Chaque histoire, chaque personnage relève de l'archétype et est traité comme tel : l'écrivain misanthrope et sans inspiration (qui, rassurez-vous, finira par montrer qu'il a un coeur), le méchant flic fan de 24 et très raciste (bah oui, sa femme est partie avec un arabe), la célibataire désespérée, le père célibataire désespéré lui aussi (devinez comment finiront ces deux-là ?)... S'il y a bien quelques petits moments de tendresse, ils sont davantage dus à la qualité de certains interprètes qu'au contenu du scénario, où des dialogues souvent caricaturaux succèdent à des anecdotes faussement pittoresques. Patrick Mille est plutôt pas mal ; Monique Chaumette et Michael Lonsdale sont touchants ; Cécile Cassel a des yeux magnifiques. C'est à peu près tout.
Il paraît qu'Amanda Sthers, de romans en pièces de théâtre, s'est affirmée comme une artiste à suivre de très près, méritant mieux que sa simple appellation d'« ex de Patrick Bruel » (merci les tabloids). Ce n'est pas ce Je vais te manquer qui lui vaudra de nouveaux fans, tant il est difficile de se passionner pour cet univers lisse et assez banal. Tout n'est pas perdu, d'autant que la mise en scène est relativement correcte ; lui reste à se trouver un style, à arrêter de nous abreuver de musique (la BO est ignoble et empêche parfois de suivre les dialogues) et à mener une vraie introspection afin de déterminer pourquoi diable elle a envie de faire du cinéma. Tel quel, Je vais te manquer ressemble plus à un petit caprice d'écrivain qu'à une réelle entreprise artistique.
Je vais te manquer d'Amanda Sthers. 1h35. Sortie : 10/06/2009.
Autre critique sur In the mood for cinema.