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17 févr. 2008

UN CHÂTEAU EN ESPAGNE

D'emblée, un grand bravo à Isabelle Doval. Après un Rire et châtiment inspiré et transcendé par son mari José Garcia, la réalisatrice a fait le choix ô combien respectable de mener sa barque indépendamment de son époux et de ses amies les stars. Pas sûr que beaucoup de femmes de (ça marche aussi avec "fils de" et autres liens de parenté) aient fait de même. Surtout pas pour prendre le parti du contre-pied le plus total en offrant la tête d'affiche de leur deuxième long à deux gamins de 12 et 14 ans.
Visant une cible de pré-ados, Un château en Espagne est le récit d'une amitié vraie et forte entre deux petits mecs ayant pourtant reçu des éducations bien différentes. Voilà un film garanti sans cynisme, prônant l'ouverture aux autres et la solidarité. Aucun méchant, que des bons sentiments : ça peut légitimement exaspérer les plus de 16 ans, qui auront l'impression d'assister à un long spot publicitaire pour une marque de purée ou de pâte à tartiner. D'autant que si le côté "djeunz" est plutôt réussi, les quelques scènes entre adultes (concernant notamment la vie sentimentale du personnage d'Anne Brochet) sont à la fois caricaturales et hors de propos.
Pour le reste, Un château en Espagne remplit plutôt bien son contrat. De l'intrigue de base découle un vrai suspense allant crescendo, ce qui fait de la dernière demi-heure la plus agréable du film. Et l'on se laisse volontiers cueillir par une fin inhabituelle pour ce genre de film : en deux scènes très fortes (une longue scène musicale, l'autre courte et muette), Isabelle Doval parvient à nous prendre à la gorge. De quoi faire oublier le tas de petites maladresses et incohérences qui jalonnent le film, qui constitue tout de même le contre programme idéal pour les parents souhaitant éviter à leurs enfants les hordes de blockbusters stupides qui fleurissent en ce mois de février.
5/10
(également publié sur Écran Large)

17 déc. 2007

SI C'ÉTAIT LUI...

On entend souvent dire çà et là que pour monter un film en France, il est nécessaire et suffisant de trouver une tête d'affiche susceptible d'attirer la ménagère. Si ce genre de généralité est habituellement à proscrire, des films comme Si c'était lui... tendraient presque à nous faire reconsidérer cette idée. Car mis à part son duo d'acteurs (elle, fantasme pour quinquas encravatés, et lui, roi de la varièt' au succès revolver), le film d'Anne-Marie Étienne n'a absolument rien pour lui. On passera rapidement sur la laideur téléfilmique de l'ensemble, car c'est surtout du côté du fond que le film donne des boutons.
Dans ce scénario binaire, une écrivain un peu bourge croise un beau clodo un peu paumé, et s'il leur faudra en effet plus d'une heure trente pour faire chabadabada, les étapes intermédiaires ne sentent pas vraiment la comédie romantique. Anne-Marie Étienne emprunte à Brigitte Rouän et à son Travaux son interprète principale, son hystérie BCBG, et son moralisme social, repoussant un peu plus les limites du nauséeux. C'est que, voyez-vous, les pauvres, c'est bien gentil, mais même avec le gîte et le couvert, ils trouvent encore le moyen de se plaindre. Étienne plonge la tête la première dans ce qu'elle tente si maladroitement de dénoncer, c'est-à-dire les préjugés à l'égard des mal lotis. Ça donne un film non seulement très ennuyeux, mais surtout très gênant.
Dans ces conditions, on aimerait se rabattre très vite sur le plaisir pris au contact des acteurs. Mais non. Depuis qu'elle joue autre chose que des coincées, on dirait que Carole Bouquet a forcé sur les amphétamines. Marc Lavoine n'est absolument pas crédible en clochard céleste, son joli brushing étant à peine terni par un effet "cheveux sales". Quant à Florence Foresti, elle peine décidément à trouver sa place au cinéma, livrant une prestation excessive et agaçante, semblant répéter encore et encore ses sketches télévisuels. Non, décidément, rien à sauver de ce mauvais téléfilm qui arrachera peut-être un sourire ou deux aux plus rétrogrades d'entre nous.
2/10
(également publié sur Écran Large)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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