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4 févr. 2009

LES GRANDS FRÈRES

À ma gauche, Seann William Scott, parangon du cinéma con depuis les American pie et l'impérissable Eh mec ! elle est où ma caisse ?. À ma droite, Paul Rudd, spécialiste des rôles de beau gosse balançant des énormités plus vulgaires que Victoria Silvstedt. Les grands frères signe la rencontre entre leurs deux styles assez complémentaires, pour une comédie sans grande prétention mais à ne pas mettre devant toutes les oreilles.
C'est dans sa première demi-heure que le film se fait le plus savoureux, enchaînant les rebondissements à la vitesse d'un cheval au galop. Alors voilà : sillonnant les campus américains à bord d'une voiture-minotaure pour promouvoir une boisson très énergisante, les deux héros sont bientôt condamnés à des travaux d'intérêt général suite à une crise de nerfs qui tourne mal. Leur mission : jouer les tuteurs auprès de deux jeunes en difficulté. L'un devra suivre tant bien que mal un binoclard solitaire qui confond la vraie vie et le jeu de rôle médiéval qui le hante, tandis que l'autre aura fort à faire avec un voyou haut comme trois pommes mais déjà dur à cuire et obsédé par les doudounes des madames. Passée cette mise en place, Les grands frères tend à patiner un peu, ce qui s'exmplique en un seul mot : frustration. On était venu goûter l'alchimie du tandem Paul Rudd - Seann William Scott, et on se retrouve avec deux moitiés de film, qui ne se recroisent que très rarement.
Le résultat de cette scission est que le spectateur est conduit malgré lui à comparer le potentiel drolatique des deux acteurs : et c'est Rudd qui l'emporte haut la main, comme on pouvait légitimement le prévoir. Même le scénario (co-écrit par Rudd, tiens) finit par prendre parti, délaissant partiellement la partie Seann William Scott pour ne plus se consacrer qu'aux vraies-fausses batailles médiévales menées par Rudd et son jeune compère. Celles-ci manquant cruellement d'humour, le film se termine sur une note un brin maussade, contrastant rigoureusement avec le début du film, aussi revigorant qu'un shoot de taurine. Que les fans des deux bonshommes se penchent néanmoins sur ce sympathique petit divertissement ; les autres passeront leur chemin sans problème.
6/10

22 juil. 2008

MONSIEUR WOODCOCK

Quoi de pire qu'un film qui vous laisse totalement indifférent ? À peine entamé, aussitôt clos (moins d'une heure vingt, générique de fin compris), Monsieur Woodcock pue le film de commande pour sortie estivale, le produit paresseux en diable et au degré d'exigence proche de zéro. Il y avait pourtant de quoi amuser la galerie, notamment grâce à ce personnage de prof de sport tyrannique qui donne son nom au film. Billy Bob Thornton lui prête d'ailleurs ce regard noir et cette mine patibulaire qu'il maîtrise si bien, mais n'a que peu d'occasion de faire fonctionner ces atouts à plein régime. Quelques scènes de gymnase, vaguement méchantes mais surtout répétitives, sont quasiment les seuls moments où ce Woodcock nous fait sourire.
Juxtaposition de scènes déjà vues et pas drôles, Monsieur Woodcock pâtit également d'un casting pas inventif pour deux sous. Comme dans Speed racer, Susan Sarandon fait tapisserie. Comme dans 95% de ses films, Seann William Scott joue les losers (sauf que celui-là entre dans la catégorie "losers pathétiques et ternes", ceux dont on ne peut même pas se moquer). Comme dans la très lourde série My name is Earl, Ethan Suplee joue les gros pleins de soupe complètement crétins. Quant à Thornton, son choix dans un tel rôle n'a rien de révolutionnaire, puisqu'on l'a vu l'an passé incarner le même personnage de salaud aux deux visages dans L'école des dragueurs, comédie à moitié ratée, mais qui exploitait bien mieux un acteur qui en impose.
Il n'y a décidément rien, absolument rien à retenir de ce Monsieur Woodcock dont le plus intéressant, si j'ose dire, reste ce titre purement gratuit (à part l'Antoine de Caunes du siècle dernier, qui aurait osé intituler un film Mister Bitenbois ?). Ainsi qu'un tout petit gag à base de roue dans un nid de poule, qui peut éventuellement faire glousser 2 secondes. C'est vous dire le vide cosmique dans lequel patauge le film de Craig Gillespie, pourtant auteur de Lars and the real girl, inédit inabouti mais intéressant qui semblait indiquer un minimum d'ambition chez lui.
3/10
(également publié sur Écran Large)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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