Affichage des articles dont le libellé est Sandra Bullock. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sandra Bullock. Afficher tous les articles

23 sept. 2009

LA PROPOSITION

Pour Ryan Reynolds, la vie ne doit pas être facile tous les jours. Pendant le tournage de La proposition, il devait se lever tôt le matin et laisser son épouse (une certaine miss Johansson) pour aller tourner avec Sandra Bullock. Pourquoi ne pas rester chez soi bien au chaud lorsqu'on a une femme pareille ? Pourquoi lui préférer les plateaux d'une comédie romantique aussi peu originale que La proposition ? Mystère et boule de gomme. Acteur très intéressant, c'est par ce choix étrange que Reynolds nous intrigue ici.
Réalisé par Anne Fletcher, déjà responsable du tout mou 27 robes, le film est à la fois plutôt sympathique et terriblement balisé. D'un argument à la Green card (une canadienne antipathique somme son employé de l'épouser afin de ne pas être expulsée), la réalisatrice tire le minimum syndical, faisant passer des personnages dépourvus de charisme à la moulinette de situations éculées. Pas très futés, les faux fiancés ont également fait croire à la famille du monsieur qu'ils s'aimaient pour la vie ; ce qui les contraint entre autres à raconter une demande en mariage qui n'a jamais eu lieu, à s'embrasser en public, à faire chambre commune... On aimerait pouvoir dire qu'on n'a jamais vu ça, ou que les situations sont traitées avec un minimum d'originalité, mais ça serait mentir de façon éhontée. Anne Fletcher n'est clairement pas Richard Curtis, et ça se voit.
Même lorsque le scénario tente un gag un peu plus osé que la moyenne, mettant les personnages aux prises avec une nudité dérangeante, c'est la mise en place de la situation qui pèche, une écriture sans rythme étant combinée à une mise en scène peu inspirée. Il faut vraiment tout l'abattage d'un Ryan Reynolds touchant de gaucherie et une bonne ambiance générale pour sauver le film. On croit assez peu à Sandra Bullock en patronne tyrannique, mais le potentiel limité de l'actrice n'est pas un scoop. Mieux vaut de toute façon la voir dans ce genre de divertissement inoffensif que tenter d'accrocher un rôle à Oscar. La proposition lui aura au moins permis de se rappeler au bon souvenir du public américain, qui lui a réservé un accueil tonitruant, puisqu'il s'agit - et de loin - de son plus gros carton au box-office.




La proposition (The proposal) d'Anne Fletcher. 1h48. Sortie : 23/09/2009.
Autre critique sur Une dernière séance ?.

27 août 2007

PRÉMONITIONS

Parce qu'il n'y a aucune raison pour que des filles comme Reese Witherspoon ou Renée Zellweger aient un Oscar sur leur cheminée et pas elle, Sandra Bullock a décidé de prendre les choses en main. Finis les rôles de girl next door ; désormais, Sandra veut du lourd, du triste, de quoi faire pleurer un maximum de votants. Alors, dans les scènes les plus tristes de Prémonitions, elle donne tout ce qu'elle a, plissant les yeux avec application pour que chaque millilitre de larme coule bien sur ses joues. Dans ces moments-là, ses yeux brillent tellement qu'on jurerait y voir le reflet d'une statuette dorée. Bref, pas besoin de prémonitions pour deviner que miss Detective n'atteindra pas son but cette année.
Prémonitions est en fait à l'image de son actrice principale : des tas d'intentions visibles, et rien au bout. Sur un postulat déjà vu mille fois (modifier le cours du temps pour sauver les siens, mais à quel prix), Mennan Yapo livre un film mou et prévisible, à la morale complètement tarte (l'amour, c'est plus fort que tout), et au scénario mal construit et pas rythmé. L'héroïne met une bonne cinquantaine de minutes à comprendre qu'elle fait des rêves prémonitoires, alors que toute la salle a compris le principe en à peine un quart d'heure (le titre à lui seul suffit).
La deuxième partie de Prémonitions racontera donc son plan pour éviter le drame qui hante ses nuits, la mort de son cher mari. Celui-ci est interprété par un Julian McMahon fantomatique, à qui se présentent deux alternatives : ne plus jouer que dans Nip/Tuck jusqu'à la fin de sa vie, ou changer d'agent et trouver enfin des rôles à la hauteur de son talent. Mennan Yapo a beau être un filmeur correct, sa direction d'acteurs au ras des pâquerettes et la naïveté de son ton achèvent de faire de Prémonitions une énième version complètement dispensable des premiers films de Shyamalan.
3/10
(également publié sur Écran Large)

