Affichage des articles dont le libellé est Christian Berkel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Christian Berkel. Afficher tous les articles

20 janv. 2009

WALKYRIE

Le Mal. Le sujet favori de Bryan Singer, celui qui a donné lieu aux plus belles scènes de sa filmographie. D'Un élève doué au prologue de X-men, on sentait tout particulièrement poindre la fascination morbide du metteur en scène pour le nazisme et l'imagerie qui va avec. Fascination qui contaminait le spectateur le plus pervers, ravi de voir sujet aussi délicat traité avec autant d'ambiguïté. D'où un total ravissement à l'idée de voir Singer plonger dans les arcanes du nazisme, pour ce qui s'annonçait comme un film-somme sur la trahison, le combat idéologique et la délicate odeur de putréfaction semée un peu partout par ce régime. Enfer et damnation : Walkyrie, ce n'est pas ça du tout. Walkyrie, c'est deux heures de cinéma aussi manichéen que peu spectaculaire, où de gentils nazis discutent pendant des heures de la stratégie à adopter pour venir à bout des méchants nazis.
Si le film semble assez difficile à caractériser, on pourrait en revanche dresser une très longue liste pour décrire ce qu'il n'est pas. Fin, ambigu, spectaculaire, crédible, haletant, bien filmé, homogène. Rien que ça. Le propos politique se résume à un simple « Hitler n'est pas l'homme qu'il faut à l'Allemagne » (oui, certes, mais encore ?), rapidement relayé par d'interminables considérations tactiques. Bavard sans raison, Walkyrie montre rapidement ses limites ; c'est au contraire dans ses rares silences qu'il est le plus impressionnant. Quelques courtes scènes où les personnages doivent attendre - une explosion, un verdict, un appel - renferment plus de tension que l'ensemble des dialogues. Rapidement, le nazisme ne devient qu'une sorte de McGuffin un peu vague que les scénaristes auraient très bien pu remplacer par un autre régime.
Le tout s'inscrit dans une pure logique de suspense, qui là encore ne tient pas debout très longtemps. Oui, évidemment, l'attentat contre Hitler finira par échouer. Mais un grand cinéaste aurait réussi à captiver l'audience en contant les circonstances de cet échec, voire même en nous faisant oublier que l'issue est connue. Singer échoue totalement à créer un quelconque suspense, d'autant qu'il manque de cohérence dans ses intentions. Entre deux scènes se voulant réalistes s'insèrent maladroitement des séquences romanesques et téléphonées, concernant notamment la mise en place de l'attentat. Il y a là-dedans quelques rebondissements et raccourcis fort ridicules, avec notamment la sacoche la plus drôle du monde.
Heureusement, la direction d'acteurs est juste, avec notamment un Tom Cruise épatant de sobriété. Planqué derrière son bandeau de pirate, il est l'instrument idéal pour permettre à Singer d'exprimer sa fascination pour la monstruosité, avec des plans réguliers sur ses moignons (il n'a plus que trois doigts) et son oeil de verre. C'est là la seule vraie idée de mise en scène d'un film à la réalisation bizarrement impersonnelle, vieillotte et sans partis pris. Et comme John Ottman est de retour au montage et à la musique, c'est le coup de grâce pour un film qui n'en avait pas besoin. Pas détestable mais juste très plat, Walkyrie est une belle déception, qui prouve que Singer est pétri de bonnes intentions mais continue à avoir du mal à les coucher sur la pellicule.
4/10

(autre critique sur CineManiaC)

30 nov. 2006

BLACK BOOK

Après une demi-douzaine de films aux Pays-Bas, puis à peu près autant aux États-Unis, Paul Verhoeven a quitté l'oncle Sam pour regagner sa terre natale. Black book est le premier film de sa seconde carrière hollandaise, et si la suite est du même acabit, on signe illico pour qu'il ne retourne jamais en Amérique.
Thriller, film d'aventures, polar, film historique, Black book mélange allègrement les genres du début à la fin sans jamais perdre le spectateur, qui s'agrippe à son siège et tape des pieds pendant 2h25. On a rarement vu un film de cette durée être à ce point dépourvu de temps morts, de scènes en creux ou de passages un peu inutiles. Chaque scène est ici un vrai régal, tant par la mise en scène de Verhoeven (qui est quand même un maître en la matière) que par la densité du scénario. Il y a du suspense dans chaque coin de chaque plan du film, sans pour autant que Black book ne se transforme en un simple thriller du genre "Ellis contre les nazis". La réalité historique n'est à aucun moment sacrifiée, et le film mêle avec brio les grands moments de la petite histoire hollandaise et les rebondissements propres à l'intrigue. Ceux-ci sont souvent inattendus, ou en tout cas servis à des moments inattendus. D'où un spectacle formidable et intelligent, qui propose une vraie réflexion sur la trahison et l'identité de chqaue être. Pour donner une idée de l'intrigue, Black book raconte le destin d'une jeune juive hollandaise qui entre dans la Résistance et accepte de devenir la maîtresse d'un dirigeant de la Gestapo pour mieux lui soutirer des informations. Sachant que ceci ne constitue que la première demi-heure du film, on comprendra que Black book part sans cesse là où l'on ne lattend pas avec un plaisir continu et sans cesse renouvelé. Rendons hommage à l'actrice principale, Carice Van Houten, qui rejoint l'admirable galerie des grandes interprètes féminines (et ultra-sexy) de chez Verhoeven, metteur en scène brillant dont les films sont toujours chargés en électricité sexuelle.
Hormis un prologue et un épilogue un peu superflus (mais heureusement très courts), Black book est un film épique et délectable qui touche à la perfection, loin des innombrables films-clichés sur la Résistance ou le nazisme. On n'en attendait pas moins de Paul Verhoeven.
9/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz