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25 janv. 2008

LIVE !

Live ! est un produit parfait pour ceux qui n'ont jamais vu la moindre minute de télé-réalité. Pas ceux qui affirment avec fierté qu'ils ne regardent pas ce genre de programme, avant de rentrer chez eux et de zapper sur les émissions de Benjamin Castaldi avec un irrépressible sentiment de culpabilité. Non, les vrais, les purs, ceux qui abhorrent l'idée même de la real TV à tel point qu'ils n'ont jamais eu la curiosité d'y jeter un oeil. Ceux-là seront peut-être convaincus par le cynisme artificiel qui se dégage de ce faux documentaire pas assez fin pour réellement épingler les producteurs les plus méprisants à l'égard du public.
Dans Live !, une productrice des plus canons parvient à lancer un nouveau type d'émission sur le thème de la roulette russe. Au bout du compte, cinq multi-millionnaires, et un macchabée. À partir de là, Bill Guttentag énumère soigneusement les différentes étapes de la fabrication d'un tel show, de slaloms juridiques en castings futés, jusqu'au fameux soir de la diffusion en direct. À l'arrivée, peu ou pas de surprise. Live ! manque soit d'excès, soit d'imagination ; mais tel quel, excepté le fait que l'on ne tue pas (encore) d'êtres humains sur les plateaux de télé, la subversion n'est pas au rendez-vous et les protagonistes ne sont pas assez cyniques pour êtres choquants ou attachants. Reste l'abattage d'Eva Mendes, qui séduit doublement en productrice aux dents longues. Mais même l'actrice ne peut rien face au manichéisme béat d'une fin moralisatrice qui ruine définitivement les intentions du réalisateur.
5/10

7 juil. 2006

TERREUR SUR LA LIGNE

L'affiche fait penser à un remake de La mort en ligne, de Takashi Miike. Alors qu'en fait, Terreur sur la ligne s'inspire surtout d'un film intitulé... Terreur sur la ligne, datant de 1979. Ici, ce n'est pas le téléphone qui tue, mais bel et bien le salopard qui est à l'autre bout. Rien de surnaturel, juste un argument de thriller.
Ces dernières années, on a été servi côté thriller téléphonique. Phone game ou même le prologue de Scream ont su utiliser notre téléphonite aiguë pour faire naître de nouvelles angoisses. Alors quand le méchant de Terreur sur la ligne appelle en prenant une voix inquiétante pour bien montrer qu'il est méchant (en VO, c'est la voix de Lance Henriksen), immédiatement, on rit. Car on a compris à la seconde même que Terreur sur la ligne allait être un banal thriller, un huis-clos poussif où chaque rebondissement est prémâché et attendu de pied ferme. Pire, le film provoque de sérieuses bouffées d'ennui. Il faut dire que le film annoncé, le harcèlement-téléphonique-qui-tourne-au-cauchemar, ne débute vraiment qu'au bout de cinquante minutes de film! Auparavant, on aura vu de stupides personnages secondaires tout faire pour être zigouillés les premiers, et Simon West souligner au fluo rose chaque phrase importante pour la suite ("tu es privée de voiture et de portable, est-ce que je dois le répéter popur ceux du dernier rang?").
N'attendez pas non plus une intrigue à tiroirs, avec explication psychologique et machination diabolique : le scénariste a complètement oublié cette partie. Au vu du reste, ce n'est finalement pas plus mal.
Reste une utilisation de l'espace pas idiote et quelques moments où West retranscrit plutôt bien la légère sensation de frousse qu'on peut éprouver lorsque l'on est seul par un temps pourri dans une grande maison que l'on ne connaît pas. Avouons que c'est peu pour faire un bon film.
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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