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30 nov. 2008

-Home delivery- [episode 1 : ascenseurs, farfadets et gros bourrins]

Près d'un an après la cessation d'activité d'Avoir raison à la maison, voici -Home delivery-, bilan plus ou moins régulier des dernières sorties DVD. Soit un bref passage en revue des films n'ayant pas eu les honneurs des salles, ou qui m'avaient échappé...

Merveilleux au rabais
Le semi-échec de Spiderwick en salles s'explique par son scénario inabouti et ses scènes d'action trop effrayantes pour les mioches. Ça charcle sans répit, et les membres tranchés et passage à trépas sont légion. Sinon, c'est un film bien sous tous rapports, avec son petit héros propre sur lui (l'inévitable Freddie Highmore, dans un double rôle) et sa morale républicaine (isolationnisme, auto-défense et massacre des étrangers). Pas détestable du tout, mais franchement inoffensif. Heureusement, il y a Mary Louise Parker, lovely MILF qui finit par se rallier à ses mioches pour bouter l'envahisseur hors de chez elle.
4/10
Les chroniques de Spiderwick de Mark Waters. Sortie en salles : 16 avril 2008. Sortie en DVD & Blu-ray : 12 novembre 2008. Paramount home entertainment.



Bas étage
Trois personnes, un ascenseur, 24 heures d'enfermement... et un serial killer, promis sur la jaquette. Au final, Blackout est un film vide de sens, une heure d'expectative (flashbacks inutiles et fragments de suspense) pour vingt minutes de résolution d'une énigme que le réalisateur avait soigneusement oublié de poser. Sans enjeu ni intensité, cette série B bien maigrichonne mérite de rester tout au fond des bacs des vidéo-clubs. Préférez revoir L'ascenseur de Dick Maas, très daté mais fichtrement amusant.
2/10
Blackout de Rigoberto Castañeda. Direct to video. Sortie en DVD & Blu-ray : 9 décembre 2008. Seven 7.



Con comme un biceps

Never back down est évidemment le genre de film dont on peut dire tout et son contraire. Intelligent comme un teen movie mâtiné de Dolph Lundgren, c'est un gros machin bien bourrin avec une ribambelle de dialogues clichés et de combats qui assurent l'essentiel. On peut choisir de prendre ça au millième degré afin de passer un bon moment. Cela n'empêche pas de constater les défauts de ce très long-métrage de presque deux heures. À la rigueur, mieux vaut (re)voir un bon vieux Van Damme. À la rigueur.
2/10
Never back down de Jeff Wadlow. Sortie en salles : 16 avril 2008. Sortie en DVD & Blu-ray : 12 novembre 2008. Warner home video.

4 avr. 2008

AUGUST RUSH

"La musiqueu, oui, la musiiiqueuuu, je le sais sera la clé de l'amour de l'amitié" (air connu). C'est en gros le message d'August rush, message de tolérance et d'ouverture aux autres par le biais de la musique. Entendons-nous bien : il faut vraiment être une pure midinette et n'avoir jamais rien vu ni lu pour apprécier un tant soit peu cette meringue bien exécutée certes, mais surtout incroyablement conventionnelle. Tout, de la tronche de cake de l'insupportable Freddie Highmore (dont on peut vivement souhaiter qu'il reste à jamais bloqué dans l'univers des Minimoys de Luc Besson et ne revienne jamais dans le monde des humains) à la larmoyance faussement retenue de Keri Russell, fait converger le film vers l'académisme le plus total.
Pourtant, si l'incroyaaaaable destin de ce mioche orphelin mais pas trop n'a vraiment rien d'exceptionnel, la sincérité visible avec laquelle la réalisatrice Kirsten Sheridan s'acquitte de sa tache a de quoi susciter une certaine indulgence. Feutrée et plutôt sobre, la mise en scène empêche August rush de sombrer dans le degré le plus pathétique du mélodrame. Côté acteurs, la bonne surprise vient de Robin Williams, assez convaincant dans la peau d'un clochard céleste (en apparence du moins) qui finit par dévoiler sa part la plus sombre. Lui que l'on a vu si agaçant ailleurs est à l'origine de quelques-unes des meilleures scènes d'un film somme toute très ordinaire.
4/10