3 avr. 2007

SCANDALEUSEMENT CÉLÈBRE

C'est une évidence, mais cela nécessite tout de même d'être précisé : Scandaleusement célèbre souffre énormément de sa parenté évidente avec Truman Capote, très grand film sorti il y a à peine treize mois. Les films de Bennett Miller et Douglas McGrath racontent toutes les deux les circonstances assez troubles dans lesquelles Truman Capote a écrit son chef d'oeuvre, De sang-froid.
Impossible de voir Scandaleusement célèbre sans le comparer, scène après scène, à Truman Capote, d'autant que les deux films couvrent exactement la même période. On aimerait pouvoir subir un lavage de cerveau pour pouvoir vivre le film de McGrath comme une expérience nouvelle et non comme une photocopie. Malheureusement...
Au jeu des comparaisons, Scandaleusement célèbre ne sort pas grandi. Son réalisateur-scénariste opte pour une approche plus mondaine, plus compatissante, comme s'il approuvait totalement l'attitude pour le moins ambiguë de Capote le manipulateur. Cette compassion désarmante colle mal avec le titre original du film, Infamous, qui traduit bien la dualité malsaine qui caractérise l'écrivain. Faire ami-ami avec des criminels pour mieux réussir son approche romanesque, voilà un procédé que l'on ne peut décemment approuver. En fin de film, McGrath transforme brutalement Capote en un être ultra-sensible, qui pleurniche à l'idée de la mort des deux criminels alors qu'il n'attendait que ça quelques jours plus tôt. Après tout, pourquoi pas : c'était, en substance, le propos du film de Miller. Sauf que ce dernier avait réussi à dépeindre cette ambiguité permanente avec une rare finesse et une froideur distanciée seyant mieux que le traitement un peu racoleur de McGrath.
En fait, le metteur en scène semble avoir appréhendé cette histoire comme un simple fait divers digne de faire la couverture de VSD ou Paris Match. Scandaleusement célèbre commence comme un Woody Allen. Sur fond de musique jazzy, le héros enchaine les bons mots et fait marrer l'assemblée. C'est tout juste si l'on ne s'attend pas à ce que Truman Capote se mette à parler de psychanalyse et de judaïsme. Face caméra, on nous livre ensuite quelques témoignages (contradictoires) de proches, ceux-ci étant davantage traités comme des vignettes potentiellement comiques que comme les éléments d'une enquête rigoureuse. Le genre de parti pris qui convient mieux à un Accords et désaccords rigolard qu'à un Scandaleusement célèbre traitant d'un sujet grave.
Le côté tabloid du film est accentué par un casting bourré de stars, certaines étant parfois présentes pendant une minute avant de disparaître. À ce petit jeu, si Daniel Craig est très convaincant en meurtrier lettré, des prestations comme celle de Sandra Bullock (qui fait regretter Catherine Keener dans le rôle de Harper Lee) achèvenet de décrédibiliser le film. Tout ceci est fort regrettable, d'autant que Toby Jones fait un excellent Capote. Sans utiliser la technique Actor's Studio de Philip Seymour Hoffman, en mettant simplement à profit son physique rabougri et ingrat (et, tout de même, en modulant sa voix), il fait marquer des points importants à un film qui en a bien besoin. L'attraction du film, c'est lui, et lui seul.
Si Scandaleusement célèbre n'est donc pas franchement convaincant, reste que le bénéfice du doute profite à un film qu'on aurait sans doute ressenti différemment si l'on avait pu le voir dans un état de virginité temporaire.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz