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18 nov. 2008

FRANGINS MALGRÉ EUX

On a dit de Semi-pro que c'était une déception en regard du potentiel et des antécédents de Will Ferrell. Un an plus tôt, on a dit des Rois du patin que c'était une déception en regard du potentiel et des antécédents de Will Ferrell. Et ça va commencer à devenir bien lourd si on dit de Frangins malgré eux que c'était une déception en regard du potentiel et des antécédents de Will Ferrell. Car s'il est tout de même plus amusant que les deux précédents, le film d'Adam McKay peine de nouveau à renouer avec les sommets des légendaires Présentateur vedette - la légende de Rob Burgundy (Anchorman pour les intimes) et Ricky Bobby roi du circuit.
Toutes les conditions étaient pourtant réunies pour faire de ce Step brothers une nouvelle grosse pépite de l'humour con et décalé. Et d'abord le retour d'un trio magique, composé de Will Ferrell, John C. Reilly et Adam McKay. Soit l'idéal pour une bonne grosse séance de régression. Mais voilà : assez inexplicablement, la mayonnaise ne prend pas. Ferrell a beau taper ses balloches sur une batterie et multiplier les concours de vulgarité, on reste prostré en attendant mieux. Tout n'est évidemment pas sinistre dans ce film : d'abord parce que les tronches des deux héros sont de vraies attractions à elles toutes seules, et ensuite parce qu'il y a tout de même quelques scènes assez craquantes (même si jamais vraiment hilarantes). Il faut voir ces deux ahuris en pleine crise de somnambulisme ou tabassant de l'ado à tout va (restez pendant le générique de fin)...
Outre un gros manque de rythme (la première demi-heure est d'un ennui total) et une mollesse assez surprenante, le gros talon d'Achille de ce Step brothers est sans doute son incapacité à apporter un regard neuf sur l'univers des ados attardés. Car si c'est là le sujet central du film, McKay et Ferrell avaient déjà montré leur fascination de la régression dans leurs autres films, et avec bien plus de verve et d'imagination. Reste qu'une fois de plus, les amoureux de l'humour ferrellien y trouveront un produit de substitution relativement convenable, en attendant des lendemains plus percutants. Espérons que ce ne soit pas une arlésienne...
6/10

8 déc. 2006

THE LAST SHOW

On pourrait jouer au journaliste et gloser sur cette drôle de coincidence qui veut que le dernier film du regretté Robert Altman ait pour titre The last show et se termine par une image de la Mort qui vient emmener un personnage. Film-testament? Non. Car The last show n'est que le titre "français" du mieux nommé A prairie home companion ; et car Altman n'a pas signé le scénario. Pourtant, en regardant The last show, on ne peut s'empêcher de se dire qu'il s'agit là de l'adieu d'un grand cinéaste, un raconteur d'histoires ironique et brillant ayant toujours su rebondir entre deux mauvais films (à ce titre, mieux vaut oublier The gingerbread man ou Company). Car The last show est le récit d'une fin, d'une sorte de mort intérieure, celle d'une troupe de ménestrels radiophoniques qui jouent ce soir leur dernier spectacle avant que les promoteurs immobiliers ne viennent tout rafler.
Ici, le regard d'Altman se fait plus tendre que cynique : cet adieu à un public ne sera ni l'occasion de règlements de compte internes ni l'origine d'une lutte quelconque pour que l'émission ne meure pas. Simplement, avec pudeur et émotion, il retrace une dernière soirée où l'on tente de masquer la tristesse derrière la chaleur des voix. Les personnages sont très attachants (notamment le duo de cowboiys fringants et salaces, Woody Harrelson et John C. Reilly), la musique country est bonne, la nostalgie douillette. The last show est une délicieuse émission de radio, bien filmée qui plus est (Altman n'a pas son pareil pour faire vivre un plan à l'aide de mouvements de caméra quasi imperceptibles). Mais pas plus. On a connu monsieur A. plus inspiré dans sa façon de mêler les trajectoires de ses personnages ; ici, elles semblent un peu trop rectilignes et désespérément parallèles. On attend des rencontres qui n'auront pas lieu, des duels verbaux, un peu plus de matière. Mais non : The last show est simplement un formidable moment de nostalgie qui fiche d'autant plus les boules que son metteur en scène est parti. Espérons que son départ ait été doux, la main dans celle de Virginia Madsen.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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