10 janv. 2007

UNE GRANDE ANNÉE

Passée la surprise de voir Ridley Scott s'attaquer à un sujet aussi classique et superficiel, il est encore possible de trouver un semblant d'intérêt à Une grande année. Cousue de fil blanc, l'histoire de ce trader au coeur sec qui va finir par fondre pour la Provence, ses vignobles et la fille qui va avec? Totalement, oui ; pourtant, on marcherait presque.
Il faut dire que la maladresse de Scott à faire de la comédie donnerait presque du charme au film. Montage souvent saccadé, filmage à la sauce vidéoclip, effets visuels inappropriés pour mettre en valeur des gags un peu faibles... Par moments, on jurerait que Ridley a passé la caméra à son frère Tony-le-surexcité (ou qu'il s'est enfilé deux bouteilles avant de tourner). Et puis Russell Crowe joue très bien les sales cons (rôle de composition? pas sûr du tout), face à uen Marion Cotillard très en forme(s).
On pouvait craindre une vision ultra stéréotypée de la France profonde, et pourtant il n'en est (presque) rien. Les Français et les Anglais sont traités à valeur égale : chaque camp en prend gentiment pour son grade, sans verser dans les clichés "bérêt-baguette contre parapluie dans le cul". Et si la petite ville provençale où se situe le film a des airs de carte postale pour touristes, c'est parce que c'est également le cas dans la vraie vie.
Il suffit alors de se boucher les oreilles pour oublier que la chanson "Lolita" d'Alizée n'a rien à faire là, et de se faire rapidement à la présence de Didier Bourdon dans un Ridley Scott. Alors Une grande année s'impose comme un divertissement sans aucune prétention, ni celle de nous surprendre, ni celle de nous faire pisser de rire. Au pays des grands crus, le film ressemble en fait à un tout petit rosé servi très frais : idéal pour étancher la soif, possiblement grisant en fin de soirée, mais aussitôt bu aussitôt oublié.
5/10

18 déc. 2006

ARTHUR ET LES MINIMOYS

Il s'appelle Arthur, c'est un jeune garçon à tête d'ahuri (ce Freddie Highmore est presque aussi agaçant que Haley Joel Osment), et il décide d'aller explorer le petit monde qui se trouve au fond de son jardin, de ramener le trésor qui s'y cache, et de sauver ainsi la maison de sa grand-mère, menacée par un vilain promoteur. Qui a été un enfant a déjà lu ce genre d'histoire mille cinq cent douze dois, mais peu importe, ça ne dérange pas Luc Besson, dont la réputation de voleur d'idées n'est plus à faire.
Arthuer et les minimoys mêle animation et prises de vues réelles. Ça commence donc dans le monde des humains, avec une Mia Farrow qui fait de la peine et un Highmore à baffer. Visiblement peu intéressé par cette partie du film, la moins technique, Besson plante sa caméra à la va comme je te pousse et met laborieusement en place une histoire pas transcendante. Puis on plonge dans le Monde des Minimoys, êtres minuscules bien en galère à cause d'un gros gros méchant surnommé M le Maudit (z'avez vu la force des références). De "Minipouss" en Borrowers, on a déjà visité ce genre d'univers plus d'une fois, et passée une première approche intrigante (l'animation n'est tout de même pas mal), que dalle. L'univers est assez peu imaginatif, Besson chipe des gags à Princess Bride et Chérie j'ai rétréci les gosses, les scènes d'action sont illisibles et l'humour bessonien. L'ennui.
Il y a bien çà et là quelques personnages rigolos et deux ou trois répliques bien senties, mais rien qui puisse rivaliser une seconde avec un Harry Potter (autre modèle de Besson, qui n'a ni l'imaginaire ni le talent d'écriture de JK Rowling). L'ensemble est clairement destiné aux enfants : niais, sans surprises, extrêmement candide (un plaidoyer pour la sauvegarde de l'environnement dont l'angélisme ferait marrer Nicolas Hulot lui-même). Pour ce qui devrait être son dernier film (s'il tient sa promesse), Besson finit sur les rotules, avec ce film aussi mou et sans relief que l'étaient les synopsis (pardon, les romans) qu'il a lui-même écrits. Il devrait y avoir trois suites à Arthur et les minimoys. Mais a-t-on vraiment envie de voir ça?
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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