Affichage des articles dont le libellé est Pierce Brosnan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pierce Brosnan. Afficher tous les articles

30 sept. 2008

MARRIED LIFE

Marivaudages, coucheries et trahisons : c'est grosso modo le menu proposé par Married life, vaudeville simplissime et pas loin d'être simplet. On a déjà vues toutes les situations présentées dans les films de Woody Allen, par exemple, mais avec en plus de l'esprit, de l'humour, et un sens de la perversité que n'a visiblement pas Ira Sachs. Optant pour une approche obstinément flegmatique, le réalisateur-scénariste s'engonce rapidement dans une posture coincée et franchement chiante. La routine et l'ennui de ces personnages sans épaisseur sont communicatives, et l'on espère longtemps que cette mécanique trop bien huilée va soudain prendre vie et tout emporter sous son passage.
On y croit même franchement pendant un moment, le temps que le "héros" (Chris Cooper, qui semble s'autoparodier dans le rôle du type le plus rigide de la bande) réfléchisse à l'éventualité de dézinguer sa femme pour faciliter son départ avec une jeunette. Qu’on se rassure : il se ravisera bien vite, permettant à chacun de retomber dans sa léthargie. Rien ne viendra plus perturber ce non-rythme, et surtout pas l’inévitable leçon de morale finale, qui nous montre que l’adultère c’est mal – sauf si on est jeune et séduisant. Seule l’intéressante mais méconnue Patricia Clarkson peut valoir à elle seule un petit crochet par les quelques salles qui diffusent Married life ; sinon, on peut aussi rester chez soi, au chaud avec un bon livre, histoire d’apprécier son propre train-train au lieu d’aller s’emmerder devant celui des autres.
4/10

10 sept. 2008

MAMMA MIA !

Pour apprécier un minimum ce Mamma mia !, deux conditions sont requises : ne pas être allergique à ABBA, et être un peu sourd. Pourquoi sourd ? C'est très simple. Primo, certains acteurs chantent franchement mal, et s'il est absolument louable de ne pas les avoir doublé, on a parfois envie de se percer un tympan ou deux. Secondo, quand ça ne chante pas, ça braille. Voilà en fait le gros défaut du film : il est totalement hystérique. Pendant deux heures, les personnages braillent, sautent dans tous les sens, et rebraillent un coup. La palme est à attribuer au trio de copines (Julie Walters / Christine Baranski / Meryl Streep), qui mettent régulièrement l'aiguille du decibelmètre dans le rouge tellement elles sont méga trop contentes de pouvoir se faire belles pour le mariage qui se prépare.
Du coup, l'avantage, c'est qu'on est très heureux quand arrivent les passages chantés, ce qui n'est pas toujours le cas lorsqu'on subit une comédie musicale. D'autant que si certains sont plus casserole que Callas (on ne citera pas de nom par respect pour Pierce Brosnan), d'autres se débrouillent plus que très bien. En particulier madame Meryl Streep, énergique, investie, émouvante. Il faut la voir chanter The winner takes it all, tellement convaincante qu'elle semble tout à coup transcender la mise en scène de Phyllida Lloyd, complètement transparente jusque là. Streep est une perle, LA perle du film, et donne au film ses élans les plus simples et sincères.
Les personnages sont aussi nombreux que les chansons, et on oscille entre le pathétique transparent (ah, les jeunes mariés, qu'ils sont tête-à-claques) et le sympathique (Firth, Brosnan et Skarsgard s'amusent bien et nous régalent lorsqu'ils enfilent leurs tenues disco). Tout cela au gré d'un film pas follement attachant, mais qui propose des ré-orchestrations souvent réussies des nombreux tubes du groupe suédois. Les groupies d'Agnetha, Benny, Björn et Frida y trouveront largement leur compte. Les fans de romantisme (très) cucul aussi. Quant aux autres, ils s'amuseront par intermittence, rongeant leur frein et se bouchant les oreilles lorsque l'hystérie prend le pas sur l'énergie positive.
6/10

7 janv. 2008

LE CHANTAGE

Il n’aura pas fallu beaucoup de patience pour dénicher le premier film bien con de 2008. Dès le 2 janvier, Le chantage place la barre bien haut grâce à son scénario hors pair. Si son twist final est particulièrement gratiné, le film de Mike Barker n’attend pas les dix dernières minutes pour nous entraîner vers les sommets. Tout commence avec la description d’une famille heureuse à 200% : il est beau, elle est belle, ils sont pleins de fric, leur fille joue sagement à la poupée, et leurs dents sont bien blanches. Un bonheur de courte durée, puisque le vilain Pierce Brosnan est planqué dans la voiture avec une arme. Il faut moins de cinq minutes pour réaliser que l’acteur aurait vraiment dû prendre sa retraite en quittant le costume de James Bond : ses mimiques et son œil qui pétille sont usés jusqu’à la corde.
Dès lors, c’est l’escalade, puisque l’on découvre bien vite que le méchant en question n’est pas intéressé par l’argent, mais (sans doute) par une vengeance bien plus personnelle. C’est sur ce mystère que joue le film, et la résolution ne décevra personne. En attendant, Pierce-le-pas-gentil contraint le couple Ultra Brite à exécuter pour son bon plaisir une série d’épreuves haletantes (pour eux, pas pour nous) : courir très vite pour déposer une enveloppe, trouver 300 dollars, tenir en équilibre en haut d’un building… Dans le genre sensations fortes, l’émission « Fear factor » faisait sans doute aussi bien. Son personnage étant particulièrement brimé, Gerard Butler se surpasse pour jouer la souffrance, et se révèle autrement moins convaincant que dans 300. Ici, il ressemble à un Julian MacMahon sans sex-appeal. Et c’est fichtrement ridicule.
Déjà bien naze dans son déroulement (comme une version toute pourrie de The game), Le chantage se savoure bien davantage une fois la révélation finale accomplie. C’est juste après ce dernier plan se voulant particulièrement édifiant et cruel que le film de Barker libère enfin son potentiel de stupidité. Bizarrement, on ressort du film presque enthousiaste, ahuri par tant d’audace, avec une envie inavouable d’aller le revoir aussitôt pour savourer avec un œil nouveau la profonde bêtise de chacun de ses rouages. Faudrait quand même pas déconner.
4/10
(également publié sur Écran Large)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz