Affichage des articles dont le libellé est Derek de Lint. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Derek de Lint. Afficher tous les articles

30 nov. 2006

BLACK BOOK

Après une demi-douzaine de films aux Pays-Bas, puis à peu près autant aux États-Unis, Paul Verhoeven a quitté l'oncle Sam pour regagner sa terre natale. Black book est le premier film de sa seconde carrière hollandaise, et si la suite est du même acabit, on signe illico pour qu'il ne retourne jamais en Amérique.
Thriller, film d'aventures, polar, film historique, Black book mélange allègrement les genres du début à la fin sans jamais perdre le spectateur, qui s'agrippe à son siège et tape des pieds pendant 2h25. On a rarement vu un film de cette durée être à ce point dépourvu de temps morts, de scènes en creux ou de passages un peu inutiles. Chaque scène est ici un vrai régal, tant par la mise en scène de Verhoeven (qui est quand même un maître en la matière) que par la densité du scénario. Il y a du suspense dans chaque coin de chaque plan du film, sans pour autant que Black book ne se transforme en un simple thriller du genre "Ellis contre les nazis". La réalité historique n'est à aucun moment sacrifiée, et le film mêle avec brio les grands moments de la petite histoire hollandaise et les rebondissements propres à l'intrigue. Ceux-ci sont souvent inattendus, ou en tout cas servis à des moments inattendus. D'où un spectacle formidable et intelligent, qui propose une vraie réflexion sur la trahison et l'identité de chqaue être. Pour donner une idée de l'intrigue, Black book raconte le destin d'une jeune juive hollandaise qui entre dans la Résistance et accepte de devenir la maîtresse d'un dirigeant de la Gestapo pour mieux lui soutirer des informations. Sachant que ceci ne constitue que la première demi-heure du film, on comprendra que Black book part sans cesse là où l'on ne lattend pas avec un plaisir continu et sans cesse renouvelé. Rendons hommage à l'actrice principale, Carice Van Houten, qui rejoint l'admirable galerie des grandes interprètes féminines (et ultra-sexy) de chez Verhoeven, metteur en scène brillant dont les films sont toujours chargés en électricité sexuelle.
Hormis un prologue et un épilogue un peu superflus (mais heureusement très courts), Black book est un film épique et délectable qui touche à la perfection, loin des innombrables films-clichés sur la Résistance ou le nazisme. On n'en attendait pas moins de Paul Verhoeven.
9/10

7 juil. 2006

TERREUR SUR LA LIGNE

L'affiche fait penser à un remake de La mort en ligne, de Takashi Miike. Alors qu'en fait, Terreur sur la ligne s'inspire surtout d'un film intitulé... Terreur sur la ligne, datant de 1979. Ici, ce n'est pas le téléphone qui tue, mais bel et bien le salopard qui est à l'autre bout. Rien de surnaturel, juste un argument de thriller.
Ces dernières années, on a été servi côté thriller téléphonique. Phone game ou même le prologue de Scream ont su utiliser notre téléphonite aiguë pour faire naître de nouvelles angoisses. Alors quand le méchant de Terreur sur la ligne appelle en prenant une voix inquiétante pour bien montrer qu'il est méchant (en VO, c'est la voix de Lance Henriksen), immédiatement, on rit. Car on a compris à la seconde même que Terreur sur la ligne allait être un banal thriller, un huis-clos poussif où chaque rebondissement est prémâché et attendu de pied ferme. Pire, le film provoque de sérieuses bouffées d'ennui. Il faut dire que le film annoncé, le harcèlement-téléphonique-qui-tourne-au-cauchemar, ne débute vraiment qu'au bout de cinquante minutes de film! Auparavant, on aura vu de stupides personnages secondaires tout faire pour être zigouillés les premiers, et Simon West souligner au fluo rose chaque phrase importante pour la suite ("tu es privée de voiture et de portable, est-ce que je dois le répéter popur ceux du dernier rang?").
N'attendez pas non plus une intrigue à tiroirs, avec explication psychologique et machination diabolique : le scénariste a complètement oublié cette partie. Au vu du reste, ce n'est finalement pas plus mal.
Reste une utilisation de l'espace pas idiote et quelques moments où West retranscrit plutôt bien la légère sensation de frousse qu'on peut éprouver lorsque l'on est seul par un temps pourri dans une grande maison que l'on ne connaît pas. Avouons que c'est peu pour faire un bon film.
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz