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7 mai 2009

STAR TREK

S'il fallait en résumer le concept, Star trek version J.J. Abrams est une sorte de préquelle de la série et des films, à moins que ce ne soit le début d'un nouveau cycle, ou tout simplement une tentative de ne pas limiter la portée de cet univers au cercle fermé des trekkies, ces intégristes plus-que-geek faisant passer les fans de Star wars pour des gens absolument normaux. Abrams semblait être la personne idéale pour réussir le pari insensé de réunir tous les publics dans une même salle sans ennuyer les uns ni consterner les autres. Et alors ? C'est peut-être réussi. Ou pas. À vrai dire, on s'en fiche carrément, Star trek version 2009 n'apparaissant que comme un gros blockbuster du dimanche après-midi, pas désagréable mais absolument lisse, qu'on a oublié à peine rentré chez soi.
Abrams avait réussi à injecter son style et ses obsessions dans un M:I:3 de très belle facture ; ici, il semble avoir un peu plus de peine à faire cohabiter son identité de fanboy dans cet univers bien trop codé, où toute tentative de sortir des sentiers battus est vécue par les fans comme un crime de lèse-majesté. Si on reconnaît sans mal son humour un peu foufou et son filmage absolument naturel, on ne retrouve pas le Abrams qu'on aime, capable de casser les codes sans que ça se voie trop pour y insérer ses propres obsessions. De fait, ces deux heures et quelques passées à bord de l'Enterprise et ailleurs se révèlent un peu longuettes et surtout incapables de rallier de nouveaux spectateurs à la cause d'une saga qui de l'extérieur paraissait déjà bien ennuyeuse. L'idée de rajeunir Spock et Kirk pour les rendre plus proches du public était bonne ; à l'écran, on ne voit que deux types fadasses qui jouent à la guerre comme d'autres aux Majorettes. La faute à qui ? Difficile de blâmer quelqu'un en particulier, si ce n'est l'insupportable Zachary Quinto (le méchant sans aspérité de Heroes) qui ruine consciencieusement le potentiel de Spock.
Reste au final l'impression d'avoir lu Star trek pour les nuls, un manuel très didactique mais pas mal fait pour tout savoir sur les fondements de la mythologie trekkienne, les univers parallèles, la téléportation, les oreilles en pointe. Est-ce que c'est compréhensible ? Plutôt. Est-ce que ça donne envie d'en savoir plus ? Pas vraiment. En revanche, ça peut limite donner envie de revoir la lénifiante saga Star wars, finalement plus amusante. Sauf que dans Star wars, il n'y a pas Leonard Nimoy : faisant plus qu'une apparition grâce à une formidable trouvaille scénaristique ne pouvant qu'être l'oeuvre d'Abrams, le vieil acteur parvient à faire jaillir une émotion non feinte de cet amas de métal et de plastique, sans défaut majeur mais surtout sans âme.




Star trek de J.J. Abrams. 2h08. Sortie : 06/05/2009.
Autre critique sur Playlist society.

19 mars 2008

ANGLES D'ATTAQUE

Un réalisateur irlandais à la réputation discrète mais élogieuse. Un casting foisonnant sans être tape-à-l'oeil. Une histoire mêlant JFK et Rashomon. Angles d'attaque sentait bon le thriller retors et captivant, le genre de film à grand spectacle capable d'attirer également les spectateurs en quête de sens. Malheureusement, le film de Pete Travis ne fait illusion que l'espace de dix minutes, ce qui laisse à peine le temps d'être alléché par le récit des évènements sous le point de vue d'une réalisatrice d'émission TV (Sigourney Weaver), qui ne comprend rien malgré la multitude des images qui s'offrent à elle.
Dès le passage au point de vue suivant, il devient extrêmement clair que le scénario d'Angles d'attaque n'a rien de bien malin. Pendant une bonne heure, Travis ne fera que répéter encore et encore les mêmes scènes, sans offrir de carotte aux ânes que nous sommes. Pour que la multiplication des regards présente un minimum d'intérêt, l'intrigue se doit de comporter un minimum de tiroirs ou de perversité. Là, pas grand chose, voire même rien du tout, si bien qu'aucune révélation ni piment supplémentaire ne vient transcender cette mécanique bien vide.
Pourtant, on s'accroche, espérant longtemps être cueilli par une fin surprenante ou comprendre le pourquoi d'un tel traitement. Résultat : une conclusion assez gênante (morale, clichés en pagaille et une pointe de racisme bien rance), et le sentiment qu'un traitement "normal" d'une telle histoire n'aurait absolument pas permis d'en tirer un film d'une heure et demie. De plus, Travis triche avec le principe de son film, intercalant régulièrement dans les narrations subjectives et successives des bribes d'autres points de vues inutiles et hors de propos. On sort d'Angles d'attaque cruellement déçu par ce spectacle assez pauvre, qui se contente d'exploiter encore et encore la même explosion. Cela rappelle curieusement Omagh, le précédent film de Travis, qui se focalisait sur un attentat commis par l'IRA avec un incontestable brio technique avant d'aller s'enfoncer dans les ornières un peu ennuyeuses du film à tendance judiciaire. La prochaine fois, qu'il évite de se cacher derrière un nouveau rideau de fumée : ça nous permettra peut-être de voir vraiment de quel bois il est fait.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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