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21 janv. 2009

YES MAN

Il y a dix ans, dans Menteur menteur, Jim Carrey se trouvait sous l'emprise d'une malédiction le contraignant à dire la vérité tout le temps, même quand elle fâche. Cette fois, c'est un simple engagement envers une sorte de secte qui pousse son personnage à dire oui à tout bout de champ, lui qui auparavant disait niet à tout va. On ne peut que comparer ces deux films qui, sur un postulat voisin, connaissent des réussites diverses. Dynamique et échevelé (presque) jusqu'au bout, le film de Tom Shadyac était un divertissement réussi et un véhicule idéal pour la folie carreyienne. Sous la houlette du laborieux Peyton Reed (La rupture), Yes man est quant à lui une petite déception qui laisse les zygomatiques au repos.
Déjà, et même si ce n'est pas le devoir premier d'une grosse comédie ricaine, la psychologie des personnages est absolument nulle. Si bien que l'évolution de l'intrigue, qui ne répond à aucune logique, pâtit d'un manque total de crédibilité. On pouvait s'attendre à ce que le scénario fasse preuve d'un certain schématisme, mais là, c'est le pompon. Après une phase d'exposition durant laquelle le héros dira non à tout, révélant ainsi sa nature d'homme malheureux car frustré, il faudra une toute petite scène avec un vague gourou pour qu'il se mette du jour au lendemain à accepter toutes les propositions, invitations et ordres s'adressant à lui. Et sans jamais trahir son engagement. On n'y croit pas une seconde, d'autant que tout cela est illustré par une série de saynettes souvent prévisibles. Même les épisodes les plus osés sentent un peu la naphtaline car on les voit arriver longtemps à l'avance, telle cette découverte forcée de la gérontophilie par un héros dégoûté mais obligé de s'y plier (pourquoi ? on n'en sait rien, c'est comme ça).
Le bilan du film est simple : les scènes les plus drôles sont celles où Carrey grimace, fait une overdose de Red Bull ou s'entoure la tête de scotch pour se transformer en freak. C'est dire à quel point Yes man échoue à exploiter son pitch, se reposant uniquement sur son acteur principal. Le pire dans tout ça : la love story moisie du héros avec une fille très rock'n roll, interprétée par une Zooey Deschanel qui n'en finit plus de décevoir. Devinez quoi : à la fin, pour lui montrer à quel point il l'aime, il finira par lui montrer qu'il sait encore dire non. Un côté fleur bleue tout pourri qui nuit encore un peu plus à cette comédie de bas étage.
3/10

(autre critique sur Sur la route du cinéma)

23 juin 2006

LA RUPTURE

Il ne faut pas être superstitieux pour jouer dans un film nommé La rupture avec l'amoureux qu'on s'est trouvé il y a moins d'un an. Et il ne faut sans doute pas être très exigeant non plus pour accepter de tourner un scénario aussi bâclé.
La rupture part d'une idée sympathique : au lieu de mettre une heure et demie pour que le bellâtre et la grande blonde réalisent enfin qu'ils sont faits l'un pour l'autre, Vince Vaughn et ses compères d'écriture ont tenté l'expérience inverse. Prenez un homme et une femme, faites-les se rencontrer pendant les cinq premières minutes, s'aimer sincèrement pendant le générique, puis disséquez soigneusement leur rupture et le jeu de massacre qui s'en suit. Ça aurait dû être drôle, une sorte de Guerre des Rose light où tous les coups sont permis à condition de ne tuer personne. Ça n'est qu'une laborieuse pantalonnade pas vraiment drôle et plus bavarde qu'un troupeau de coiffeuses. Si Vince Vaughn, yeux à la retourne et petite brioche, fait comme d'habitude des merveilles dans un rôle de moulin à paroles comme il les affectionne (et qu'il s'est d'ailleurs taillé sur mesure), sa douce Jennifer Aniston semble une fois de plus avoir du mal à s'imposer sur grand écran (sa seule prestation convaincante jusqu'ici est l'excellent The good girl). Résultat : le duel tourne court, tellement déséquilibré que ça en devient inintéressant. Pire, on a l'impression d'assister à une vraie fausse adaptation d'un épisode de "Friends". Mêmes situations délirantes, mêmes personnages (le dragueur, la cuisinière maniaque, le pote à côté de la plaque), mêmes intérieurs douillets... Même le titre "Friends" convient parfaitement, puisqu'autour du couple Aniston/Vaughn se dressent Justin Long, Vincent d'Onofrio, Jon Favreau, tous des potes de Vince. Il y a même un certain Vernon Vaughn dans un rôle pas négligeable. Il y a des limites au copinage, surtout quand les potes choisis ne conviennent pas du tout pour leurs rôles.
Épuisé par tant de blabla, écoeuré par l'avalanche de guimauve qui nous tombe dessus dans la dernière (et interminable) demi-heure, on sort de La rupture franchement agacé, déçu de ne pas avoir assisté à la délicieuse anti-comédie romantique annoncée.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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