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8 févr. 2007

LA NUIT AU MUSÉE

Qui n'a jamais rêvé de passer une nuit entière dans grand musée (réponse : moi ; je préfèrerais un vidéo-club)? Voilà en tout cas une idée qui fait rêver plus d'un gosse. Mais que dire alors lorsqu'on parle d'un musée où les statues et autres animaux empaillés s'animent dès que la nuit tombe? Sur ce postulat à mi-chemin entre Jumanji et L'indien du placard, le tâcheron Shawn Levy brode une comédie pas déplaisante mais surtout très familiale (dans le mauvais sens du terme, si l'on peut dire).
Pas vraiment de surprise dans cette Nuit au musée : si au départ, le gardien de nuit novice va être légèrement surpris par ces évènements un rien fantastiques, il va ensuite apprendre à s'y faire, se sentir comme un poisson dans l'eau avant de devoir surmonter une terrible épreuve finale. Les gentils finiront contents et les méchants (car il y en a) seront allègrement punis. Voilà. Alors à défaut d'être franchement cueilli par ce déferlement de (bons) effets spéciaux et cette pluie moraliste, on se contentera de déguster quelques gags bien sentis et surtout des numéros d'acteurs comme on les aime. Si Ben Stiller semble toujours avoir du mal à se lâcher lorsqu'il sait que la moyenne d'âge de son public est d'environ 12 ans, il nous gratifie tout demême de quelques mimiques dont il a le secret. Mais c'est surtout l'impayable duo Owen Wilson - Steve Coogan qui épate la galerie, dans un numéro de duettistes lilliputiens franchement savoureux. Pour le reste, La nuit au musée se visite poliment, sans passion ni déplaisir.
5/10

17 oct. 2006

FRIENDS WITH MONEY

Elles sont quatre, femmes au foyer, pétées de thune pour la plupart, mais quand même un peu désespérées sur les bords. Ça vous rappelle quelque chose? Pourtant, non, nos quatre héroïnes n'habitent pas Wisteria Lane. Pas de coucheries avec le jardinier (plutôt avec le coach sportif), pas de mari sado-maso (plutôt un potentiellement gay). A priori, Friends with money a un sérieux goût de déjà-vu. A priori seulement. Car malgré les apparences, le film de Nicole Holofcener n'est pas un bête produit opportuniste surfant sur la vague de Desperate housewives.
Ancré dans la réalité, sacrément mélancolique, Friends with money ne cherche pas qu'à faire rire et soulève des questions épineuses et plus profondes qu'il n'y paraît : que faire de son fric quand on est trop riche, pourquoi choisir d'être femme de ménage alors qu'on pourrait être enseignante, mettre ou ne pas mettre ce très court de costume de soubrette offert par son lutineur du moment (délicieux moment offert par mademoiselle Aniston en personne)... Si les sujets abordés dans les séries dites "de filles" (Sex and the city et compagnie) sont souvent trop superficiels (cela étant dû, an partie, au format court), la réalisatrice a ici beaucoup à dire et pas mal à raconter. Non pas que ce soit incroyablement novateur, mais il y a là-dedans une amertume et une ironie capables de séduire tout un chacun.
Il faut dire que côté casting, c'est la panacée : Frances McDormand, Catherine Keener, Joan Cusack, joli plateau pour un premier film. D'autant que la quatrième roue de ce sympathique carrosse, c'est Jennifer Aniston, bigrement convaincante, loin de Rachel Greene dans la peau du personnage le plus meurtri, angoissé, seul, fauché, paumé du film. Une fille comme les autres avec des jambes de rêve. Et enfin un rôle consistant, qui confirme la bonne impression laissée par The good girl. Face à ces quatre-là, il fallait un troupeau de mecs suffisamment solides pour encaisser le choc et éviter le déséquilibre. C'est chose faite grâce à un paquet d'acteurs dont on ne connaît jamais vraiment le nom, parmi lesquels l'excellent Greg Germann, mémorable Richard Fish d'Ally McBeal (décidément, les séries "pour filles" nous poursuivent).
Rien de révolutionnaire, pas de quoi crier au génie, juste l'assurance d'un bon moment lucide et plutôt intelligent : c'est le programme d'un Friends with money plus attachant que la moyenne.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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