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27 mai 2009

THE OTHER MAN

Auteur de l'intéressant Chronique d'un scandale, Richard Eyre choisit avec The other man de décrire l'adultère et ses conséquences... à travers le regard du mari trompé. Lorsque celui-ci découvre son infortune, il s'envole pour Milan afin de retrouver l'homme qui lui a pris sa femme, et de tenter de comprendre. Ou d'agir. Au début, on croit brièvement à la détresse de ce héros blessé, dépossédé de celle qu'il aime. Une impression très éphémère, puisque Richard Eyre choisit rapidement de ne plus rien raconter, de rester à la surface, d'enquiller les plans comme une série de cartes postales...
Vide de contenu et de sens, The other man doit cette impression de néant à une très mauvaise idée de scénario, un gros leurre dont on ne découvrira la nature qu'à la fin, et qui contraint le réalisateur à n'aborder certains sujets qu'en diagonale, un traitement frontal risquant de rendre trop évidente cette révélation finale. En résulte un film sans incarnation, où les acteurs semblent aussi perdus que nous. Pas aidé par un rôle indéfendable, Antonio Banderas ne trouve jamais le moyen de s'en sortir ; pire, Liam Neeson est juste fantomatique, cherchant en vain sa place dans le film. Il faut sans doute remonter très loin dans sa filmographie pour le voir aussi peu à l'aise.
The other man aurait éventuellement pu être un beau drame, ou au moins offrir une belle confrontation entre deux hommes prêts à tout pour une même femme. L'affrontement se résume hélas à quelques parties d'échecs (ouah, la métaphore), entrecoupées de flashbacks difficilement justifiables sur la relation adultérine unissant les personnages de Laura Linney (pas mal, sans plus) et Banderas. Terriblement longuet, le film s'achève sur une scène de banquet passablement ridicule, qui condamne définitivement ce ratage à l'oubli.




The other man de Richard Eyre. 1h30. Sortie : 27/05/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

24 févr. 2008

TAKEN

Considérons, allez, les dix dernières années. Si l'on considère uniquement cette période, alors Taken est le vingt-troisième film écrit par Luc Besson. Soit un scénario tous les 159 jours. Joli score. Voilà la bonne nouvelle : le script de Taken monte sans aucun doute sur le podium des plus réussis. Si le film de Pierre Morel n'a rien d'un chef d'oeuvre (faudrait quand même pas déconner), il parvient non seulement à remplir ses objectifs (divertissement et efficacité), mais également à rester supportable pour les non-aficionados du film d'action.
L'argument tient sur un ticket de cinéma : Taken, c'est l'histoire d'un père prêt à casser du méchant pour récupérer sa fille kidnappée. Pas sûr que Besson et son fidèle acolyte Robert Mark Kamen reçoivent l'Oscar du scénario, mais ils méritent en revanche la Palme de l'efficacité. Incarné par un Liam Neeson massif et sérieux comme un pape, le papa poule va régler cette histoire en solitaire, ramener sa fille au bercail, et générique de fin. Il n'y aura pas de dérive façon buddy movie, pas d'humour à deux balles, pas de gonzesse super canon à sauter entre deux fusillades, pas de rebondissements incongrus. Soit les principaux facteurs d'exaspération se manifestant habituellement quand un scénar de Besson est en jeu.
C'est donc l'efficacité qui prime : en à peine une heure et demie, l'affaire sera réglée, et tout le monde en aura eu pour son argent. Il est toujours agréable de sortir d'un film d'action sans avoir de migraines ou de vertiges. Le personnage de Neeson a beau être un ancien espion, on n'oublie pas que c'est un quinqua retraité, et donc qu'il ne peut pas balancer des atémis et des sidekicks façon Jet Li. D'où des scènes d'action assez courtes et souvent crédibles. Ça change un peu. Et s'il y a tout de même un peu d'humour en fin de film, sa qualité varie (ô miracle) de supportable à délicieux. Premier éclat de rire au moment renouer avec les inévitables clichés sur Paris : bateaux-mouches, prostiputes albanaises en mode racolage actif porte de Clichy... Puis arrive la scène la plus délectable du film : un dîner à trois entre le héros et un couple d'anciens amis qui tourne au vinaigre. Volontairement ou pas, cette scène-là est absolument hilarante. En tout cas, ça fonctionne. Une fois finie la gaudriole, Neeson repart au turbin et casse la figure de tous ceux qui osent se mettre sur son passage. Il ira jusqu'à la torture. Le traitement est si excessif qu'on ne peut évidemment pas prendre ça au sérieux. L'acteur n'est pas à ajouter à la liste des successeurs de Charles Bronson, en-dessous de Jodie Foster et Kevin Bacon... Bref, Taken, c'est très amusant, et même s'il est parfaitement interchangeable avec les autres membres de l'écurie Besson, Pierre Morel s'acquitte de sa tache avec une aisance et une sagesse pour le moins reposantes.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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