Affichage des articles dont le libellé est Didier Bourdon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Didier Bourdon. Afficher tous les articles

8 juil. 2009

BAMBOU

Cela faisait bien deux mois qu'aucun film sorti en salles n'avait eu un chien pour tête d'affiche. En attendant le dernier Claude Berri (relayé par François Dupeyron) dont la trame est sensiblement la même, voici donc Bambou, sorte de Marley & moi version française. Le chien y est décrit comme le moteur apparent des divergences conjugales, avant de révéler au contraire sa nature de catalyseur des tensions familiales. Ici comme ailleurs, Bambou est donc le seul et unique lien social pouvant permettre au couple-star de se rabibocher. Pas très original ? C'est le moins qu'on puisse dire, d'autant que le film entier est à l'avenant : pour Didier Bourdon (qui, rappelons-le, fut drôle à l'époque des Inconnus), la présence d'un cabot est vecteur de mille et un gags éculés et/ou vulgaires, principalement à base de pipi, de caca, de vieux slips et de chaussures mâchouillées. Et l'ensemble est suffisamment mal exécuté pour que même les enfants n'y trouvent pas leur compte.
Bourdon reprend à son compte les recettes utilisées dans les films des Inconnus (notamment Le pari) et dans son précédent Sept ans de mariage, tous les films pouvant se résumer de la même façon. En gros, c'est l'histoire d'un type que son unique obsession (la clope, la baise, un clebs) va faire sombrer dans la folie et la misère sociale, avant qu'un ultime souffle rédempteur ne finisse par le sauver. Autant dire qu'on connaît le film par coeur avant même de l'avoir vu, qui plus est lorsqu'il est joué par un Didier Bourdon de plus en plus mauvais. Pour un peu, on se ficherait presque de la laideur formelle de l'ensemble, tant le fond suffit à provoquer la consternation.
Mais Bambou n'est pas qu'une mauvaise comédie : Bourdon tient absolument à faire passer un message, à jouer les artistes engagés avec un coeur gros comme ça. Outre sa vision démagogue du couple (sur la parité, la pilule, le travail des femmes...), il se livre à une diatribe contre le système bancaire et la grande bourgeoisie, avec de si gros sabots qu'il vous dégoûterait presque d'être anti-capitaliste. D'un ennui mortel, d'une platitude absolue, Bambou enfonce encore un peu plus un mec qui semble ne plus rien valoir sans ses compères d'antan.




Bambou de Didier Bourdon. 1h30. Sortie : 08/07/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

10 janv. 2007

UNE GRANDE ANNÉE

Passée la surprise de voir Ridley Scott s'attaquer à un sujet aussi classique et superficiel, il est encore possible de trouver un semblant d'intérêt à Une grande année. Cousue de fil blanc, l'histoire de ce trader au coeur sec qui va finir par fondre pour la Provence, ses vignobles et la fille qui va avec? Totalement, oui ; pourtant, on marcherait presque.
Il faut dire que la maladresse de Scott à faire de la comédie donnerait presque du charme au film. Montage souvent saccadé, filmage à la sauce vidéoclip, effets visuels inappropriés pour mettre en valeur des gags un peu faibles... Par moments, on jurerait que Ridley a passé la caméra à son frère Tony-le-surexcité (ou qu'il s'est enfilé deux bouteilles avant de tourner). Et puis Russell Crowe joue très bien les sales cons (rôle de composition? pas sûr du tout), face à uen Marion Cotillard très en forme(s).
On pouvait craindre une vision ultra stéréotypée de la France profonde, et pourtant il n'en est (presque) rien. Les Français et les Anglais sont traités à valeur égale : chaque camp en prend gentiment pour son grade, sans verser dans les clichés "bérêt-baguette contre parapluie dans le cul". Et si la petite ville provençale où se situe le film a des airs de carte postale pour touristes, c'est parce que c'est également le cas dans la vraie vie.
Il suffit alors de se boucher les oreilles pour oublier que la chanson "Lolita" d'Alizée n'a rien à faire là, et de se faire rapidement à la présence de Didier Bourdon dans un Ridley Scott. Alors Une grande année s'impose comme un divertissement sans aucune prétention, ni celle de nous surprendre, ni celle de nous faire pisser de rire. Au pays des grands crus, le film ressemble en fait à un tout petit rosé servi très frais : idéal pour étancher la soif, possiblement grisant en fin de soirée, mais aussitôt bu aussitôt oublié.
5/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz