Abrams avait réussi à injecter son style et ses obsessions dans un M:I:3 de très belle facture ; ici, il semble avoir un peu plus de peine à faire cohabiter son identité de fanboy dans cet univers bien trop codé, où toute tentative de sortir des sentiers battus est vécue par les fans comme un crime de lèse-majesté. Si on reconnaît sans mal son humour un peu foufou et son filmage absolument naturel, on ne retrouve pas le Abrams qu'on aime, capable de casser les codes sans que ça se voie trop pour y insérer ses propres obsessions. De fait, ces deux heures et quelques passées à bord de l'Enterprise et ailleurs se révèlent un peu longuettes et surtout incapables de rallier de nouveaux spectateurs à la cause d'une saga qui de l'extérieur paraissait déjà bien ennuyeuse. L'idée de rajeunir Spock et Kirk pour les rendre plus proches du public était bonne ; à l'écran, on ne voit que deux types fadasses qui jouent à la guerre comme d'autres aux Majorettes. La faute à qui ? Difficile de blâmer quelqu'un en particulier, si ce n'est l'insupportable Zachary Quinto (le méchant sans aspérité de Heroes) qui ruine consciencieusement le potentiel de Spock.
Reste au final l'impression d'avoir lu Star trek pour les nuls, un manuel très didactique mais pas mal fait pour tout savoir sur les fondements de la mythologie trekkienne, les univers parallèles, la téléportation, les oreilles en pointe. Est-ce que c'est compréhensible ? Plutôt. Est-ce que ça donne envie d'en savoir plus ? Pas vraiment. En revanche, ça peut limite donner envie de revoir la lénifiante saga Star wars, finalement plus amusante. Sauf que dans Star wars, il n'y a pas Leonard Nimoy : faisant plus qu'une apparition grâce à une formidable trouvaille scénaristique ne pouvant qu'être l'oeuvre d'Abrams, le vieil acteur parvient à faire jaillir une émotion non feinte de cet amas de métal et de plastique, sans défaut majeur mais surtout sans âme.
Star trek de J.J. Abrams. 2h08. Sortie : 06/05/2009.
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