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20 nov. 2007

DEAD SILENCE

Entre deux Saw (qui a dit "Saw de merde"?), James Wan et Leigh Whannell s'occupent comme ils peuvent. Fascinés par les pantins et les marionnettes (présents dans tous les Saw jusqu'ici), ils livrent avec Dead silence un Pinocchio version trash, dans lequel une vilaine figurine de bois bute des innocents après leur avoir fichu la frousse de leur vie. Plus linéaire et moins tordu que les précédentes livraisons du duo Whannell & Wan, Dead silence est construit comme un classique film fantastique, entrecroisant l'enquête du héros (dont la femme est la dernière victime du pantin maléfique) et ses terreurs nocturnes. On en regretterait presque le style excessif des Saw, tant le classicisme de Dead silence écrase tout sur son passage.
Qu'on ne s'attende pas à un nouveau film à tiroirs avec rebondissements improbables et grand-guignol à tous les étages : voulant montrer qu'ils savaient faire autre chose, W&W se contentent de raconter l'expansion d'un fléau et le développement d'une malédiction familiale. S'il y a bien un retournement final, celui-ci est léger et plus amusant qu'autre chose. La relative sobriété du scénario prouve que l'unique objectif de Dead silence est de foutre les jetons. Peine perdue : il faut beaucoup de talent pour arriver à effrayer le spectateur en faisant rouler dans leurs orbites les gros yeux tout ronds de pantins de bois. Refusant la surenchère dans les effets horrifiques, le film se rabougrit peu à peu, peinant à combiner minimalisme intentionnel et apothéose dans l'effroi. La mise en scène, plus TF1 que HBO, ne permettra pas à Dead silence de dépasser le stade de la série Z maigrelette, sans consistance et sans frisson. Et ce n'est pas la sortie technique du film (une poignée de salles en France) qui va arranger son destin.
3/10

27 août 2007

PRÉMONITIONS

Parce qu'il n'y a aucune raison pour que des filles comme Reese Witherspoon ou Renée Zellweger aient un Oscar sur leur cheminée et pas elle, Sandra Bullock a décidé de prendre les choses en main. Finis les rôles de girl next door ; désormais, Sandra veut du lourd, du triste, de quoi faire pleurer un maximum de votants. Alors, dans les scènes les plus tristes de Prémonitions, elle donne tout ce qu'elle a, plissant les yeux avec application pour que chaque millilitre de larme coule bien sur ses joues. Dans ces moments-là, ses yeux brillent tellement qu'on jurerait y voir le reflet d'une statuette dorée. Bref, pas besoin de prémonitions pour deviner que miss Detective n'atteindra pas son but cette année.
Prémonitions est en fait à l'image de son actrice principale : des tas d'intentions visibles, et rien au bout. Sur un postulat déjà vu mille fois (modifier le cours du temps pour sauver les siens, mais à quel prix), Mennan Yapo livre un film mou et prévisible, à la morale complètement tarte (l'amour, c'est plus fort que tout), et au scénario mal construit et pas rythmé. L'héroïne met une bonne cinquantaine de minutes à comprendre qu'elle fait des rêves prémonitoires, alors que toute la salle a compris le principe en à peine un quart d'heure (le titre à lui seul suffit).
La deuxième partie de Prémonitions racontera donc son plan pour éviter le drame qui hante ses nuits, la mort de son cher mari. Celui-ci est interprété par un Julian McMahon fantomatique, à qui se présentent deux alternatives : ne plus jouer que dans Nip/Tuck jusqu'à la fin de sa vie, ou changer d'agent et trouver enfin des rôles à la hauteur de son talent. Mennan Yapo a beau être un filmeur correct, sa direction d'acteurs au ras des pâquerettes et la naïveté de son ton achèvent de faire de Prémonitions une énième version complètement dispensable des premiers films de Shyamalan.
3/10
(également publié sur Écran Large)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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