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27 août 2007

PRÉMONITIONS

Parce qu'il n'y a aucune raison pour que des filles comme Reese Witherspoon ou Renée Zellweger aient un Oscar sur leur cheminée et pas elle, Sandra Bullock a décidé de prendre les choses en main. Finis les rôles de girl next door ; désormais, Sandra veut du lourd, du triste, de quoi faire pleurer un maximum de votants. Alors, dans les scènes les plus tristes de Prémonitions, elle donne tout ce qu'elle a, plissant les yeux avec application pour que chaque millilitre de larme coule bien sur ses joues. Dans ces moments-là, ses yeux brillent tellement qu'on jurerait y voir le reflet d'une statuette dorée. Bref, pas besoin de prémonitions pour deviner que miss Detective n'atteindra pas son but cette année.
Prémonitions est en fait à l'image de son actrice principale : des tas d'intentions visibles, et rien au bout. Sur un postulat déjà vu mille fois (modifier le cours du temps pour sauver les siens, mais à quel prix), Mennan Yapo livre un film mou et prévisible, à la morale complètement tarte (l'amour, c'est plus fort que tout), et au scénario mal construit et pas rythmé. L'héroïne met une bonne cinquantaine de minutes à comprendre qu'elle fait des rêves prémonitoires, alors que toute la salle a compris le principe en à peine un quart d'heure (le titre à lui seul suffit).
La deuxième partie de Prémonitions racontera donc son plan pour éviter le drame qui hante ses nuits, la mort de son cher mari. Celui-ci est interprété par un Julian McMahon fantomatique, à qui se présentent deux alternatives : ne plus jouer que dans Nip/Tuck jusqu'à la fin de sa vie, ou changer d'agent et trouver enfin des rôles à la hauteur de son talent. Mennan Yapo a beau être un filmeur correct, sa direction d'acteurs au ras des pâquerettes et la naïveté de son ton achèvent de faire de Prémonitions une énième version complètement dispensable des premiers films de Shyamalan.
3/10
(également publié sur Écran Large)

6 août 2007

LES 4 FANTASTIQUES ET LE SURFER D'ARGENT

Une vague rumeur laissait penser que Les 4 fantastiques et le surfer d'argent (quel franglais tout pourri) était meilleur que Les 4 fantastiques tout court. Ça n'aurait en effet pas été bien difficile de faire mieux que ce film anecdotique, plus potache qu'autre chose. Mais voilà : au jeu du "on prend les mêmes et on recommence", c'est surtout la routine qui l'emporte. Les 4 fantastiques et le surfer d'argent est exactement aussi médiocre que le précédent, à tel point que cette constance est sans doute ce qu'il y a de plus éblouissant dans le film.
Tim Story revient avec une pleine cargaison de vannes et de situations foireuses, les gags potentiellement rigolos étant souvent désamorcés par la mièvrerie des interprètes (il faut absolument que Chris Evans arrête ce genre de rôle pour se consacrer à du plus solide, comme il l'avait si bien fait dans Sunshine ; il faut également que Jessica Alba et Ioan Gruffud arrêtent le cinéma). La mise en scène absolument transparente met idéalement en valeur des effets spéciaux tout juste corrects. L'audacieuse tentative de livrer un grand méchant en images de synthèse était gonflée, mais le surfe(u)r d'argent est aussi effrayant qu'une part de pizza. Quant à Julian McMahon, qui revient dans le rôle de Von Doom (Galactus en VF), il tend à confirmer qu'il n'a sa place que dans Nip/Tuck (attendez de le voir dans Prémonitions, vous allez rire). Pour le spectateur blasé, la courte durée du film (moins d'une heure trente) est une bénédiction, mais il faut bien reconnaître que cela nuit également au développement potentiel de l'embryon d'intrigue qui obstrue son milieu : à peine les problèmes exposés, ils sont résolus, et ni la tension (un bien grand mot) ni les méchants n'ont le temps de s'épanouir.
Reste à espérer que Tim Story arrête les frais et n'envisage pas un troisième volet ; les "numéro 3" étant souvent les plus mauvais, on n'ose même pas imaginer quel pourrait être le résultat.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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