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29 avr. 2008

THE DEAD GIRL

Qui dit film indépendant et casting foisonnant dit grosse curiosité, puisque autant de bons acteurs dans un si "petit" film ne peut qu'être une bonne nouvelle. D'où une certaine déception devant The dead girl, drame en cinq actes indépendants qui commence plutôt bien avant de s'effondrer en cours de route.
Le principe est simple : raconter l'histoire de cinq femmes liées de près ou de loin à la découverte du cadavre d'une jeune femme dans un champ. Cela commence par l'étrangère qui découvre le corps, et se terminera par la description des dernières heures de la victime. Cinq histoires liées à un même fait divers, mais racontées séparément, comme cinq courts-métrages juxtaposés. Une idée qui a déjà fait ses preuves par le passé, à condition de disposer d'un solide canevas polardeux ou d'histoires vraiment passionnantes. Le problème de Karen Moncrieff, c'est qu'on la sent très nettement perdre son inspiration à mesure que les scènes s'enchaînent. Ainsi, le premier segment (avec Toni Collete et Giovanni Ribisi) est le meilleur, et la qualité décroît ensuite de façon régulière. À tel point que les deux dernières parties tombent dans le sentimentalisme et le schématisme.
Dommage : la mise en scène efficace et une direction d'acteurs irréprochable aurait pu permettre au film d'atteindre des sommets. Ça aurait sans doute été le cas si The dead girl avait été à l'unisson de son premier segment, histoire sordide et glaçante mais traitée avec une grande justesse par une artiste dont on devine sans peine qu'elle possède un grand talent de portraitiste. Lui reste désormais à consolider son sens de l'intrigue et à ne pas se laisser emporter par ses travers larmoyants. On peut y croire.
5/10

26 avr. 2007

LOVE (ET SES PETITS DÉSASTRES)

Love (et ses petits désastres), c'est d'abord une affiche. Au-dessus d'un titre français pour le moins indigent, une ravissante paire de jambes, sans doute ultra retouchée par la grâce du numérique, et au bout une femme pour le moins intrigante (et pas moins retouchée, sans doute). Après avoir beaucoup joué les ados à problèmes, Brittany Murphy revient transformée, femme en diable, grimée comme Audrey Hepburn (son personnage adore Breakfast at Tiffany's), du talent en moins, de la friponnerie en plus. Dans Love (et ses petits désastres), Brittany joue Jacks (c'est un surnom), maaaaagnifique jeune femme qui voit des gays partout. Tant et si bien qu'en la présence d'hommes homosexuels (ou supposés), elle n'hésite pas à se mettre à l'aise. S'asseoir nue sur un tabouret de bar pour consulter innocemment un livre de cuisine ; aller ouvrir la porte en très petite tenue ; prendre son bain devant le visiteur ; danser un tango très très chaud avec lui... Le spectateur mâle est aux anges, et se moque un peu du quiproquo qui se met laborieusement en place (l'hidalgo gay qui devient l'un de ses meilleurs amis est en fait plus hétéro qu'hétéro). L'important, c'est Brittany. Brittany en robe de soirée, longs cils et robe élégante (elle a fait du chemin, la semi-pute de 8 mile). Brittany en jogging. Brittany en mini-jupe. Brittany et ses dessous échancrés. Brittany qui sourit. Brittany qui fait la moue. Brittany la classe. C'est la grande surprise du film : la demoiselle n'est pas que jolie à regarder, elle possède également un vrai charisme. On se contrefout alors totalement du scénario, qui n'est pourtant pas si idiot : passé le quiproquo principal et un peu lourdingue certes, Alek Keshishian offre une relecture de certains passages obligés du genre comédie romantique. Amusante mise en abyme (l'un des héros finira par écrire un livre à propos de toute cette histoire, qui deviendra vite un film guimauve avec Gwyneth Paltrow), piques sur le cinéma d'auteur... Moins affreux que le titre le laissait supposer, le scénario de Love n'est juste pas assez puissant pour ne pas être éclipsé par cette fille qui a du chien, Brittany Murphy (au cas où vous n'auriez pas retenu son nom), qu'on aura peut-être envie de baffer à nouveau dans un prochain film, mais qui ici ne peut que laisser songeur. Gasp.
5/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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