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4 avr. 2007

LE PRIX À PAYER

Pas de cul, pas de fric. C'est le leitmotiv de Jean-Pierre, boursicoteur richissime, et Richard, son dévoué chauffeur, face à des femmes qui les délaissent sexuellement. En les privant de shopping, de taxi, de restaurant, les deux hommes croient pouvoir arriver à leurs fins. Sauf que le refrain est bien connu : l'amour, ça ne s'achète pas.
Pour son deuxième film, Alexandra Leclère part d'un postulat assez séduisant au potentiel explosif. Si son premier long, Les soeurs fâchées, était plutôt raté, il a au moins permis de montrer le don de Leclère à créer un épais malaise, à faire rire avec celui-ci sans jamais lâcher prise. Le prix à payer confirme ces promesses : de la salle à manger à la chambre à coucher, chaque pièce est le théâtre d'une mascarade sordide et évidemment immorale. Rire jaune assuré. Le problème, c'est que tout ceci ne dure qu'un temps : après une heure de film, sans doute par peur de tomber dans l'excès qui avait gâche Les soeurs fâchées, Alexandra Leclère semble se dégonfler comme une baudruche et tombe dans un sentimentalisme malvenu qui fait complètement oublier le cynisme de la première partie. On voulait quelque chose de drôlement malsain, on se retrouve avec un film petite bite. Dommage.
La bonne surprise du Prix à payer, c'est le casting. S'il n'y avait pas trop de souci à se faire concernant Géraldine Pailhas, Gérard Lanvin et Nathalie Baye (épatante, rompant un peu avec son image de classe absolue), saluons ce cher Christian Clavier, tellement insupportable pendant vingt ans et si admirable ici. Il fallait sans doute une femme pour arriver à canaliser le Jacquouille qui sommeille en lui. Ni grimaces, ni crises d'hystérie : c'est un acteur tout neuf qui reparaît, le même que celui qui cartonnait dans Mes meilleurs copains. Espérons que Clavier ne mette pas à nouveau dix-huit ans avant de livrer une prestation de qualité.
6/10

23 juin 2006

L'ENTENTE CORDIALE

On dit souvent que voir des mauvais films permet de mieux apprécier les bons. Si c'est vrai, alors L'entente cordiale devrait permettre de trouver géniale 99% de la prduction filmique mondiale. Après un Antidote dont la médiocrité inspirait davantage d'indifférence que de mépris, Vincent de Brus semble s'être surpassé. Objectif apparent : faire encore et toujours plus sinistre. À ce titre, c'est extrêmement réussi. Si Luc Besson avait voulu produire une comédie d'action réalisée par Jean-Marie Poiré, ça n'aurait sans doute pas été aussi désespérant que cette Entente cordiale.
Niveau acteurs, c'est le drame. Christian Clavier fait du Christian Clavier, et ce n'est évidemment pas un compliment. Mais ce qui fait mal au coeur, c'est de voir Daniel Auteuil, naguère brillantissime acteur, se fourvoyer une nouvelle fois dans ce genre de machin, et ne même pas relever le niveau général. Il y a aussi Jennifer Saunders (oui, celle d'Ab Fab) et même, ô, sacrilège, John Cleese, qui avait sans doute des impôts à payer. On a poussé l'insulte jusqu'à les doubler en français. Tant pis pour eux.
Côté "mise en scène", de Brus se prend pour John Woo et balance sa caméra dans tous les sens, avant de hacher menu les minuscules dés d'image qui ont survécu. Parkinsionien, apocalyptique, le montage est sans nul doute le plus mauvais de l'année.
Tout ceci ne serait que broutille s'il y avait dans L'entente cordiale un peu de scénario, avec un semblant de suspense et quelques envolées humoristiques. Mais non. Vincent de Brus préfère filmer des agents secrets qui pratiquent le kung-fu aussi bien que ma grand-mère. On ne peut même pas parler du duo Auteuil/Clavier tant chacun semble faire cavalier seul, comme pour justifier un cachet exhorbitant et immérité. L'entente cordiale semble destiné à faire un gros bide, et pour une fois, c'est vraiment une excellente nouvelle.
0/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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