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22 févr. 2009

LA PANTHÈRE ROSE 2

Parti tourner une autre suite (La nuit au musée 2), Shawn Levy a laissé à Harald Zwart (Divine mais dangereuse) le soin de réaliser cette nouvelle Panthère rose, nouvelle occasion pour Peter Sellers et Blake Edwards de se retourner dans leurs tombes respectives. Le premier volet était déjà extrêmement navrant, mais celui bat tous les records, arrivant a être encore moins drôle et plus consternant.
Heureux soit Kevin Kline, qui a laissé le rôle de Dreyfus au pauvre John Cleese : il ne fait pas partie de cette longue liste d'acteurs venus se ridiculiser ici. Steve Martin continue à faire oublier qu'il fut l'un des types les plus drôles du monde ; Jean Reno poursuit une carrière sans fausse note (allez Jean, c'est bon, t'as de quoi payer tes impôts jusqu'à ta mort, maintenant trouve-toi de vrais films) ; Aishwarya Ray est encore plus nulle et tête-à-claques qu'à Bollywood ; Andy Garcia est aussi sinistre que dans les Ocean's... Seule la très mimi Emily Mortimer parvient à de très rares endroits à attendrir le spectateur.
Car sinon, c'est le zéro pointé : difficile de déterminer ce qui est le plus agaçant, de l'accent français de Clouseau (qui fait peut-être rire ailleurs, mais pas chez nous) ou de l'extrême prévisibilité de chaque gag (l'inspecteur dit un truc très sérieusement, l'exact contraire se produit, la plupart du temps en arrière-plan). À moins que ce ne soit l'inertie totale de la caméra de Zwart, qui fait passer son prédécesseur pour Billy Wilder. Il n'y a aucune raison de s'affliger ce spectacle tristement poussif, si ce n'est pour le plaisir de voir notre Johnny national sombrer encore un peu plus dans le ridicule en une poignée de scènes. Lui qui fut si séduisant dans L'homme du train, recevant même le prix Jean Gabin, fait désormais dans le fond de tiroir, multipliant les pubs indigentes et les apparitions calamiteuses. Si le personnage de Clouseau est destiné à railler la France, c'est bel et bien Johnny qui nous fait passer pour des moins que rien...
2/10

11 déc. 2008

LE JOUR OÙ LA TERRE S'ARRÊTA

Attention, ceci n'est pas un remake. C'est un sacrilège, un gigantesque foutage de gueule, un bon gros navet, mais certainement pas un remake. Du grand film de Robert Wise (qui doit, si je ne m'abuse et sans consulter mes fiches, dater de 1951), seuls restent les noms des personnages (un type nommé Klaatu, ça ne s'oublie pas) et une ébauche du héros (en résumé, un E.T. venu sur Terre pour sauver la planète). Tout le reste a été savamment concassé, broyé, puis amalgamé pour donner un blockbuster avec son lot d'explosions, d'effets spéciaux et de suspense. La matière, elle, a disparu, tout comme le style et le message. Mais cela ne gêne visiblement personne, et surtout pas Scott Derrickson : déjà auteur d'un nauséabond Exorcisme d'Emily Rose, le tâcheron remet le couvert et saute consciencieusement dans chaque piège offert par le sujet.
Il y aura donc une intro prétendument mystérieuse mais surtout inutile, une ritournelle sentimentalo-écolo sur le thème "l'être humain est irrattrapable mais on l'aime quand même", des scientifiques bouche bée devant des aberrations scientifiques qui n'étonnent qu'eux... Vaste programme pour cette centaine de minutes d'une inénarrable bêtise, qui recrache quelques-unes des scènes du film de Wise, mais dans le désordre (ainsi, c'est in extremis que le film justifiera son titre). Yeux vitreux et visage inexpressif, Keanu Reeves n'était sans doute pas le pire choix pour entrer dans la peau de Klaatu. Le pauvre fait ce qu'il peut, mais se retrouve rapidement contraint à débiter des banalités sur le destin de notre bonne vieille planète bleue et sur l'ambivalence du genre humain. Il n'est d'ailleurs pas aidé par une Jennifer Connelly confirmant son statut d'actrice caméléon : à chaque film, elle parvient à se mettre au niveau général. Ici, donc, elle est d'une mollesse à faire peur.
Ne jouant même pas la carte du suspense pourtant offerte sur un plateau, avec la lancinante question "Klaatu vient-il nous sauver ou nous exterminer ?", Derrickson se contente d'aligner de longues scènes bien ennuyeuses et de courtes séances de pure démonstration technique. Il s'amuse bien à réduire en poussière un stade ou un gros camion, effets qui seraient assez convaincants si l'on ne s'était pas désintéressé du film depuis bien longtemps. En revanche, ces sphères translucides façon The fountain du pauvre ou cet indestructible géant rappelant les colosses du défilé France 98 ont quelque chose de passablement risible, comme si le prétendu fond du film ne suffisait pas à déclencher l'hilarité et la consternation. Le jour où la Terre s'arrêtera de produire de tels films, elle aura déjà fait un grand pas vers un monde meilleur.
1/10

23 juin 2006

L'ENTENTE CORDIALE

On dit souvent que voir des mauvais films permet de mieux apprécier les bons. Si c'est vrai, alors L'entente cordiale devrait permettre de trouver géniale 99% de la prduction filmique mondiale. Après un Antidote dont la médiocrité inspirait davantage d'indifférence que de mépris, Vincent de Brus semble s'être surpassé. Objectif apparent : faire encore et toujours plus sinistre. À ce titre, c'est extrêmement réussi. Si Luc Besson avait voulu produire une comédie d'action réalisée par Jean-Marie Poiré, ça n'aurait sans doute pas été aussi désespérant que cette Entente cordiale.
Niveau acteurs, c'est le drame. Christian Clavier fait du Christian Clavier, et ce n'est évidemment pas un compliment. Mais ce qui fait mal au coeur, c'est de voir Daniel Auteuil, naguère brillantissime acteur, se fourvoyer une nouvelle fois dans ce genre de machin, et ne même pas relever le niveau général. Il y a aussi Jennifer Saunders (oui, celle d'Ab Fab) et même, ô, sacrilège, John Cleese, qui avait sans doute des impôts à payer. On a poussé l'insulte jusqu'à les doubler en français. Tant pis pour eux.
Côté "mise en scène", de Brus se prend pour John Woo et balance sa caméra dans tous les sens, avant de hacher menu les minuscules dés d'image qui ont survécu. Parkinsionien, apocalyptique, le montage est sans nul doute le plus mauvais de l'année.
Tout ceci ne serait que broutille s'il y avait dans L'entente cordiale un peu de scénario, avec un semblant de suspense et quelques envolées humoristiques. Mais non. Vincent de Brus préfère filmer des agents secrets qui pratiquent le kung-fu aussi bien que ma grand-mère. On ne peut même pas parler du duo Auteuil/Clavier tant chacun semble faire cavalier seul, comme pour justifier un cachet exhorbitant et immérité. L'entente cordiale semble destiné à faire un gros bide, et pour une fois, c'est vraiment une excellente nouvelle.
0/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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