Affichage des articles dont le libellé est Edgar Ramirez. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Edgar Ramirez. Afficher tous les articles

19 mars 2008

ANGLES D'ATTAQUE

Un réalisateur irlandais à la réputation discrète mais élogieuse. Un casting foisonnant sans être tape-à-l'oeil. Une histoire mêlant JFK et Rashomon. Angles d'attaque sentait bon le thriller retors et captivant, le genre de film à grand spectacle capable d'attirer également les spectateurs en quête de sens. Malheureusement, le film de Pete Travis ne fait illusion que l'espace de dix minutes, ce qui laisse à peine le temps d'être alléché par le récit des évènements sous le point de vue d'une réalisatrice d'émission TV (Sigourney Weaver), qui ne comprend rien malgré la multitude des images qui s'offrent à elle.
Dès le passage au point de vue suivant, il devient extrêmement clair que le scénario d'Angles d'attaque n'a rien de bien malin. Pendant une bonne heure, Travis ne fera que répéter encore et encore les mêmes scènes, sans offrir de carotte aux ânes que nous sommes. Pour que la multiplication des regards présente un minimum d'intérêt, l'intrigue se doit de comporter un minimum de tiroirs ou de perversité. Là, pas grand chose, voire même rien du tout, si bien qu'aucune révélation ni piment supplémentaire ne vient transcender cette mécanique bien vide.
Pourtant, on s'accroche, espérant longtemps être cueilli par une fin surprenante ou comprendre le pourquoi d'un tel traitement. Résultat : une conclusion assez gênante (morale, clichés en pagaille et une pointe de racisme bien rance), et le sentiment qu'un traitement "normal" d'une telle histoire n'aurait absolument pas permis d'en tirer un film d'une heure et demie. De plus, Travis triche avec le principe de son film, intercalant régulièrement dans les narrations subjectives et successives des bribes d'autres points de vues inutiles et hors de propos. On sort d'Angles d'attaque cruellement déçu par ce spectacle assez pauvre, qui se contente d'exploiter encore et encore la même explosion. Cela rappelle curieusement Omagh, le précédent film de Travis, qui se focalisait sur un attentat commis par l'IRA avec un incontestable brio technique avant d'aller s'enfoncer dans les ornières un peu ennuyeuses du film à tendance judiciaire. La prochaine fois, qu'il évite de se cacher derrière un nouveau rideau de fumée : ça nous permettra peut-être de voir vraiment de quel bois il est fait.
3/10

15 sept. 2007

LA VENGEANCE DANS LA PEAU

Bourne et Bourne et ratatam. Après les ennuyeux re-retours de Jack Sparrow, Peter Parker et Shrek, voici venu le "numéro 3" le plus attendu de l'année (par les gens d'esprit, en tout cas). Qui dit grosse attente dit souvent grandes déceptions ; c'est mal connaître Paul Greengrass et Matt Damon, qui offrent à la trilogie la plus excitante de l'histoire (si si) une fin à la hauteur de nos espérances les plus folles.
La vengeance dans la peau se distingue des deux excellents films précédents par plusieurs aspects. D'abord un rythme encore plus soutenu, le fabuleux Tony Gilroy étant miraculeusement parvenu à transformer des scènes nécessairement explicatives en petits moments de grâce, de suspense ou d'action pure et dure (voire même les trois à la fois). Pas un temps mort ne vient nuire à la continuité d'un récit qui prend à la gorge dès les premières images, le style saccadé (mais pas épileptique, prends-en de la graine Michael Bay) de Greengrass étant le parfait révélateur des angoisses de Bourne. Dès la scène d'exposition, on nage en pleine course-poursuite ; celle-ci, haletante, ne se terminera que deux heures plus tard. Côté tempo, il y a de quoi faire honte aux producteurs de 24 heures chrono (qui auront bien du mal à faire mieux pour le passage de Jack Bauer sur grand écran). Tout comme au niveau de l'intrigue : resserrée, parvenant à jouer à la fois la carte de l'intime et celle de l'explosif, c'est la parfaite synthèse de la quête d'identité entamée par Bourne lors du premier volet. Un Bourne plus affûté mais aussi plus meurtri que jamais, auquel Matt Damon prête une fois encore son talent, montrant que l'on peut être à la fois bourrin et cérébral sans que cela pose le moindre problème.
James Bond et les autres peuvent définitivement aller se rhabiller : Jason Bourne est bien le roi des agents (plus ou moins) secrets. Et la trilogie qui lui est consacrée est à la heuteur de son personnage, parvenant à s'inscrire dans une indéniable modernité sans jamais sacrifier à la gadgetisation permanente ni à la grandiloquence primaire. La vengeance dans la peau est la preuve qu'un divertissement peut satisfaire le spectateur-consommateur comme le cinéphile le plus exigeant (qui a dit casse-bonbons?). Hanté par le chiffre 3 (avec ses poursuites en triangle, sa triplette de bad guys...), le film de Greengrass est une petite merveille d'équilibre, le parfait balancier entre la frénésie inquiète du numéro 1 et le jeu de massacre dépressif du suivant. Mille milliards de bravos.
9/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz