Si Fight club pouvait paraître trop stylisé, surchargé par les mille et une intentions de David Fincher, Choke est son exact opposé, laid à faire peur, comme un film indé mais en encore plus fauché. L'image est crasseuse, et le fond n'est pas meilleur que le forme, d'où un ennui profond. Heureusement que Sam Rockwell et Anjelica Huston sont d'excellents acteurs : par moments, ils parviennent à sortir le film de sa torpeur bêtifiante. On ne croit en rien plus d'une demi-seconde, chaque scène ressemblant à une petite anecdote de pilier de bistrot, avec au choix un peu de branlette, de nichons ou de semence. Jamais l'irrévérence n'a été aussi conformiste.
Choke ne risque pas de donner envie à quiconque de lire Palahniuk, auteur plus obsessionnel qu'obsédé, certes passionné par les petites histoires sordides, mais surtout prince des pessimistes, persuadé malgré quelques happy ends que la Terre implosera tôt ou tard. Son style souvent amusant se transforme ici en du matériau pour lecteurs de FHM, bassement graveleux, honteusement moche, et franchement sans intérêt.
3/10
(autre critique sur Sur la route du cinéma)
2 commentaires sur “CHOKE”
C'est vrai qu'on sent bien à quel point le réalisateur aurait souhaité être irrévérencieux voire franchement provoquant.
ça ne marche à aucun moment. Une vraie cata !
Je trouve aussi que CHOKE est l'un des meilleurs romans de Palahniuk... et pourtant je me suis un peu méfié de cette adaptation, si bien que je n'ai pas sauté dessus à la première occasion... pourtant j'aime bien ce que fait Sam Rockwell (Enfin... ça dépend)...
SysTooL
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