Affichage des articles dont le libellé est Carole Bouquet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Carole Bouquet. Afficher tous les articles

15 juin 2009

JE VAIS TE MANQUER

Le film choral est décidément un genre à prendre avec des pincettes, surtout lorsque le scénario peut se résumer à « c'est l'histoire de personnages qui se croisent à l'aéroport ». Le lieu est en effet la seule unité de Je vais te manquer, premier film d'Amanda Sthers, qui semble avoir choisi la facilité pour ses grands débuts au cinéma. Si on peine à comprendre le véritable intérêt de l'ensemble, on peine également à trouver un quelconque plaisir, même bêtement immédiat devant ce film décousu et hétéroclite. Mêler farce, comédie romantique et drame au coeur d'une même oeuvre avait quelque chose de casse-gueule, et Sthers se plante effectivement en beauté, mixant ensemble des histoires aux tons bien différents mais à d'une banalité permanente.
Chaque histoire, chaque personnage relève de l'archétype et est traité comme tel : l'écrivain misanthrope et sans inspiration (qui, rassurez-vous, finira par montrer qu'il a un coeur), le méchant flic fan de 24 et très raciste (bah oui, sa femme est partie avec un arabe), la célibataire désespérée, le père célibataire désespéré lui aussi (devinez comment finiront ces deux-là ?)... S'il y a bien quelques petits moments de tendresse, ils sont davantage dus à la qualité de certains interprètes qu'au contenu du scénario, où des dialogues souvent caricaturaux succèdent à des anecdotes faussement pittoresques. Patrick Mille est plutôt pas mal ; Monique Chaumette et Michael Lonsdale sont touchants ; Cécile Cassel a des yeux magnifiques. C'est à peu près tout.
Il paraît qu'Amanda Sthers, de romans en pièces de théâtre, s'est affirmée comme une artiste à suivre de très près, méritant mieux que sa simple appellation d'« ex de Patrick Bruel » (merci les tabloids). Ce n'est pas ce Je vais te manquer qui lui vaudra de nouveaux fans, tant il est difficile de se passionner pour cet univers lisse et assez banal. Tout n'est pas perdu, d'autant que la mise en scène est relativement correcte ; lui reste à se trouver un style, à arrêter de nous abreuver de musique (la BO est ignoble et empêche parfois de suivre les dialogues) et à mener une vraie introspection afin de déterminer pourquoi diable elle a envie de faire du cinéma. Tel quel, Je vais te manquer ressemble plus à un petit caprice d'écrivain qu'à une réelle entreprise artistique.




Je vais te manquer d'Amanda Sthers. 1h35. Sortie : 10/06/2009.
Autre critique sur In the mood for cinema.

19 déc. 2008

LES ENFANTS DE TIMPELBACH

Livrer des enfants à eux-mêmes ne semble décidément pas être une bonne idée. Après le très raté Big city, western en culottes courtes de Djamel Bensalah, Nicolas Bary se lance au cinéma avec l'adaptation du roman d'Henry Winterfeld, qui a bercé des génrations de jeunes lecteurs. Une Guerre des boutons nouvelle génération, qui s'empare d'un village déserté par les parents pour cause de mouflets intenables. Des mioches qui vont donc se retrouver face à leurs responsabilités, d'où une bataille féroce entre les gentils-qui-veulent-que-les-parents-rentrent et les vilains-qui-fichent-la-pagaille. Après une mise en place rigolote (joli numéro d'Armelle en instit psychorigide), on bascule malheureusement dans une sorte de faux rythme qui nuit à la fois à l'humour et au gentil petit suspense du film.
On sent que Bary n'est pas tout à fait à l'aise aux commandes de ce film doté d'un budget certain : il fait mumuse avec quelques gadgets un peu high-tech, mais oublie tout simplement de raconter son histoire et de donner du souffle au récit. De gros problèmes de timing et de montage entachent notamment la qualité des gags, qui tombent souvent à l'eau. En dépit de l'énergie des jeunes acteurs, ceux-ci peinent à donner du corps à des personnages mal dégrossis, pas à la hauteur des héros de Winterfeld. Et si les seconds couteaux sont rigolos, les leaders des deux camps ont le charisme d'une endive, ce qui ne donne pas envie de prendre parti (même si ça a quand même l'air plus rigolo de faire des bêtises).
Si les enfants s'amusent et s'émerveillent (la direction artistique est assez réussie), l'adulte pourra légitimement bouder devant un film inabouti et hétérogène. On frôle l'overdose d'univers et d'influences, comme dans un Pacte des loups interdit aux plus de dix ans. Pourquoi pas prendre des distances avec le matériau d'origine ; mais les modifications apportées sentent plus le marketing (gadgets à gogo) que la véritable envie de moderniser l'ensemble. S'il s'en sort moins mal que Bensalah, Bary confirme qu'il est bien difficile de ne baser un film que sur des gamins et d'en faire de vrais petits adultes.
4/10
(également publié sur Écran Large)

17 déc. 2007

SI C'ÉTAIT LUI...

On entend souvent dire çà et là que pour monter un film en France, il est nécessaire et suffisant de trouver une tête d'affiche susceptible d'attirer la ménagère. Si ce genre de généralité est habituellement à proscrire, des films comme Si c'était lui... tendraient presque à nous faire reconsidérer cette idée. Car mis à part son duo d'acteurs (elle, fantasme pour quinquas encravatés, et lui, roi de la varièt' au succès revolver), le film d'Anne-Marie Étienne n'a absolument rien pour lui. On passera rapidement sur la laideur téléfilmique de l'ensemble, car c'est surtout du côté du fond que le film donne des boutons.
Dans ce scénario binaire, une écrivain un peu bourge croise un beau clodo un peu paumé, et s'il leur faudra en effet plus d'une heure trente pour faire chabadabada, les étapes intermédiaires ne sentent pas vraiment la comédie romantique. Anne-Marie Étienne emprunte à Brigitte Rouän et à son Travaux son interprète principale, son hystérie BCBG, et son moralisme social, repoussant un peu plus les limites du nauséeux. C'est que, voyez-vous, les pauvres, c'est bien gentil, mais même avec le gîte et le couvert, ils trouvent encore le moyen de se plaindre. Étienne plonge la tête la première dans ce qu'elle tente si maladroitement de dénoncer, c'est-à-dire les préjugés à l'égard des mal lotis. Ça donne un film non seulement très ennuyeux, mais surtout très gênant.
Dans ces conditions, on aimerait se rabattre très vite sur le plaisir pris au contact des acteurs. Mais non. Depuis qu'elle joue autre chose que des coincées, on dirait que Carole Bouquet a forcé sur les amphétamines. Marc Lavoine n'est absolument pas crédible en clochard céleste, son joli brushing étant à peine terni par un effet "cheveux sales". Quant à Florence Foresti, elle peine décidément à trouver sa place au cinéma, livrant une prestation excessive et agaçante, semblant répéter encore et encore ses sketches télévisuels. Non, décidément, rien à sauver de ce mauvais téléfilm qui arrachera peut-être un sourire ou deux aux plus rétrogrades d'entre nous.
2/10
(également publié sur Écran Large)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz