseuse, et le fond n'est pas meilleur que le forme, d'où un ennui profond. Heureusement que Sam Rockwell et Anjelica Huston sont d'excellents acteurs : par moments, ils parviennent à sortir le film de sa torpeur bêtifiante. On ne croit en rien plus d'une demi-seconde, chaque scène ressemblant à une petite anecdote de pilier de bistrot, avec au choix un peu de branlette, de nichons ou de semence. Jamais l'irrévérence n'a été aussi conformiste.
Choke ne risque pas de donner envie à quiconque de lire Palahniuk, auteur plus obsessionnel qu'obsédé, certes passionné par les petites histoires sordides, mais surtout prince des pessimistes, persuadé malgré quelques happy ends que la Terre implosera tôt ou tard. Son style souvent amusant se transforme ici en du matériau pour lecteurs de FHM, bassement graveleux, honteusement moche, et franchement sans intérêt.
3/10

(autre critique sur Sur la route du cinéma)

29 avr. 2008

IRON MAN

L'année 2007 n'avait guère été brillante côté super-héros, du nullissime Ghost rider à un Spider-man 3 relativement décevant. Attendu au tournant, Jon Favreau répond aux attentes avec une facilité désarmante. Son Iron man tient parfaitement le choc, faisant office d'ouverture ultra alléchante pour ce qu'on espère devenir une franchise, mais constituant également un excellent film en tant que tel, qui devrait faire le bonheur de l’ensemble du public. Fruit de la discrète montée en puissance d’un cinéaste qu’on n’attendait pas là si tôt, Iron man n’oublie rien ni personne. Ni les béotiens, qui pénètrent dans l’univers de Tony Stark comme s’ils l’avaient toujours connu, ni les fans inébranlables du comic, ravis de constater que si un considérable travail d’adaptation a été effectué, il respecte en tout point l’esprit et les conventions du matériau d’origine.
En deux heures rondement menées, Favreau démontre qu’il est possible de mêler blockbuster et film d’acteurs, et qu’un action movie peut se faire convaincant sans pour autant sombrer dans une hystérie bourrine qui ne sied qu’aux amateurs de Michael Bay. Avant d’être un gros machin plein d’effets spéciaux, Iron man est d’abord un film d’hommes, porté de bout en bout par un Robert Downey Jr. au top de sa forme. Souvent hilarant, toujours habité, il crève l’écran et s’impose comme le seul et unique acteur capable de ne pas trahir ce Tony Stark cynique, dragueur, plus attachant (et à peine moins complexe) que tous les Bruce Wayne de la Terre. Il se passe un sacré laps de temps avant que Stark n’entre dans le costume du super-héros, mais ça n’est pour une fois pas très grave, tant la coolitude totale du bonhomme semble suffire à remplir un film entier.
Il serait cependant regrettable de réduire le film à son fort potentiel séduction : car Iron man est porteur d’une vraie mythologie super-héroïque ainsi que d’un message politique forcément manichéen mais tout de même assez couillu. Qu’importe si le grand méchant du film se révèle tardivement et ne nous offre finalement qu’un seul véritable climax, d’ailleurs pas tout à fait assez explosif pour scotcher. L’important ici, c’est l’esprit, l’ampleur et le réalisme (si si) de l’univers peint par Jon Favreau. Parfois un peu passe-partout mais terriblement efficace (grâce soit rendue à la photo de Matthew Libatique), sa mise en scène enveloppe Tony Stark / Iron man d’une tendresse et d’une admiration sans bornes. En réveillant le mioche qui était en lui, Favreau a su débusquer celui qui sommeillait en nous. D’où un spectacle jouissif et pas con pour deux sous, qui passera sans difficulté le cap de la seconde vision et révèlera sa véritable qualité une fois relié aux prochains opus. Vite, la suite.
8/10
(également publié sur Écran Large)

7 juil. 2006

TERREUR SUR LA LIGNE

L'affiche fait penser à un remake de La mort en ligne, de Takashi Miike. Alors qu'en fait, Terreur sur la ligne s'inspire surtout d'un film intitulé... Terreur sur la ligne, datant de 1979. Ici, ce n'est pas le téléphone qui tue, mais bel et bien le salopard qui est à l'autre bout. Rien de surnaturel, juste un argument de thriller.
Ces dernières années, on a été servi côté thriller téléphonique. Phone game ou même le prologue de Scream ont su utiliser notre téléphonite aiguë pour faire naître de nouvelles angoisses. Alors quand le méchant de Terreur sur la ligne appelle en prenant une voix inquiétante pour bien montrer qu'il est méchant (en VO, c'est la voix de Lance Henriksen), immédiatement, on rit. Car on a compris à la seconde même que Terreur sur la ligne allait être un banal thriller, un huis-clos poussif où chaque rebondissement est prémâché et attendu de pied ferme. Pire, le film provoque de sérieuses bouffées d'ennui. Il faut dire que le film annoncé, le harcèlement-téléphonique-qui-tourne-au-cauchemar, ne débute vraiment qu'au bout de cinquante minutes de film! Auparavant, on aura vu de stupides personnages secondaires tout faire pour être zigouillés les premiers, et Simon West souligner au fluo rose chaque phrase importante pour la suite ("tu es privée de voiture et de portable, est-ce que je dois le répéter popur ceux du dernier rang?").
N'attendez pas non plus une intrigue à tiroirs, avec explication psychologique et machination diabolique : le scénariste a complètement oublié cette partie. Au vu du reste, ce n'est finalement pas plus mal.
Reste une utilisation de l'espace pas idiote et quelques moments où West retranscrit plutôt bien la légère sensation de frousse qu'on peut éprouver lorsque l'on est seul par un temps pourri dans une grande maison que l'on ne connaît pas. Avouons que c'est peu pour faire un bon film.
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz