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22 juil. 2008

MONSIEUR WOODCOCK

Quoi de pire qu'un film qui vous laisse totalement indifférent ? À peine entamé, aussitôt clos (moins d'une heure vingt, générique de fin compris), Monsieur Woodcock pue le film de commande pour sortie estivale, le produit paresseux en diable et au degré d'exigence proche de zéro. Il y avait pourtant de quoi amuser la galerie, notamment grâce à ce personnage de prof de sport tyrannique qui donne son nom au film. Billy Bob Thornton lui prête d'ailleurs ce regard noir et cette mine patibulaire qu'il maîtrise si bien, mais n'a que peu d'occasion de faire fonctionner ces atouts à plein régime. Quelques scènes de gymnase, vaguement méchantes mais surtout répétitives, sont quasiment les seuls moments où ce Woodcock nous fait sourire.
Juxtaposition de scènes déjà vues et pas drôles, Monsieur Woodcock pâtit également d'un casting pas inventif pour deux sous. Comme dans Speed racer, Susan Sarandon fait tapisserie. Comme dans 95% de ses films, Seann William Scott joue les losers (sauf que celui-là entre dans la catégorie "losers pathétiques et ternes", ceux dont on ne peut même pas se moquer). Comme dans la très lourde série My name is Earl, Ethan Suplee joue les gros pleins de soupe complètement crétins. Quant à Thornton, son choix dans un tel rôle n'a rien de révolutionnaire, puisqu'on l'a vu l'an passé incarner le même personnage de salaud aux deux visages dans L'école des dragueurs, comédie à moitié ratée, mais qui exploitait bien mieux un acteur qui en impose.
Il n'y a décidément rien, absolument rien à retenir de ce Monsieur Woodcock dont le plus intéressant, si j'ose dire, reste ce titre purement gratuit (à part l'Antoine de Caunes du siècle dernier, qui aurait osé intituler un film Mister Bitenbois ?). Ainsi qu'un tout petit gag à base de roue dans un nid de poule, qui peut éventuellement faire glousser 2 secondes. C'est vous dire le vide cosmique dans lequel patauge le film de Craig Gillespie, pourtant auteur de Lars and the real girl, inédit inabouti mais intéressant qui semblait indiquer un minimum d'ambition chez lui.
3/10
(également publié sur Écran Large)

30 sept. 2007

LES ROIS DU PATIN

Will Ferrell pourrait réciter l'annuaire que ce serait drôle quand même. La vérité est même pire que ça : plus ce qu'il dit est inintéressant et foireux, plus le fan lambda se régale. C'est justement pour cela que Les rois du patin ne fonctionne pas tout à fait aussi bien que les précédents films de ce formidable hurluberlu : avec sa "vraie" histoire et ses dialogues cohérents, le film nuit vraisemblablement à son héros. Bridé malgré lui par un carcan un peu trop rigide, Ferrell livre une prestation amusante (forcément) mais pas aussi grandiose que d'habitude. Il faut dire que si l'idée de lui faire enfiler un justaucorps et des patins était assez savoureuse, elle ne fonctionne pas vraiment sur la longueur. Il faut dire aussi que lui adjoindre un co-héros est une idée certes utile pour le script mais assez suicidaire (Ferrell a besoin de beaucoup d'espace pour s'épanouir). Jon Heder n'est ni drôle ni sinistre, mais sa simple présence suffit à gâcher un peu la fête.
Reste que Les rois du patin est un spectacle plutôt rigolo. Parce que Will Ferrell. Parce qu'il y a plus d'un gag savoureux. Et parce que personne ici ne se prend vraiment au sérieux. Manque simplement un peu d'absurde et beaucoup de n'importe quoi pour en faire l'un des films les plus mémorables du grand Will. Une coincidence malheureuse veut que ce soit quasiment le premier à sortir sur les écrans français. On ne pourra donc s'empêcher de conseiller aux néophytes de commencer par celui-ci avant d'enchaîner sur les savoureux Ricky Bobby ou Présentateur vedette...
6/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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